Paris
La sortie en avril dernier dun nouvel album de The Mabuses, intitulé Mabused!, et un concert prévu le 21 mai au Café de la Danse fut loccasion de rencontrer le 12 mai à Paris son leader Kim Fahy. Figure incontournable, attachante mais énigmatique de la scène rock indépendante, il sest prêté avec un flegme tout britannique à cette interview réalisée par Gaylord.
Gaylord : Il sest écoulé pas moins de quatorze ans entre la sortie du second album, Melbourne Method, en 1994, et celle du troisième, le nouvel album, Mabused!. Pourquoi ?
Jai beaucoup voyagé, beaucoup contribué à divers projets. Pour la sortie de Melbourne Method, leffort avait été tel que jai décidé de faire autre chose. Jai tout de même continué à enregistrer au cours des années, notamment avec John Valentine Caruthers. Il ny avait pas durgence particulière pour sortir un album des Mabuses. Cétait toujours quand même dans mon esprit. Mais le déclic a été une conversation téléphonique que jai eue avec mon producteur et ami Nick Griffiths, qui avait déjà travaillé avec John et avec The Glove, projet de Robert Smith et Steven Severin. Il ma dit « sors un album et amuse-toi bien ». De plus, une bonne partie de la réponse à cette question se trouve dans lalbum lui-même.
Jai beaucoup voyagé, beaucoup contribué à divers projets. Pour la sortie de Melbourne Method, leffort avait été tel que jai décidé de faire autre chose. Jai tout de même continué à enregistrer au cours des années, notamment avec John Valentine Caruthers. Il ny avait pas durgence particulière pour sortir un album des Mabuses. Cétait toujours quand même dans mon esprit. Mais le déclic a été une conversation téléphonique que jai eue avec mon producteur et ami Nick Griffiths, qui avait déjà travaillé avec John et avec The Glove, projet de Robert Smith et Steven Severin. Il ma dit « sors un album et amuse-toi bien ». De plus, une bonne partie de la réponse à cette question se trouve dans lalbum lui-même.
As-tu composé les nouveaux titres de Mabused! tout au long de cette période, ou dune manière plus concentrée dans le temps ?
Il y a à peu près la moitié des titres qui sont anciens, et lautre moitié qui a été élaborée à partir du moment où on sest décidés à sortir un disque.
Il y a à peu près la moitié des titres qui sont anciens, et lautre moitié qui a été élaborée à partir du moment où on sest décidés à sortir un disque.
Mabused! semble très influencé par les sixties, mais avec de multiples paysages musicaux.
Cest linfluence des Beatles, je pense. Il se trouve que la musique des années 60 a une qualité intemporelle. On appelle ça le « blueprint ». Cest le schéma de base. Et ça, cest quelque chose qui me touchera toujours, cette espèce dimmédiateté et en même temps dambition. Je ne retrouve pas léclectisme des années 60 ailleurs, sauf dans le mouvement post-punk. Mais cest sûr que dans les groupes comme les Kinks et les Rolling Stones il y a une sorte de formalisme, un côté classique, qui minterpelle. Non pas que je nécoute que ce genre de musique, bien au contraire. Jai aussi été marqué par le blues des années 20, des années 30. Par le jazz et la musique classique aussi. Les musiques de films, dans les années 60, étaient à leur apogée, avec John Barry, Ennio Morricone ou Bernard Herman. Les années 60, cest quelque chose qui regroupe un peu tout. Une énorme marmite.
Cest linfluence des Beatles, je pense. Il se trouve que la musique des années 60 a une qualité intemporelle. On appelle ça le « blueprint ». Cest le schéma de base. Et ça, cest quelque chose qui me touchera toujours, cette espèce dimmédiateté et en même temps dambition. Je ne retrouve pas léclectisme des années 60 ailleurs, sauf dans le mouvement post-punk. Mais cest sûr que dans les groupes comme les Kinks et les Rolling Stones il y a une sorte de formalisme, un côté classique, qui minterpelle. Non pas que je nécoute que ce genre de musique, bien au contraire. Jai aussi été marqué par le blues des années 20, des années 30. Par le jazz et la musique classique aussi. Les musiques de films, dans les années 60, étaient à leur apogée, avec John Barry, Ennio Morricone ou Bernard Herman. Les années 60, cest quelque chose qui regroupe un peu tout. Une énorme marmite.
Comment expliquer de telles différences entre le premier album, sorti en 1991, qui reposait sur des mélodies très fortes, et le troisième, qui repose davantage sur des ambiances ?
Je ne peux pas en faire lexplication. Il y a plusieurs titres, sur le premier album, qui sont assez orchestrés. Sur "We Rested Our Feet" il y avait déjà beaucoup de violon. Un titre comme « Mad Went The Barber » était aussi très travaillé. Je ne vois pas vraiment la différence entre le premier et le troisième. Il est tout aussi éclectique, finalement.
Je ne peux pas en faire lexplication. Il y a plusieurs titres, sur le premier album, qui sont assez orchestrés. Sur "We Rested Our Feet" il y avait déjà beaucoup de violon. Un titre comme « Mad Went The Barber » était aussi très travaillé. Je ne vois pas vraiment la différence entre le premier et le troisième. Il est tout aussi éclectique, finalement.
Une différence majeure entre le premier album et le dernier est que sur le premier, la tension était constante et presque palpable, tandis que le dernier est beaucoup plus détendu.
Cest vrai quil y avait peut-être une urgence sur le premier quil ny a pas sur le troisième. Lexpérience ; jai vieilli depuis. Et peut-être une plus grande maîtrise sur le troisième que sur le premier. Je ne sais pas. Mais je suis daccord avec le fait que lambiance de ces deux disques diffère. Cest vrai quil y avait des titres assez bruts sur le premier. La différence cest que tous les titres sont travaillés, sur le troisième.
