Rencontre à Paris avec Herman Düne
Les Herman Düne, groupe atypique qui écume les salles de concert depuis près de 10 ans, sortent leur nouvel album Not On Top, le 18 avril 2005 chez Pias. Habituellement assez ignorés des médias, je retrouve les trois membres du groupe au début dune journée promo qui sannonce longue pour eux, pas vraiment coutumiers du fait.
(Interview réalisée par Maxence pour XSilence)
XSilence : Vous êtes habitué à ce genre de promo intensive ?
Néman : On na jamais vraiment fait de promo à la chaîne comme ça cest vrai, habituellement cest une par ci, une par là Mais là on part en tournée pour pas mal de temps, alors cétait plus simple de faire comme ça.
David-Ivar : Là cétait assez urgent, on part ce mardi 30 avril.
Et vous partez où ?
DI : On commence par lAllemagne, ensuite en République Tchèque, en Suède en Norvège, en Hollande, Belgique France et Angleterre.
Et quelles sont les dates de prévues pour la France ?
DI : Il y a Le Printemps de Bourges, le Point Ephèmere à Paris, Lyon, Tours, Nantes, Lille.
Jai limpression que vous êtes des boulimiques du travail, toujours en tournée, en studio, on ne vous voit jamais en vacances
André : Ca fait 10 ans quon est en vacances
Non mais, vous sortez 2 albums en 2003, il y a en outre beaucoup de collaborations, vos projets solos. Cest un besoin pour vous dêtre en permanence occupé comme ça ?
DI : Oui, on joue tout le temps. Mais nous, voilà cest ce quon aime, dès quon peut enregistrer, on se pose pas de questions, on enregistre.
Vous passez beaucoup de temps à New York, et on vous sait très attachés à cette ville, et plus généralement à la culture musicale américaine. Doù vient cette passion, cette admiration, pas forcément évidente quand on vient de Suède et de Suisse et quon habite en France ?
N : Cest essentiellement lié à la musique. On écoutait ça quand on était petit, et quand on a pu partir là-bas on sest rendu compte à quel point cétait génial. Il y a pleins de musiciens, pas forcément connus, il se passe beaucoup plus de choses quici, et on peut jour plus facilement.
Mais vous habitez toujours à Paris ?
DI : André habite à Berlin maintenant et Néman et moi on habite à Paris, mais par intermittence à New York. Mais ouais cest vrai, la culture américaine, rien que la langue déjà, je la trouve magnifique, et la musique, jécoute ça depuis toujours. Et cest agréable comme pays. Tu changes détat, tu changes de culture. Jétais en tournée, et Néman a fait la fin de la tournée avec moi, dans tout le sud et même là-bas, cétait génial.
Et vous arrivez toujours à trouver du public à votre écoute ?
A : Pas tellement non On na pas de disques là-bas.
N : Enfin deux disques sur Shrimper, un petit label californien, mais cest très mal distribué. Quand on est partie avec Kimya (Dawson), on a fait une tournée des maisons, on allait jouer chez des gens.
DI : Je trouve que cest pas mal comme public.
Oui en général, les gens ne vous connaissent pas ?
N : Sur la dernière tournée, on était avec Kimya, on ouvrait et puis on faisait son backing band, les gens venaient plutôt pour elle.
DI : Enfin ceci dit vous dites ça, mais il y avait des gens qui connaissaient, moi jétais content quand même.
A : Quand même il y avait très peu de gens qui avaient entendu les disques quand on a tournée en tête daffiche, mais ça nempêche pas que ça se passe très bien, il y avait du monde au concert.
Et au niveau de lécriture et des compositions, est ce que le fait que vous restiez plusieurs mois aux Etats-Unis joue ? ... Et de même quand vous rentrez en Suède ?
A : Au niveau des thèmes essentiellement oui, ils changent en fonction des pays où lon reste, mais la musique change pas.
Donc il ny a pas eu dalbums entiers qui ont été composés aux Etats-Unis par exemple, et qui aurait donné une toute autre atmosphère à lalbum ?
