It's Blitz!
- Label : Interscope
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 06/04/2009
La sortie de It's Blitz ! aura été pour le moins mouvementée. Initialement annoncé pour le 6 avril, l'album aura filtré sur internet, poussant les Yeah Yeah Yeahs à le distribuer en téléchargement légal dés le 9 mars. Mais c'était déjà trop tard, et cela fait déjà un mois que les internautes peuvent s'étonner sur ce troisième album. Toujours produit par David Sitek, It's Blitz est extrêmement déroutant. Le groupe avait déjà surpris par le revirement pop de Show Your Bones, mais la nouvelle orientation choisie est encore plus extrême. Exit les instruments et le rock, les Yeah Yeah Yeahs basculent carrément du côté de l'electropop, à grands renforts de nappes de synthés et de bidouillages électroniques. La guitare passe au second plan, assurant quelques gimmicks incisifs pour pimenter le tout.
Et le groupe fait mouche sur la première partie de l'album. Avec "Zero" et "Heads Will Roll", les Yeah Yeah Yeahs assènent deux tubes très produits, aux mélodies imparables et hyper entraînantes, mais surtout enrobé de synthés et de beats efficaces on ne peut plus éloignés de l'esprit de Fever To Tell. Le chant de Karen O se révèle irrésistible, tantôt survolté et suave. "Soft Shock" porte bien son nom et est mon coup de c?ur. Le groupe étonne avec cette pop-song apaisée où une subtile association de synthés et de beats envoute : merci Mr Sitek ! Et le reste de l'album est plutôt dans cette veine. L'aspect teigneux du groupe disparaît au profit d'une electropop apaisée où la touche de David Sitek sur les instrumentations est omniprésente. La voix de Karen O est mise en valeur alors qu'elle chante les mélodies les plus tendres du répertoire du groupe ("Runaway", "Little Shadow"). On ne sortira de cette douceur qu'avec "Dull Life", qui nous ramène avec réussite du côté des guitares et du chant incisifs, et de "Dragon Queen" qui assène une sorte de funk déglingué très séduisant.
It's Blitz sera polémique, cela ne fait aucun doute. L'efficacité des morceaux qui seront à coup sûr publiés en single, associée à la douceur et à l'aspect easy-listening du reste de l'album les coupera sûrement d'une partie de leur public qui les accusera de se vendre. Personnellement, je ne pense pas qu'il y ait d'arrière pensée mainstream dans cet album, je trouve au contraire que le groupe réussit à bien mener sa carrière en associant efficacité et renouvellement. Dans la démarche, il me fait penser à Welcome To The Monkey House des Dandy Warhols ou Version 2.0 de Garbage, deux autres exemples où des groupes de rock s'essayaient aux machines avec brio pour donner naissance à des albums pop déroutants au premier abord, mais finalement séduisants !