Cest vrai quil y avait peut-être une urgence sur le premier quil ny a pas sur le troisième. Lexpérience ; jai vieilli depuis. Et peut-être une plus grande maîtrise sur le troisième que sur le premier. Je ne sais pas. Mais je suis daccord avec le fait que lambiance de ces deux disques diffère. Cest vrai quil y avait des titres assez bruts sur le premier. La différence cest que tous les titres sont travaillés, sur le troisième.
On devine que ton expérience sest enrichie de nombreuses rencontres. Peux-tu nous parler des divers collaborateurs présents sur le nouvel album ?
Le groupe a toujours été à géométrie variable, de toute façon. Jespère faire encore beaucoup plus de rencontres. Des gens dhorizons plus exotiques. Un Japonais, un Pakistanais, ça ne me déplairait pas. Cest malléable. On va parler de John, dabord. Mon ami Chris Wilson, le bassiste, est parti aux Etats-Unis. Je lai rejoint. De fil en aiguille, il a travaillé avec Richard Butler des Psychedelic Furs. Il y avait une espèce de colonie britannique à New York, dont John faisait partie, mais je ne lavais jamais rencontré auparavant. Javais besoin dune guitare. Chris le connaissait. Il ma prêté une guitare, une Yamaha je crois. Une guitare insoutenable, très lourde, à la forme bizarre. Je lui ai rendu cette guitare en disant quelle était insoutenable. Et cette attitude un peu arrogante et ingrate la beaucoup amusé. Nous avons partagé quelques bières. Nous sommes devenus « amoureux » lun de lautre. Je veux dire, très amis. Une grande complicité. Nous allons enregistrer le prochain Mabuses en juin à New York. Cest un être que jadore.
Quel rôle exact a-t-il joué sur le dernier album de The Mabuses ?
Il a co-écrit certains titres. Il les a enregistrés. Il a joué de la guitare. Il les a arrangés, mixés. Son rôle a été capital. Cest un effort de groupe.
Le groupe a toujours été à géométrie variable, de toute façon. Jespère faire encore beaucoup plus de rencontres. Des gens dhorizons plus exotiques. Un Japonais, un Pakistanais, ça ne me déplairait pas. Cest malléable. On va parler de John, dabord. Mon ami Chris Wilson, le bassiste, est parti aux Etats-Unis. Je lai rejoint. De fil en aiguille, il a travaillé avec Richard Butler des Psychedelic Furs. Il y avait une espèce de colonie britannique à New York, dont John faisait partie, mais je ne lavais jamais rencontré auparavant. Javais besoin dune guitare. Chris le connaissait. Il ma prêté une guitare, une Yamaha je crois. Une guitare insoutenable, très lourde, à la forme bizarre. Je lui ai rendu cette guitare en disant quelle était insoutenable. Et cette attitude un peu arrogante et ingrate la beaucoup amusé. Nous avons partagé quelques bières. Nous sommes devenus « amoureux » lun de lautre. Je veux dire, très amis. Une grande complicité. Nous allons enregistrer le prochain Mabuses en juin à New York. Cest un être que jadore.
Quel rôle exact a-t-il joué sur le dernier album de The Mabuses ?
Il a co-écrit certains titres. Il les a enregistrés. Il a joué de la guitare. Il les a arrangés, mixés. Son rôle a été capital. Cest un effort de groupe.
Le premier album ressemblait parfois à Siouxsie And The Banshees. Quelle influence a joué ce groupe, et particulièrement John Valentine Caruthers, dans ta carrière voire dans ta vie personnelle ?
Siouxsie And The Banshees, ça faisait partie de tous ces groupes, comme Echo And The Bunnymen, Joy Division, The Stranglers, il y avait une espèce de mouvance post-punk. Jadorais lalbum Kaleidoscope, avec John McGeoch. Et aussi A Kiss In The Dream House. Ces deux albums ont été très influents. La rencontre avec John Valentine Caruthers a été complètement déterminante à un niveau personnel. Cen est devenu un grand frère. Ca fait maintenant quinze ans quon uvre ensemble. Je ne peux rien dire dautre à son sujet que cest un être excellent. Et qui joue également très bien. The Mabuses, avant tout, cest une histoire de guitares. Il y a eu beaucoup de guitaristes avec lesquels nous avons collaboré. Les deux guitaristes de The House Of Love, Terry Bickers, qui est un très bon ami, et Simon Walker, ont uvré dans The Mabuses. On lavait vu quand nous avions dix-huit ans, alors que nous étions à luniversité, avec Chris Wilson, le bassiste. On était aussi allés voir Siouxsie And The Banshees à lHammersmith Odeon, en 1987. Il se trouve que John était sur scène.
Siouxsie And The Banshees, ça faisait partie de tous ces groupes, comme Echo And The Bunnymen, Joy Division, The Stranglers, il y avait une espèce de mouvance post-punk. Jadorais lalbum Kaleidoscope, avec John McGeoch. Et aussi A Kiss In The Dream House. Ces deux albums ont été très influents. La rencontre avec John Valentine Caruthers a été complètement déterminante à un niveau personnel. Cen est devenu un grand frère. Ca fait maintenant quinze ans quon uvre ensemble. Je ne peux rien dire dautre à son sujet que cest un être excellent. Et qui joue également très bien. The Mabuses, avant tout, cest une histoire de guitares. Il y a eu beaucoup de guitaristes avec lesquels nous avons collaboré. Les deux guitaristes de The House Of Love, Terry Bickers, qui est un très bon ami, et Simon Walker, ont uvré dans The Mabuses. On lavait vu quand nous avions dix-huit ans, alors que nous étions à luniversité, avec Chris Wilson, le bassiste. On était aussi allés voir Siouxsie And The Banshees à lHammersmith Odeon, en 1987. Il se trouve que John était sur scène.
Le premier album de The Mabuses ressemble parfois un peu à Juju de Siouxsie And The Banshees, plus quà lalbum davant et à celui daprès, Kaleidoscope et A Kiss In A Dream House, que tu viens de citer.