DI : Si, sur They Go To The Woods, je trouve que ça se voit quand même quon la écrit en Suède. Et sinon Mas Cambios, au niveau de mes textes en tout cas, ils étaient quand même très imprégnés de New York.
Et puis là celui-là, le nouveau, Not On Top, les chansons je les ai écrites un peu partout.
Je demandais ça parce que pour le premier album par exemple, je trouvais quil y avait une ambiance vraiment différente des autres, plus sombre, moins innocent.
DI : Turn Off The Light, a un peu été fait à larrache en fait, même les choix des morceaux, ça a été fait vite fait, donc forcément il doit être un peu différent des autres. Et puis dans le premier, il y avait beaucoup plus de chansons à moi. Alors que maintenant, on partage un peu plus.
Et à chaque fois, vous écrivez chacun de votre côté, jamais vous ne mettez les textes de lautre en musique ou composez ensemble ?
DI : Non, il y a juste dans They Go To The Woods où on a écrit deux morceaux ensemble, mais sinon cest toujours séparé. Cest normal, on est deux personnes différentes, on nécrit pas de la même façon. Moi jécris un peu nimporte comment, enfin jaime bien ce que jécris, mais disons qu André connaît mieux que moi les règles décriture. Mais il est en train de mapprendre.
Et donc le nouvel album, dans quel style il se situe, vu que je nai pas pu lécouter ?
DI : Dans le nouveau justement par rapport à ce que tu disais, nos chansons à André et moi sont toujours différentes, mais là on la vraiment enregistré comme on joue. Et donc il fait plus « groupe » cet album, ça ne fait vraiment pas séparé.
Donc quest ce qui a changé par rapport aux enregistrements précédents ?
DI : Le confort denregistrement quon a eu là, on ne lavait jamais eu. On était dans une très grande pièce, avec du bon matériel.
Et le son sen ressent ?
DI : Forcément, là la batterie sonne comme une batterie ; sur Mas Cambios Néman, le pauvre, jouait sur la batterie dun groupe de funk oubliée dans la cave, nous on avait pas nos amplis ni nos guitares, on jouait sur nimporte quoi. Enfin cest plus comme nous on joue en concert quoi.
Vous gardez ce coté « à larrache » quand même ?
N : Bah malheureusement -ou heureusement-, malgré les moyens quon avait à notre disposition, ça sonne quand même comme dhabitude, cest pas devenu tout à coup hi-fi, super produit.
DI : Disons que ça aurait pu, on avait du super matériel, mais après ce nest pas à notre goût. Nous on était super contents du résultat, on avait fini en disant à tout le monde que cétait génial et puis on la fait écouter à des copains qui nous ont dit « Oh cest cheap là cest du 4 pistes ? », alors que nous on avait mis tout notre argent pour aller dans un studio, on était trop content, tout jouasse de ce son. Enfin moi jadore le son, mais cest vrai que pour quelquun qui habitué à écouter des trucs super propres genre Alanis Morissette, il entend ça, il dit : « Mais cest une repet dans la cave ? ».
N : Et puis ce qui change aussi, cest que cest notre amie Julie Doiron qui fait la basse et le chant, donc ça fait quand même un changement.
En parlant de Julie Doiron, est ce que vous pouvez nous parler de ces deux semaines passées à Colmar avec vos amis ? Vous avez enregistré quelque chose ?
N : En fait on était invité là bas, pendant quinze jours, avec la possibilité dinviter des gens quon aimait, avec un peu de moyens, donc on est parti là-bas enregistrer.
Et il y a quelque chose qui va sortir bientôt ?
DI : Bientôt, je sais pas. En fait au début, cest des gens qui ont un truc à Colmar, et ils voulaient monter une sorte de résidence Herman Düne, sans trop avoir didée, mais ils voulaient quon aille là bas, et nous ce quon prefere faire, cest inviter nos copains, parce que ça leur donne loccasion de jouer devant des gens, et denregistrer avec eux.
A : Et puis ça nous donne loccasion de trainer deux semaines avec eux.
DI : Cétait vraiment cool, il y avait Turner Cody, Jack Lewis, et on a pu senregistré ensemble pendant deux semaines.