Disons que musicalement, Siouxsie And The Banshees na pas eu beaucoup dinfluence sur ce que les Mabuses faisaient. Mais ça faisait partie de tous ces groupes que lon écoutait à lépoque et même avant. Cependant il ny a pas une connexion directe entre Siouxsie And The Banshees et le premier album, ça ne ma jamais traversé lesprit. Pas de manière consciente. Dailleurs cette comparaison métonne un peu.
Disons que musicalement, Siouxsie And The Banshees na pas eu beaucoup dinfluence sur ce que les Mabuses faisaient. Mais ça faisait partie de tous ces groupes que lon écoutait à lépoque et même avant. Cependant il ny a pas une connexion directe entre Siouxsie And The Banshees et le premier album, ça ne ma jamais traversé lesprit. Pas de manière consciente. Dailleurs cette comparaison métonne un peu.
Que penses-tu du travail de John au sein de Siouxsie And The Banshees ?
Je pense quil y avait matière à faire et que cétait très difficile. Robert Smith avait remplacé John McGeoch, qui est le point de départ.
Jai toujours pensé quil était le seul digne successeur de John McGeoch.
Tout à fait. Cependant Robert Smith était un très bon guitariste. Mais je pense que son aura de figure de proue de Cure a fait quon a un peu négligé son travail de musicien au sein de Siouxsie And The Banshees. Jadorais The Cure. Pendant cette période entre le premier album et Pornography, il y a eu une évolution de limage du groupe, notamment sur les pochettes des albums, elle est devenue floue. Ca a dû avoir une influence sur moi, sur le fait de se mettre un peu en arrière.
Je pense quil y avait matière à faire et que cétait très difficile. Robert Smith avait remplacé John McGeoch, qui est le point de départ.
Jai toujours pensé quil était le seul digne successeur de John McGeoch.
Tout à fait. Cependant Robert Smith était un très bon guitariste. Mais je pense que son aura de figure de proue de Cure a fait quon a un peu négligé son travail de musicien au sein de Siouxsie And The Banshees. Jadorais The Cure. Pendant cette période entre le premier album et Pornography, il y a eu une évolution de limage du groupe, notamment sur les pochettes des albums, elle est devenue floue. Ca a dû avoir une influence sur moi, sur le fait de se mettre un peu en arrière.
Est-ce que sur le premier album de The Mabuses, la photo de petit garçon sur la pochette te représente ?
Oui. Ce nest pas Robert Smith. (Il rit.)
Oui. Ce nest pas Robert Smith. (Il rit.)
Pourquoi ce choix, plutôt quune photo actuelle de toi, par exemple ?
Cest une question dimpact. On avait envie davoir un enfant sur la pochette. Jaimais bien lexpression de ce visage. Cétait une manière de dire que je navais pas vraiment changé depuis.
Cest une question dimpact. On avait envie davoir un enfant sur la pochette. Jaimais bien lexpression de ce visage. Cétait une manière de dire que je navais pas vraiment changé depuis.
Quand ont été fondés The Mabuses ?
En 90 ou 91. Nous étions dans un groupe qui sappelait les Assassins, qui était sur Rough Trade. Mes deux acolytes sont partis pour aller travailler aux Etats-Unis. Je me suis retrouvé un peu seul. Geoff Travis, patron de Rough Trade, ma dit de continuer, de persévérer, et denregistrer un album.
En 90 ou 91. Nous étions dans un groupe qui sappelait les Assassins, qui était sur Rough Trade. Mes deux acolytes sont partis pour aller travailler aux Etats-Unis. Je me suis retrouvé un peu seul. Geoff Travis, patron de Rough Trade, ma dit de continuer, de persévérer, et denregistrer un album.
Que penses-tu du second album de The Mabuses, Melbourne Method ?
Cest un album avec quelques très bonnes guitares. Difficile à enregistrer. Javais eu des instructions assez précises de Geoff Travis, après le succès relatif du premier album, qui avait été fait très vite et peu cher. Il sest avéré que pour le deuxième ça a été exactement le contraire. Un budget pharaonique.
Cest un album avec quelques très bonnes guitares. Difficile à enregistrer. Javais eu des instructions assez précises de Geoff Travis, après le succès relatif du premier album, qui avait été fait très vite et peu cher. Il sest avéré que pour le deuxième ça a été exactement le contraire. Un budget pharaonique.
Cest paradoxal, car autant le premier album a bénéficié dun succès critique, autant le second est passé inaperçu.
Tout à fait. Cest lépoque où jai disparu. Je nai pas assuré de couverture médiatique. Cest là où je suis parti aux Etats-Unis. On mavait proposé de faire la première partie de The Cranberries, que je naimais pas particulièrement mais qui bénéficiait à lépoque dun succès incontesté. Ca aurait été une bonne chose, mais jai dit non à cette tournée. Je ne me sentais pas prêt. Pour Melbourne Method, il y avait aussi des problèmes de droits avec les samples de films, déjà présents sur le premier album, mais là cétait poussé à lexcès. A tel point que chaque chanson était comme reliée à un commentaire audio venant dun film. Cétait un casse-tête juridique, un cauchemar, ce qui a un peu expliqué ma chute.
Tout à fait. Cest lépoque où jai disparu. Je nai pas assuré de couverture médiatique. Cest là où je suis parti aux Etats-Unis. On mavait proposé de faire la première partie de The Cranberries, que je naimais pas particulièrement mais qui bénéficiait à lépoque dun succès incontesté. Ca aurait été une bonne chose, mais jai dit non à cette tournée. Je ne me sentais pas prêt. Pour Melbourne Method, il y avait aussi des problèmes de droits avec les samples de films, déjà présents sur le premier album, mais là cétait poussé à lexcès. A tel point que chaque chanson était comme reliée à un commentaire audio venant dun film. Cétait un casse-tête juridique, un cauchemar, ce qui a un peu expliqué ma chute.
Qui sont les autres membres du groupe sur le dernier album, à part John ?