Et le résultat ... cest un gros melting-pot de tous vos styles, ou est-ce majoritairement influencé par Herman Düne ?
DI : Non ça dépend, déjà il y a que deux chansons à nous, mais il y a pas mal de chansons où on est le groupe dune personne. Jack il joue avec nous comme groupe, Turner avec nous comme groupe, Red aussi.
Et justement dans cet esprit, à vos soirées Open-Mic au Pop-In vous jouiez un peu le rôle de grands frères pour des petits artistes.
DI : Bah cest ma soirée, je fais le DJ, et puis je trouve ça cool, ça existait pas quand on la crée. Il y a pleins de gens, même si je suis pas fan de leur musique, ils sont à fond dedans, ils viennent depuis quatre ans.
N : Cest le genre de soirées qui se font tout le temps à New York et quand on est rentré, on sest dit : « Bah tiens, on devrait faire ça ici », et ça permet à des gens qui en ont pas trop les moyens de faire écouter leur musique.
DI : Et puis cest génial, des fois il y a quelquun de connu qui vient comme ça et qui fait deux morceaux et juste après, une petite fille que jadore, elle doit avoir 15 ans, qui fait ses deux morceaux aussi. Enfin tout le monde, connu ou pas, est sur le même plan, la dernière fois un ami vient faire un duo de saxo free, cétait génial.
Mais il ny a pas que vos amis qui viennent jouer, alors ?
DI : Ah non maintenant je connais plus personne. Tu viens avant 21h30 il y a une liste, que jai limitée maintenant à 15 personnes (des fois on finissait à 25, cétait infernal), et puis tu joues dans lordre dans lequel tu tes inscrit, enfin ça peut vraiment être nimporte qui. Là il y a un groupe qui vient, qui fait de lindus, le mec branche sa basse sur une espèce de machine, et ça fait un boucan pas possible et là-dessus un chanteur avec des dreads énormes prend le micro et il gueule : « Les babouins ont des ampoules au cul » pendant 10 minutes.
Et puis il y a un mec que jadore, il est mannequin je crois et il joue avec un groupe, et alors lui, il prend ça trop au sérieux, la plupart des gens ils viennent juste avec une guitare, et non lui il vient avec tout son groupe, il se branche, je suis obligé de passer 10 disques cest une catastrophe, mais après il se donne tellement, genre pour lui cest son heure, cest 10 minutes de gloire, enfin jadore quoi !
Enfin je demandais ça, pensant que il y avait une volonté de recréer un peu lambiance de ce club quon avait appelé « antifolk » ?
N : Non, disons que là cétait des amis, et il y a eu plein de gens qui se sont rajoutés et il y a eu cette compile appelée Antifolk, sortie sur Rough Trade qui a donné ce nom au mouvement ... cest pas vraiment comparable.
A ce propos je pense au succès dAdam Green, cest assez hallucinant ; comment vous expliquez ça, sachant que vous venez tous un peu de la même scène ?
DI : Ouais cest vraiment hallucinant !! Mais là vraiment Adam, je ne comprends pas vraiment quoi. Je trouve ça génial, jadore ce quil fait, mais je narrive pas à expliquer.
Lautre jour, mon colocataire autrichien me racontait que Adam était sur le générique dun jeu télévisé genre La Roue de la fortune. « Mais attend, ça passe à la télé, mais il dit que des gros mots comment cest possible.
- Mais tinquiètes, là bas personne parle anglais, même le présentateur na aucune idée de la musique de son générique ». Je trouve ça énorme !
A : Kimya aurait pu connaître le même succès.
N : Après cest vrai, quil y a eu ce choix de faire un disque très produit, dêtre signé sur Rough Trade. Adam a toujours voulu être un chanteur. Kimya na jamais trop eu cet esprit, elle est signée sur Cake.
DI : Adam, je lai vu à la Black Session, il a son groupe, cest super pro ; après même si on vient de la même scène, demande à Turner de faire un show pro, cest impossible.
Et vous avez encore des collaborations de prévues en ce moment ?