Chris Wilson est le bassiste, je le connais de tout temps. On a commencé ensemble dans un groupe qui sappelait les Assassins. Nous avons continué avec les Mabuses. Ensuite jai travaillé avec Miranda Sex Garden. Jai fait une tournée américaine avec eux, et une tournée européenne avec Depeche Mode. Donna McKevitt, de Miranda Sex Garden, joue du violon sur le dernier album. Il y a également le batteur, Trevor Sharpe, qui uvrait aussi dans un groupe qui sappelle The Servants. Jamie Harley, qui soccupe du son, a toujours été un Mabuse de la première heure lui aussi, il a évolué avec des gens comme Cat Power et Elton John. Une autre rencontre a été celle avec Lucien Nataf. Je lai aidé à faire son album solo. On a toujours eu en tête de faire quelque chose ensemble, de toute façon. De fil en aiguille il en est venu à Mabused!.
Chris Wilson est le bassiste, je le connais de tout temps. On a commencé ensemble dans un groupe qui sappelait les Assassins. Nous avons continué avec les Mabuses. Ensuite jai travaillé avec Miranda Sex Garden. Jai fait une tournée américaine avec eux, et une tournée européenne avec Depeche Mode. Donna McKevitt, de Miranda Sex Garden, joue du violon sur le dernier album. Il y a également le batteur, Trevor Sharpe, qui uvrait aussi dans un groupe qui sappelle The Servants. Jamie Harley, qui soccupe du son, a toujours été un Mabuse de la première heure lui aussi, il a évolué avec des gens comme Cat Power et Elton John. Une autre rencontre a été celle avec Lucien Nataf. Je lai aidé à faire son album solo. On a toujours eu en tête de faire quelque chose ensemble, de toute façon. De fil en aiguille il en est venu à Mabused!.
Peux-tu nous parler de ta collaboration avec JP ou Lucien Nataf, des Innocents, qui semble être une sorte dalter ego ?
Je nirai pas jusque là. Un très bon ami. Connexion sixties lui aussi. Cest un fan invétéré des Beatles. Ce nest pas très rare dailleurs, ils sont tellement populaires. Il a un goût de la mélodie et des arrangements. Lambition dexprimer un goût du bizarre, également. Tout ça nous a rapproché. On sentend très bien en tant que personnes, et musicalement aussi, quoique nous ayons des méthodes de travail qui diffèrent.
Je nirai pas jusque là. Un très bon ami. Connexion sixties lui aussi. Cest un fan invétéré des Beatles. Ce nest pas très rare dailleurs, ils sont tellement populaires. Il a un goût de la mélodie et des arrangements. Lambition dexprimer un goût du bizarre, également. Tout ça nous a rapproché. On sentend très bien en tant que personnes, et musicalement aussi, quoique nous ayons des méthodes de travail qui diffèrent.
Dans quelles circonstances las-tu rencontré ?
Nous avons été présentés par un ami commun, un réalisateur qui sappelle Bertrand Bonello. Jétais de passage à Paris pour enregistrer. Il ma dit que JP tenait absolument à me rencontrer. Jai co-produit son album, Plus De Sucre, avec lui. Nous avons fait un travail de préparation dabord. Il avait quelques chansons, je lui disais ce que jen pensais. Ensuite il ma proposé de lenregistrer. Ca a pris un certain temps, à cause des méthodes de travail auxquelles je faisais allusion. Pour laider à obtenir ce quil voulait obtenir. Il a fallu beaucoup découte. Chacun a besoin davoir un complice, quelque part.
Nous avons été présentés par un ami commun, un réalisateur qui sappelle Bertrand Bonello. Jétais de passage à Paris pour enregistrer. Il ma dit que JP tenait absolument à me rencontrer. Jai co-produit son album, Plus De Sucre, avec lui. Nous avons fait un travail de préparation dabord. Il avait quelques chansons, je lui disais ce que jen pensais. Ensuite il ma proposé de lenregistrer. Ca a pris un certain temps, à cause des méthodes de travail auxquelles je faisais allusion. Pour laider à obtenir ce quil voulait obtenir. Il a fallu beaucoup découte. Chacun a besoin davoir un complice, quelque part.
Pour continuer sur le sujet, que peux-tu dire de lalbum des Wantones, auquel tu as participé ?
Ca sest fait assez rapidement, en quelques jours, je crois. Un très bon souvenir, nous nous sommes bien amusés. Mais je ne suis pas particulièrement satisfait par le résultat final. Je ne sais pas quoi dire au sujet des Wantones, ça me laisse un peu perplexe. Jaime avoir plus de contrôle.
Ca sest fait assez rapidement, en quelques jours, je crois. Un très bon souvenir, nous nous sommes bien amusés. Mais je ne suis pas particulièrement satisfait par le résultat final. Je ne sais pas quoi dire au sujet des Wantones, ça me laisse un peu perplexe. Jaime avoir plus de contrôle.
Est-ce que tu penses que tu es perfectionniste ?
Tout à fait. Pour le meilleur et pour le pire. Mais je pense que Lucien est aussi un perfectionniste. Et John, nen parlons pas. Ca explique aussi un peu la distance entre 94 et maintenant.
Tout à fait. Pour le meilleur et pour le pire. Mais je pense que Lucien est aussi un perfectionniste. Et John, nen parlons pas. Ca explique aussi un peu la distance entre 94 et maintenant.
Est-ce quon peut te considérer comme un esthète ? On dit aussi parfois que tu es un dandy.
On a tous une conception du beau. Ca nous rend tous des esthètes. Si on parle de Baudelaire, dOscar Wilde, de Verlaine, de Rimbaud et dautres, il y a toujours une forme dexhibitionnisme particulière, qui correspondrait peut-être à la définition de ce quest un dandy. Cest sûr que cette connexion avec le XIXe siècle a quelque chose à voir avec lesthétisme. Ne serait-ce que la pochette du dernier album.
On a tous une conception du beau. Ca nous rend tous des esthètes. Si on parle de Baudelaire, dOscar Wilde, de Verlaine, de Rimbaud et dautres, il y a toujours une forme dexhibitionnisme particulière, qui correspondrait peut-être à la définition de ce quest un dandy. Cest sûr que cette connexion avec le XIXe siècle a quelque chose à voir avec lesthétisme. Ne serait-ce que la pochette du dernier album.