N : Là on part en tournée avec une chanteuse de New York, Diane Cluck, qui est sur Rough Trade, elle va venir avec nous sur toute la tournée en Europe, elle va faire la basse et nos premières parties.
Et du coté solo ?
DI : Moi jai un album qui sort là, je ne sais pas s'il est déjà arrivé en France, il sappelle Novascotia Runs For Gold, sur un label indé ; et là je vais essayer de faire une bande dessinée dune chanson de Bob Dylan, Lily, Rosemary And The Jack Of Hearts, pour la sortie en 45 tours.
Pourquoi avoir fait une grosse sortie pour YaYa, et pas forcément pour les autres ?
DI : Ce nest pas de mon fait. Cest Denis Temper qui ma appelé : « Ecoute, il me faut un truc cette semaine, jenvoie la commande à lusine là. Jai YaYa là, est-ce que tu veux le sortir ? ». Je lui ai dit quil pouvait le sortir s'il voulait. Je suis parti à New York, et quand je suis revenu il était sorti, il y en avait partout. Mais je suis content, jadore cet album.
Et tu nas rien touché par rapport à la version que tu vendais sur CD-R au concert ?
DI : Ah oui cest la même. Enfin je crois que Denis la masterisé.
A : Enfin masterisé par Denis
DI : Il doit avoir un pote qui a un ordi. (rires)
Et toi par exemple André, tu nas jamais sorti un album comme ça ?
A : Oui, moi je fais beaucoup dalbum, mais il reste sur CD-R.
DI : Enfin ceci dit, ten vends plus que si tu le sortais sur un label, ten vends des milliers !
A : Des milliers je sais pas trop, mais cest vrai que ça part bien en tournée.
Et Temple Temple, ou en est-ce ? Javais vraiment été bluffé par votre prestation au Nouveau Casino il y a un peu plus dun an !
DI : Bah là écoute, GTM de Temple Temple il a un nouveau groupe qui va cartonné apparemment. On ma dit que cétait un truc ultra commercial et ça va être immense. On a fait un concert aux Transmusicales, on sétait vraiment amusé, mais je préfère jouer avec Herman Düne. Et puis jaime bien, mais ça prend du temps denregistrer ça, et jai pas trop le temps.
Vous arrivez à énormément tourner, même avec la débrouille, dormir chez des potes etc. . comment vous arrivez à financer tout ça ?
DI : Au début cétait dur, oui, mais maintenant on est entièrement financé par les places de concerts et le revenu des ventes. Je suis vraiment très content de ça !
Et la sortie chez PIAS ne va pas changer grand-chose alors ?
DI : On ne peut pas trop dire, il nest même pas sorti, après on verra ...
Et donc pourquoi avoir changé ?
DI : Avant cétait la catastrophe. Pour Mas Cambios, qui était sorti chez Chronowax, il ny en avait nulle part : on arrivait dans une ville, personne avait pu acheter lalbum avant.
Pour finir, vos coups de cur du moment ?
DI : Lalbum de Jack Lewis, qui sort bientôt sur le même label que Novascotia Runs For Gold.
Et un dernier mot à propos de John Peel qui vous a souvent invité à ses sessions.
DI : On a fait neuf sessions. Je suis assez triste, il est mort pendant que jétais en tournée aux Etats-Unis. Et pendant quon enregistrait Not On Top, il nous avait proposé de venir jouer pour son anniversaire chez lui pour faire une session de reprise et on avait pas pu, et ça aurait été notre dernière occasion de le voir.
N : Cest lui qui nous a permis dêtre connu en Grande Bretagne ...
DI : Sans lui on ferait plus rien du tout. Parce que quand je te dis quon vit de notre musique, on vit surtout grace à lAngleterre, et sans lui on aurait rien fait là-bas.
A : La seule raison qui nous a fait connaître en Angleterre cest John Peel.
N : Maintenant on peut beaucoup tourner là bas et il y a du monde aux concerts, des salles de 300 places pendant 3 semaines.
Merci beaucoup à Néman, André et David-Ivar d' Herman Düne. Merci aux gentils gens de chez PIAS aussi.
Herman Düne Not On Top [PIAS]
David Ivar Herman Düne Novascotia Runs For Gold [Shrimper]
David Ivar Herman Düne YaYa [Shrimper]
Néman : On na jamais vraiment fait de promo à la chaîne comme ça cest vrai, habituellement cest une par ci, une par là Mais là on part en tournée pour pas mal de temps, alors cétait plus simple de faire comme ça.
David-Ivar : Là cétait assez urgent, on part ce mardi 30 avril.
Et vous partez où ?
DI : On commence par lAllemagne, ensuite en République Tchèque, en Suède en Norvège, en Hollande, Belgique France et Angleterre.
Et quelles sont les dates de prévues pour la France ?
DI : Il y a Le Printemps de Bourges, le Point Ephèmere à Paris, Lyon, Tours, Nantes, Lille.
Jai limpression que vous êtes des boulimiques du travail, toujours en tournée, en studio, on ne vous voit jamais en vacances
André : Ca fait 10 ans quon est en vacances
Non mais, vous sortez 2 albums en 2003, il y a en outre beaucoup de collaborations, vos projets solos. Cest un besoin pour vous dêtre en permanence occupé comme ça ?
DI : Oui, on joue tout le temps. Mais nous, voilà cest ce quon aime, dès quon peut enregistrer, on se pose pas de questions, on enregistre.
Vous passez beaucoup de temps à New York, et on vous sait très attachés à cette ville, et plus généralement à la culture musicale américaine. Doù vient cette passion, cette admiration, pas forcément évidente quand on vient de Suède et de Suisse et quon habite en France ?
N : Cest essentiellement lié à la musique. On écoutait ça quand on était petit, et quand on a pu partir là-bas on sest rendu compte à quel point cétait génial. Il y a pleins de musiciens, pas forcément connus, il se passe beaucoup plus de choses quici, et on peut jour plus facilement.
Mais vous habitez toujours à Paris ?
DI : André habite à Berlin maintenant et Néman et moi on habite à Paris, mais par intermittence à New York. Mais ouais cest vrai, la culture américaine, rien que la langue déjà, je la trouve magnifique, et la musique, jécoute ça depuis toujours. Et cest agréable comme pays. Tu changes détat, tu changes de culture. Jétais en tournée, et Néman a fait la fin de la tournée avec moi, dans tout le sud et même là-bas, cétait génial.
Et vous arrivez toujours à trouver du public à votre écoute ?
A : Pas tellement non On na pas de disques là-bas.
N : Enfin deux disques sur Shrimper, un petit label californien, mais cest très mal distribué. Quand on est partie avec Kimya (Dawson), on a fait une tournée des maisons, on allait jouer chez des gens.
DI : Je trouve que cest pas mal comme public.
Oui en général, les gens ne vous connaissent pas ?
N : Sur la dernière tournée, on était avec Kimya, on ouvrait et puis on faisait son backing band, les gens venaient plutôt pour elle.
DI : Enfin ceci dit vous dites ça, mais il y avait des gens qui connaissaient, moi jétais content quand même.
A : Quand même il y avait très peu de gens qui avaient entendu les disques quand on a tournée en tête daffiche, mais ça nempêche pas que ça se passe très bien, il y avait du monde au concert.
Et au niveau de lécriture et des compositions, est ce que le fait que vous restiez plusieurs mois aux Etats-Unis joue ? ... Et de même quand vous rentrez en Suède ?
A : Au niveau des thèmes essentiellement oui, ils changent en fonction des pays où lon reste, mais la musique change pas.
Donc il ny a pas eu dalbums entiers qui ont été composés aux Etats-Unis par exemple, et qui aurait donné une toute autre atmosphère à lalbum ?
DI : Si, sur They Go To The Woods, je trouve que ça se voit quand même quon la écrit en Suède. Et sinon Mas Cambios, au niveau de mes textes en tout cas, ils étaient quand même très imprégnés de New York.
Et puis là celui-là, le nouveau, Not On Top, les chansons je les ai écrites un peu partout.