Justement, dans ton univers, la musique semble très liée à limage.
Le cinéma a eu un impact, une très grande influence dans les Mabuses. Jadore Georges Méliès. Jean Vigo, Clouseau, Melville et bien dautres. Jaime le cinéma, et comme je fais de la musique, cest sûr que ça ressort.
Le cinéma a eu un impact, une très grande influence dans les Mabuses. Jadore Georges Méliès. Jean Vigo, Clouseau, Melville et bien dautres. Jaime le cinéma, et comme je fais de la musique, cest sûr que ça ressort.
On te sent aussi influencé par la littérature. Quest-ce qui tinspire le plus dans ces domaines ?
Dans la littérature, jaime une bonne histoire. Jaime ce que ça révèle. Quoiquon en dise, la littérature est toujours autobiographique. Cest une forme dexpression qui est très solitaire. Cest admirable de savoir écrire. Ca se retranscrit dans tout leffort que je fais pour les paroles, qui requièrent une certaine attention. Ce nest pas juste de la musique. Je nai jamais été un grand fan de poésie, mais ça commence à venir.
Dans la littérature, jaime une bonne histoire. Jaime ce que ça révèle. Quoiquon en dise, la littérature est toujours autobiographique. Cest une forme dexpression qui est très solitaire. Cest admirable de savoir écrire. Ca se retranscrit dans tout leffort que je fais pour les paroles, qui requièrent une certaine attention. Ce nest pas juste de la musique. Je nai jamais été un grand fan de poésie, mais ça commence à venir.
A propos de tes paroles, on ressent une forme de surréalisme, de non sens, dhumour absurde.
Cest peut-être le côté britannique. Une certaine distance, mais en même temps de lautodérision. Cest important, et pas seulement dans la musique, dans la vie en général. Jaime entretenir une certaine notion de labsurde. Je pense que lhumour et labsurde sont extrêmement liés.
Cest peut-être le côté britannique. Une certaine distance, mais en même temps de lautodérision. Cest important, et pas seulement dans la musique, dans la vie en général. Jaime entretenir une certaine notion de labsurde. Je pense que lhumour et labsurde sont extrêmement liés.
Est-ce que ce ne serait pas une manière de brouiller les pistes, de ne pas te dévoiler ?
Tout à fait. Cest pour ça quon sappelle les Mabuses, cest un personnage qui porte beaucoup de masques (Dr Mabuse est un film de Fritz Lang).
Tout à fait. Cest pour ça quon sappelle les Mabuses, cest un personnage qui porte beaucoup de masques (Dr Mabuse est un film de Fritz Lang).
Tu disais que dans toute écriture il y a une part dautobiographie. Ce que tu viens dévoquer serait une manière déviter ou limiter cette part dautobiographie, dans tes paroles ?
Non, au contraire, ça lentretient. Cette vision de labsurde est une partie intrinsèque de ce que je pense être. Cest même plutôt une façon de se révéler, même en brouillant les pistes. Mais je le fais très peu consciemment. Je nessaye pas de faire le malin.
Non, au contraire, ça lentretient. Cette vision de labsurde est une partie intrinsèque de ce que je pense être. Cest même plutôt une façon de se révéler, même en brouillant les pistes. Mais je le fais très peu consciemment. Je nessaye pas de faire le malin.
Est-ce que tu envisagerais de chanter en français ?
Non. Pas pour linstant. Il faudrait déjà que jaie la prétention décrire de bons textes en français, ce qui nest pas chose aisée. Je pense que ma rencontre avec Lucien ma rendu un peu moins hésitant à ce propos. Mais jai vu leffort quil a fourni pour écrire ses propres textes et pour les chanter. Gainsbourg le faisait très bien, chanter en français. Jadore Gainsbourg, surtout dans les années 60. Mais ça ne me viendrait pas à lidée, pour linstant, de chanter en français. Il y a une sorte de complexe des Français dans la musique par rapport à la langue anglaise. Mais il y a de nouvelles choses intéressantes. Comme le groupe Holden. Jai dailleurs joué avec eux. Javais fait une sorte dadaptation de « La Charogne » de Baudelaire. Jai appris le français à travers les bandes dessinées, Tintin, Astérix, Blake et Mortimer, Blueberry, Tardi.
Non. Pas pour linstant. Il faudrait déjà que jaie la prétention décrire de bons textes en français, ce qui nest pas chose aisée. Je pense que ma rencontre avec Lucien ma rendu un peu moins hésitant à ce propos. Mais jai vu leffort quil a fourni pour écrire ses propres textes et pour les chanter. Gainsbourg le faisait très bien, chanter en français. Jadore Gainsbourg, surtout dans les années 60. Mais ça ne me viendrait pas à lidée, pour linstant, de chanter en français. Il y a une sorte de complexe des Français dans la musique par rapport à la langue anglaise. Mais il y a de nouvelles choses intéressantes. Comme le groupe Holden. Jai dailleurs joué avec eux. Javais fait une sorte dadaptation de « La Charogne » de Baudelaire. Jai appris le français à travers les bandes dessinées, Tintin, Astérix, Blake et Mortimer, Blueberry, Tardi.
En dehors des paroles de chansons, as-tu écrit ou voudrais-tu écrire des textes ?
Jai eu cette ambition assez longtemps. Et finalement je men suis un peu débarrassé. Jai trop à faire. Il me faudrait une bonne histoire. Un livre comme Le Parfum, par exemple, est entièrement original. Cest tout simple. Je me demande pourquoi personne ny avait pensé auparavant, tellement cest évident. Jaurais un projet de scénario. Je nai jamais vu un bon film sur la vie dEdgar Poe, par exemple, alors quil y a vraiment matière à faire. Il a eu une vie courte, pleine de rebondissements, pleine de voyages. Et Poe était un caractère, un personnage. Il a été éduqué en Angleterre. Ce film commencerait par son arrivée aux Etats-Unis. On a très peu dinformations factuelles sur sa vie.