Je demandais ça parce que pour le premier album par exemple, je trouvais quil y avait une ambiance vraiment différente des autres, plus sombre, moins innocent.
DI : Turn Off The Light, a un peu été fait à larrache en fait, même les choix des morceaux, ça a été fait vite fait, donc forcément il doit être un peu différent des autres. Et puis dans le premier, il y avait beaucoup plus de chansons à moi. Alors que maintenant, on partage un peu plus.
Et à chaque fois, vous écrivez chacun de votre côté, jamais vous ne mettez les textes de lautre en musique ou composez ensemble ?
DI : Non, il y a juste dans They Go To The Woods où on a écrit deux morceaux ensemble, mais sinon cest toujours séparé. Cest normal, on est deux personnes différentes, on nécrit pas de la même façon. Moi jécris un peu nimporte comment, enfin jaime bien ce que jécris, mais disons qu André connaît mieux que moi les règles décriture. Mais il est en train de mapprendre.
Et donc le nouvel album, dans quel style il se situe, vu que je nai pas pu lécouter ?
DI : Dans le nouveau justement par rapport à ce que tu disais, nos chansons à André et moi sont toujours différentes, mais là on la vraiment enregistré comme on joue. Et donc il fait plus « groupe » cet album, ça ne fait vraiment pas séparé.
Donc quest ce qui a changé par rapport aux enregistrements précédents ?
DI : Le confort denregistrement quon a eu là, on ne lavait jamais eu. On était dans une très grande pièce, avec du bon matériel.
Et le son sen ressent ?
DI : Forcément, là la batterie sonne comme une batterie ; sur Mas Cambios Néman, le pauvre, jouait sur la batterie dun groupe de funk oubliée dans la cave, nous on avait pas nos amplis ni nos guitares, on jouait sur nimporte quoi. Enfin cest plus comme nous on joue en concert quoi.
Vous gardez ce coté « à larrache » quand même ?
N : Bah malheureusement -ou heureusement-, malgré les moyens quon avait à notre disposition, ça sonne quand même comme dhabitude, cest pas devenu tout à coup hi-fi, super produit.
DI : Disons que ça aurait pu, on avait du super matériel, mais après ce nest pas à notre goût. Nous on était super contents du résultat, on avait fini en disant à tout le monde que cétait génial et puis on la fait écouter à des copains qui nous ont dit « Oh cest cheap là cest du 4 pistes ? », alors que nous on avait mis tout notre argent pour aller dans un studio, on était trop content, tout jouasse de ce son. Enfin moi jadore le son, mais cest vrai que pour quelquun qui habitué à écouter des trucs super propres genre Alanis Morissette, il entend ça, il dit : « Mais cest une repet dans la cave ? ».
N : Et puis ce qui change aussi, cest que cest notre amie Julie Doiron qui fait la basse et le chant, donc ça fait quand même un changement.
En parlant de Julie Doiron, est ce que vous pouvez nous parler de ces deux semaines passées à Colmar avec vos amis ? Vous avez enregistré quelque chose ?
N : En fait on était invité là bas, pendant quinze jours, avec la possibilité dinviter des gens quon aimait, avec un peu de moyens, donc on est parti là-bas enregistrer.
Et il y a quelque chose qui va sortir bientôt ?
DI : Bientôt, je sais pas. En fait au début, cest des gens qui ont un truc à Colmar, et ils voulaient monter une sorte de résidence Herman Düne, sans trop avoir didée, mais ils voulaient quon aille là bas, et nous ce quon prefere faire, cest inviter nos copains, parce que ça leur donne loccasion de jouer devant des gens, et denregistrer avec eux.
A : Et puis ça nous donne loccasion de trainer deux semaines avec eux.
DI : Cétait vraiment cool, il y avait Turner Cody, Jack Lewis, et on a pu senregistré ensemble pendant deux semaines.
Et le résultat ... cest un gros melting-pot de tous vos styles, ou est-ce majoritairement influencé par Herman Düne ?
DI : Non ça dépend, déjà il y a que deux chansons à nous, mais il y a pas mal de chansons où on est le groupe dune personne. Jack il joue avec nous comme groupe, Turner avec nous comme groupe, Red aussi.
Et justement dans cet esprit, à vos soirées Open-Mic au Pop-In vous jouiez un peu le rôle de grands frères pour des petits artistes.
DI : Bah cest ma soirée, je fais le DJ, et puis je trouve ça cool, ça existait pas quand on la crée. Il y a pleins de gens, même si je suis pas fan de leur musique, ils sont à fond dedans, ils viennent depuis quatre ans.
N : Cest le genre de soirées qui se font tout le temps à New York et quand on est rentré, on sest dit : « Bah tiens, on devrait faire ça ici », et ça permet à des gens qui en ont pas trop les moyens de faire écouter leur musique.
DI : Et puis cest génial, des fois il y a quelquun de connu qui vient comme ça et qui fait deux morceaux et juste après, une petite fille que jadore, elle doit avoir 15 ans, qui fait ses deux morceaux aussi. Enfin tout le monde, connu ou pas, est sur le même plan, la dernière fois un ami vient faire un duo de saxo free, cétait génial.
Mais il ny a pas que vos amis qui viennent jouer, alors ?
DI : Ah non maintenant je connais plus personne. Tu viens avant 21h30 il y a une liste, que jai limitée maintenant à 15 personnes (des fois on finissait à 25, cétait infernal), et puis tu joues dans lordre dans lequel tu tes inscrit, enfin ça peut vraiment être nimporte qui. Là il y a un groupe qui vient, qui fait de lindus, le mec branche sa basse sur une espèce de machine, et ça fait un boucan pas possible et là-dessus un chanteur avec des dreads énormes prend le micro et il gueule : « Les babouins ont des ampoules au cul » pendant 10 minutes.
Et puis il y a un mec que jadore, il est mannequin je crois et il joue avec un groupe, et alors lui, il prend ça trop au sérieux, la plupart des gens ils viennent juste avec une guitare, et non lui il vient avec tout son groupe, il se branche, je suis obligé de passer 10 disques cest une catastrophe, mais après il se donne tellement, genre pour lui cest son heure, cest 10 minutes de gloire, enfin jadore quoi !
Enfin je demandais ça, pensant que il y avait une volonté de recréer un peu lambiance de ce club quon avait appelé « antifolk » ?
N : Non, disons que là cétait des amis, et il y a eu plein de gens qui se sont rajoutés et il y a eu cette compile appelée Antifolk, sortie sur Rough Trade qui a donné ce nom au mouvement ... cest pas vraiment comparable.
A ce propos je pense au succès dAdam Green, cest assez hallucinant ; comment vous expliquez ça, sachant que vous venez tous un peu de la même scène ?
DI : Ouais cest vraiment hallucinant !! Mais là vraiment Adam, je ne comprends pas vraiment quoi. Je trouve ça génial, jadore ce quil fait, mais je narrive pas à expliquer.
Lautre jour, mon colocataire autrichien me racontait que Adam était sur le générique dun jeu télévisé genre La Roue de la fortune. « Mais attend, ça passe à la télé, mais il dit que des gros mots comment cest possible.
- Mais tinquiètes, là bas personne parle anglais, même le présentateur na aucune idée de la musique de son générique ». Je trouve ça énorme !
A : Kimya aurait pu connaître le même succès.
N : Après cest vrai, quil y a eu ce choix de faire un disque très produit, dêtre signé sur Rough Trade. Adam a toujours voulu être un chanteur. Kimya na jamais trop eu cet esprit, elle est signée sur Cake.
DI : Adam, je lai vu à la Black Session, il a son groupe, cest super pro ; après même si on vient de la même scène, demande à Turner de faire un show pro, cest impossible.
Et vous avez encore des collaborations de prévues en ce moment ?
N : Là on part en tournée avec une chanteuse de New York, Diane Cluck, qui est sur Rough Trade, elle va venir avec nous sur toute la tournée en Europe, elle va faire la basse et nos premières parties.
Et du coté solo ?