Jai eu cette ambition assez longtemps. Et finalement je men suis un peu débarrassé. Jai trop à faire. Il me faudrait une bonne histoire. Un livre comme Le Parfum, par exemple, est entièrement original. Cest tout simple. Je me demande pourquoi personne ny avait pensé auparavant, tellement cest évident. Jaurais un projet de scénario. Je nai jamais vu un bon film sur la vie dEdgar Poe, par exemple, alors quil y a vraiment matière à faire. Il a eu une vie courte, pleine de rebondissements, pleine de voyages. Et Poe était un caractère, un personnage. Il a été éduqué en Angleterre. Ce film commencerait par son arrivée aux Etats-Unis. On a très peu dinformations factuelles sur sa vie.
As-tu déjà joué dans un film, ou lenvisagerais-tu ?
Non. Mais justement, Bertrand Bonello mavait proposé de faire une apparition quelque part. On ma souvent posé cette question. Mais je nai aucune prétention à être acteur.
Non. Mais justement, Bertrand Bonello mavait proposé de faire une apparition quelque part. On ma souvent posé cette question. Mais je nai aucune prétention à être acteur.
Est-ce que tu aimerais faire des musiques de films ?
Jai déjà fait des musiques de documentaires. Pour la BBC. Il y en a un qui sappelait The Power Of Nightmares. Ca parlait dal-Qaida et du rôle parallèle de la faction dextrême-droite aux Etats-Unis. Jai travaillé aussi avec Brian Eno. Jaime beaucoup son travail avec Nico sur The End, mais elle meffraie un peu. Japprécie également son travail avec le Velvet Underground. Jai un ami qui a joué avec elle en tant que bassiste. Il sappelle François Salemy. Nico est un précurseur. Elle mévoque un peu Portishead. Il y a un côté triste chez Nico. Et chez Portishead. Ce nest pas forcément le cadre dans lequel jaimerais me retrouver.
Jai déjà fait des musiques de documentaires. Pour la BBC. Il y en a un qui sappelait The Power Of Nightmares. Ca parlait dal-Qaida et du rôle parallèle de la faction dextrême-droite aux Etats-Unis. Jai travaillé aussi avec Brian Eno. Jaime beaucoup son travail avec Nico sur The End, mais elle meffraie un peu. Japprécie également son travail avec le Velvet Underground. Jai un ami qui a joué avec elle en tant que bassiste. Il sappelle François Salemy. Nico est un précurseur. Elle mévoque un peu Portishead. Il y a un côté triste chez Nico. Et chez Portishead. Ce nest pas forcément le cadre dans lequel jaimerais me retrouver.
Tu sembles évoluer de plus en plus dans des sphères exotiques, tropicales.
Cest possible. Jaime le côté sombre des choses, mais je le contrebalance par des choses très joviales. Jaime Siouxsie And The Banshees ou même The Sisters Of Mercy. The Cure évidemment. Nick Cave aussi. Je lai rencontré à plusieurs reprises. Par le biais de Mute, en jouant avec Miranda Sex Garden. Cest une famille, en fait. Jai beaucoup de respect et dadmiration pour Nick Cave. Mais il avait cette image denfant terrible. Je me souviens quil défrayait la chronique avec ses prises de drogue. Mais il sen est détaché. Il y avait toujours du contenu dans ce quil faisait. Un titre comme « The Mercy Seat », par exemple, est le point de départ du titre de The Mabuses « We Rested Our Feet ». Sur le plan narratif, cest le point de vue dun condamné.
Si tu avais à citer un groupe, un album et une chanson préférés, ce serait lesquels ?
Le groupe, pas de problème, de toute façon, pour diverses raisons, on en revient toujours aux Beatles. Mon album préféré ? Il y en a tellement. Je nai pas vraiment envie de citer un album des Beatles, mais sil y en avait un, ce serait, je pense, Revolver. Et une chanson ? « Caravan », de Duke Ellington. Harmoniquement, il y a quelque chose de presque monstrueux.
Cest possible. Jaime le côté sombre des choses, mais je le contrebalance par des choses très joviales. Jaime Siouxsie And The Banshees ou même The Sisters Of Mercy. The Cure évidemment. Nick Cave aussi. Je lai rencontré à plusieurs reprises. Par le biais de Mute, en jouant avec Miranda Sex Garden. Cest une famille, en fait. Jai beaucoup de respect et dadmiration pour Nick Cave. Mais il avait cette image denfant terrible. Je me souviens quil défrayait la chronique avec ses prises de drogue. Mais il sen est détaché. Il y avait toujours du contenu dans ce quil faisait. Un titre comme « The Mercy Seat », par exemple, est le point de départ du titre de The Mabuses « We Rested Our Feet ». Sur le plan narratif, cest le point de vue dun condamné.
Si tu avais à citer un groupe, un album et une chanson préférés, ce serait lesquels ?
Le groupe, pas de problème, de toute façon, pour diverses raisons, on en revient toujours aux Beatles. Mon album préféré ? Il y en a tellement. Je nai pas vraiment envie de citer un album des Beatles, mais sil y en avait un, ce serait, je pense, Revolver. Et une chanson ? « Caravan », de Duke Ellington. Harmoniquement, il y a quelque chose de presque monstrueux.
Quelles parts ont joué le blues et le jazz, éloignées de ton univers au départ plutôt post-punk, dans ta musique ?
Il y a une connexion Syd Barrett. Et tous ces groupes, les Beatles, les Rolling Stones, sont ancrés dans la musique noire. Donc ce nest pas si surprenant que cela. Jai traversé une période où je me suis intéressé à ces trois maîtres du blues que sont Charlie Patton, Blind Willy Johnson et Skip James. Ce sont des gens qui ont fait une semaine denregistrement mais qui ont laissé une uvre très conséquente. Cest très particulier, techniquement aberrant, et très touchant.