DI : Moi jai un album qui sort là, je ne sais pas s'il est déjà arrivé en France, il sappelle Novascotia Runs For Gold, sur un label indé ; et là je vais essayer de faire une bande dessinée dune chanson de Bob Dylan, Lily, Rosemary And The Jack Of Hearts, pour la sortie en 45 tours.
Pourquoi avoir fait une grosse sortie pour YaYa, et pas forcément pour les autres ?
DI : Ce nest pas de mon fait. Cest Denis Temper qui ma appelé : « Ecoute, il me faut un truc cette semaine, jenvoie la commande à lusine là. Jai YaYa là, est-ce que tu veux le sortir ? ». Je lui ai dit quil pouvait le sortir s'il voulait. Je suis parti à New York, et quand je suis revenu il était sorti, il y en avait partout. Mais je suis content, jadore cet album.
Et tu nas rien touché par rapport à la version que tu vendais sur CD-R au concert ?
DI : Ah oui cest la même. Enfin je crois que Denis la masterisé.
A : Enfin masterisé par Denis
DI : Il doit avoir un pote qui a un ordi. (rires)
Et toi par exemple André, tu nas jamais sorti un album comme ça ?
A : Oui, moi je fais beaucoup dalbum, mais il reste sur CD-R.
DI : Enfin ceci dit, ten vends plus que si tu le sortais sur un label, ten vends des milliers !
A : Des milliers je sais pas trop, mais cest vrai que ça part bien en tournée.
Et Temple Temple, ou en est-ce ? Javais vraiment été bluffé par votre prestation au Nouveau Casino il y a un peu plus dun an !
DI : Bah là écoute, GTM de Temple Temple il a un nouveau groupe qui va cartonné apparemment. On ma dit que cétait un truc ultra commercial et ça va être immense. On a fait un concert aux Transmusicales, on sétait vraiment amusé, mais je préfère jouer avec Herman Düne. Et puis jaime bien, mais ça prend du temps denregistrer ça, et jai pas trop le temps.
Vous arrivez à énormément tourner, même avec la débrouille, dormir chez des potes etc. . comment vous arrivez à financer tout ça ?
DI : Au début cétait dur, oui, mais maintenant on est entièrement financé par les places de concerts et le revenu des ventes. Je suis vraiment très content de ça !
Et la sortie chez PIAS ne va pas changer grand-chose alors ?
DI : On ne peut pas trop dire, il nest même pas sorti, après on verra ...
Et donc pourquoi avoir changé ?
DI : Avant cétait la catastrophe. Pour Mas Cambios, qui était sorti chez Chronowax, il ny en avait nulle part : on arrivait dans une ville, personne avait pu acheter lalbum avant.
Pour finir, vos coups de cur du moment ?
DI : Lalbum de Jack Lewis, qui sort bientôt sur le même label que Novascotia Runs For Gold.
Et un dernier mot à propos de John Peel qui vous a souvent invité à ses sessions.
DI : On a fait neuf sessions. Je suis assez triste, il est mort pendant que jétais en tournée aux Etats-Unis. Et pendant quon enregistrait Not On Top, il nous avait proposé de venir jouer pour son anniversaire chez lui pour faire une session de reprise et on avait pas pu, et ça aurait été notre dernière occasion de le voir.
N : Cest lui qui nous a permis dêtre connu en Grande Bretagne ...
DI : Sans lui on ferait plus rien du tout. Parce que quand je te dis quon vit de notre musique, on vit surtout grace à lAngleterre, et sans lui on aurait rien fait là-bas.
A : La seule raison qui nous a fait connaître en Angleterre cest John Peel.
N : Maintenant on peut beaucoup tourner là bas et il y a du monde aux concerts, des salles de 300 places pendant 3 semaines.
Merci beaucoup à Néman, André et David-Ivar d' Herman Düne. Merci aux gentils gens de chez PIAS aussi.
Herman Düne Not On Top [PIAS]
David Ivar Herman Düne Novascotia Runs For Gold [Shrimper]
David Ivar Herman Düne YaYa [Shrimper]