Il y a une connexion Syd Barrett. Et tous ces groupes, les Beatles, les Rolling Stones, sont ancrés dans la musique noire. Donc ce nest pas si surprenant que cela. Jai traversé une période où je me suis intéressé à ces trois maîtres du blues que sont Charlie Patton, Blind Willy Johnson et Skip James. Ce sont des gens qui ont fait une semaine denregistrement mais qui ont laissé une uvre très conséquente. Cest très particulier, techniquement aberrant, et très touchant.
Quelle musique écoutaient tes parents quand tu étais petit, qui éventuellement aurait pu influencer ton uvre ?
Jai hérité de toute la collection de disques de ma mère, qui était de la génération des années 60. Elle écoutait les Beatles, et tous les grands groupes des années 60. Jai été complètement baigné dans cette musique. Je connais les Beatles depuis que je suis né, et cest quelque chose que jessaye dentretenir. « We Can Work It Out » est une de mes chansons préférées. Je ne peux pas concevoir un monde sans les Beatles. Et sans Hitchcock. Jai eu la chance dêtre dans un milieu où on écoutait ce genre de choses. Mon père écoutait un peu plus de jazz, comme Charlie Mingus. Mais ça ma moins touché. Plus tardivement.
Jai hérité de toute la collection de disques de ma mère, qui était de la génération des années 60. Elle écoutait les Beatles, et tous les grands groupes des années 60. Jai été complètement baigné dans cette musique. Je connais les Beatles depuis que je suis né, et cest quelque chose que jessaye dentretenir. « We Can Work It Out » est une de mes chansons préférées. Je ne peux pas concevoir un monde sans les Beatles. Et sans Hitchcock. Jai eu la chance dêtre dans un milieu où on écoutait ce genre de choses. Mon père écoutait un peu plus de jazz, comme Charlie Mingus. Mais ça ma moins touché. Plus tardivement.
Est-ce que tes parents jouaient de la musique ?
Absolument pas. Mais ma grand-mère chantait. Ca ma beaucoup influencé sur lidée de chanter. Elle chantait en écoutant la radio, des vieux standards anglais de lAprès-Guerre.
Absolument pas. Mais ma grand-mère chantait. Ca ma beaucoup influencé sur lidée de chanter. Elle chantait en écoutant la radio, des vieux standards anglais de lAprès-Guerre.
Tu sembles quelque peu insaisissable, vis-tu en Angleterre, à New York ou à Paris ?
Je vis en Angleterre, à Londres, mais je fais sans cesse la navette entre New York, Paris et Londres. Voilà à quoi se résume mon quotidien. Je suis une semaine ici, une semaine là. Ca a toujours été comme ça. Depuis le deuxième album. Avec quelques expéditions, notamment en Californie.
Je vis en Angleterre, à Londres, mais je fais sans cesse la navette entre New York, Paris et Londres. Voilà à quoi se résume mon quotidien. Je suis une semaine ici, une semaine là. Ca a toujours été comme ça. Depuis le deuxième album. Avec quelques expéditions, notamment en Californie.
Est-ce que tu as le goût des voyages, en dehors de ces trois pôles ? Il y a par exemple sur le dernier album une chanson qui évoque Cuba.
Jai le goût des voyages, découvrir des choses que je nai jamais vues, rencontrer des personnes que je nai jamais rencontrées, et être exposé à des cultures qui me sont complètement étrangères. Mais je nai pas encore assez exploré ce goût des voyages, ça se limite à Londres et à New York. Je ne suis pas un explorateur. Mais jaime changer les circonstances dans lesquelles je me trouve. Voir quelque chose de différent, et apprendre. Jespère voyager encore plus. Je suis assez intéressé par la culture japonaise. Je la trouve étrange. Jaimerais aussi aller à Cuba.
Jai le goût des voyages, découvrir des choses que je nai jamais vues, rencontrer des personnes que je nai jamais rencontrées, et être exposé à des cultures qui me sont complètement étrangères. Mais je nai pas encore assez exploré ce goût des voyages, ça se limite à Londres et à New York. Je ne suis pas un explorateur. Mais jaime changer les circonstances dans lesquelles je me trouve. Voir quelque chose de différent, et apprendre. Jespère voyager encore plus. Je suis assez intéressé par la culture japonaise. Je la trouve étrange. Jaimerais aussi aller à Cuba.
Donc ta chanson sur Cuba est plutôt de lordre du fantasme ?
Tout à fait. Avec John, nous avons décidé de passer un peu de temps, lors de nos vieux jours, à Cuba. Cest une sorte de romantisme à la Hemingway. Avec de bonnes musiques, des cocktails. Cette chanson, « Havana », a très peu à voir avec Cuba, finalement. Lorigine de cette chanson, cest une anecdote quon mavait relatée. Un ayatollah quon avait banni de sa ville. On lavait attaché sur une mule et on lavait lâché en plein désert. Il était revenu saisir le pouvoir, peu de temps après, avec une hargne et un esprit de revanche.
Tout à fait. Avec John, nous avons décidé de passer un peu de temps, lors de nos vieux jours, à Cuba. Cest une sorte de romantisme à la Hemingway. Avec de bonnes musiques, des cocktails. Cette chanson, « Havana », a très peu à voir avec Cuba, finalement. Lorigine de cette chanson, cest une anecdote quon mavait relatée. Un ayatollah quon avait banni de sa ville. On lavait attaché sur une mule et on lavait lâché en plein désert. Il était revenu saisir le pouvoir, peu de temps après, avec une hargne et un esprit de revanche.
Ca rappelle un peu Mahomet ?
Un tout petit peu. Je crois quil sagissait de layatollah Khomeiny. Cétait le point de départ de cette chanson, je ne sais pas pourquoi jen suis arrivé à « Havanah ». Je mimaginais ce personnage, non pas revenir, mais finir ses jours dans un lieu paradisiaque, tel que je mimagine Cuba lêtre. Un mélange entre Le Trésor de la Sierra Madre de John Huston et Under The Volcano. Il y a une scène où joue le père de John Huston, il est dans un hamac et il y a trois femmes qui saffairent autour de lui pour lui servir de la tequila avec le sel. Il est dans un état dextase.
Un tout petit peu. Je crois quil sagissait de layatollah Khomeiny. Cétait le point de départ de cette chanson, je ne sais pas pourquoi jen suis arrivé à « Havanah ». Je mimaginais ce personnage, non pas revenir, mais finir ses jours dans un lieu paradisiaque, tel que je mimagine Cuba lêtre. Un mélange entre Le Trésor de la Sierra Madre de John Huston et Under The Volcano. Il y a une scène où joue le père de John Huston, il est dans un hamac et il y a trois femmes qui saffairent autour de lui pour lui servir de la tequila avec le sel. Il est dans un état dextase.
Ces femmes névoqueraient pas les houris, ces vierges qui accueillent les musulmans au Paradis ?
Pas très catholique tout ça. (Il rit.) Jai justement regardé un documentaire sur le terrorisme. Les terroristes prenaient comme justification quils allaient aller au Paradis et pouvoir enfin goûter à tous ces plaisirs avec quarante vierges. Je trouve ça très peu religieux comme ambition. Ce nest pas un Paradis intellectuel mais un Paradis physique, où on peut se laisser aller à ce genre de pratiques. Ca ne mintéresse absolument pas, ce nest pas ma conception du Paradis. Cest très étrange et étranger. Mais je ne pense pas que ce soit le but de tous les islamistes.
Pas très catholique tout ça. (Il rit.) Jai justement regardé un documentaire sur le terrorisme. Les terroristes prenaient comme justification quils allaient aller au Paradis et pouvoir enfin goûter à tous ces plaisirs avec quarante vierges. Je trouve ça très peu religieux comme ambition. Ce nest pas un Paradis intellectuel mais un Paradis physique, où on peut se laisser aller à ce genre de pratiques. Ca ne mintéresse absolument pas, ce nest pas ma conception du Paradis. Cest très étrange et étranger. Mais je ne pense pas que ce soit le but de tous les islamistes.
As-tu des croyances spirituelles voire religieuses ?
Non. Je nappartiens à aucun groupe religieux. Tout fondamentalisme me gêne. Le judaïsme, le christianisme, lislam, ça me déplait tout ça.
Non. Je nappartiens à aucun groupe religieux. Tout fondamentalisme me gêne. Le judaïsme, le christianisme, lislam, ça me déplait tout ça.
As-tu été élevé dans un milieu religieux ?
Milieu catholique. Catholique irlandais. Mon nom est irlandais. Ce que jaime dans la religion, cest la musique. Jaimais accompagner mes grands-parents à léglise, parce que les gens chantaient. Cétait quelque chose de drôle et de touchant en même temps.
Milieu catholique. Catholique irlandais. Mon nom est irlandais. Ce que jaime dans la religion, cest la musique. Jaimais accompagner mes grands-parents à léglise, parce que les gens chantaient. Cétait quelque chose de drôle et de touchant en même temps.
A quel âge as-tu commencé à faire de la musique, et avec quel instrument ?
Jai eu des cours de piano quand jétais enfant. Vers lâge de douze ans on ma offert une guitare acoustique. Au début je voulais être bassiste.
Jai eu des cours de piano quand jétais enfant. Vers lâge de douze ans on ma offert une guitare acoustique. Au début je voulais être bassiste.
Quest-ce que tu utilises comme guitares ?
Une Jaguar généralement. Jaime la forme et le son. Et une Epiphone Casino. Comme sur Revolver des Beatles. Un son propre mais en même temps distordu. Et une guitare acoustique Martin. Jaime aussi le son des guitares 12 cordes, il y en a notamment sur « We Rested Our Feet ». Les Beatles utilisaient des Rickenbacker 12 cordes. Par exemple, sur tout lalbum A Hard Dayss Night. Jutilise également une basse Fender Precision. Mais je ne suis pas bassiste.
Une Jaguar généralement. Jaime la forme et le son. Et une Epiphone Casino. Comme sur Revolver des Beatles. Un son propre mais en même temps distordu. Et une guitare acoustique Martin. Jaime aussi le son des guitares 12 cordes, il y en a notamment sur « We Rested Our Feet ». Les Beatles utilisaient des Rickenbacker 12 cordes. Par exemple, sur tout lalbum A Hard Dayss Night. Jutilise également une basse Fender Precision. Mais je ne suis pas bassiste.
Comment envisages-tu le concert du 21 mai prochain à Paris au Café de la Danse ?
Le line up sera constitué de Donna au violon, deux guitares, basse, batterie, ukulélé, piano. Quant à mes attentes vis-à-vis de ce concert, jai lambition daimer ce que je joue, tout simplement. Cest le plus important. Ca peut être très bon, ça peut être une catastrophe aussi. Nous allons reprendre « Hog of the Forsaken », de Michael Hurley, qui est une chanson extrêmement étrange, country, mais avec des tonalités orientales, presque chinoises. Une chanson très bizarre, très bonne et très drôle. Nous allons jouer quelques titres du premier album, dont « We Rested Our Feet », et, du second album, « She Went Wild » et peut-être « Whose Party Is This? ». Mais nous nallons pas vraiment revisiter le passé. Il y aura quelques vieux titres, on verra. Limprovisation, dans tout ça, nest pas à négliger.
Le line up sera constitué de Donna au violon, deux guitares, basse, batterie, ukulélé, piano. Quant à mes attentes vis-à-vis de ce concert, jai lambition daimer ce que je joue, tout simplement. Cest le plus important. Ca peut être très bon, ça peut être une catastrophe aussi. Nous allons reprendre « Hog of the Forsaken », de Michael Hurley, qui est une chanson extrêmement étrange, country, mais avec des tonalités orientales, presque chinoises. Une chanson très bizarre, très bonne et très drôle. Nous allons jouer quelques titres du premier album, dont « We Rested Our Feet », et, du second album, « She Went Wild » et peut-être « Whose Party Is This? ». Mais nous nallons pas vraiment revisiter le passé. Il y aura quelques vieux titres, on verra. Limprovisation, dans tout ça, nest pas à négliger.
Merci à Jennifer Hayet davoir permis cette interview.