Make Believe
- Label : Geffen
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 10/05/2005
Make Believe, cinquième album de Weezer en lequel beaucoup avaient placé tous leurs espoirs de retour aux qualités du groupe qui ont fait The Blue Album et Pinkerton, démarre avec "Beverly Hills". Ce morceau, c'est celui qui a été choisi pour être le premier single et qui, alors que tout le monde attendait de voir ce que l'album donnait, a fait peur à moult personnes.
Il faut avouer qu'on est loin de ce que tout le monde souhaitait. Et pourtant, quand on y réfléchit, ça ne veut pas dire qu'il est mauvais. Alors certes, il ne ressemble pas à grand chose de bien, mais c'est loin d'être une catastrophe : il reste toujours un peu de cette pêche qu'on avait dans le temps, et le morceau passe mieux au fil du temps. Les paroles d'ailleurs sont plutôt réussies, rappellent que Rivers Cuomo a su écrire de bons morceaux avec, disons, un peu de cynisme dedans.
La suite est mieux, et notamment avec "Perfect Situation", qu'on serait tenté de rapprocher du Blue, ou du moins du Green ; avec les paroles du niveau habituel. Celui-là est bon, certainement le meilleur. "This Is Such A Pity", "Hold Me", "Peace", et "The Damage In Your Heart" sont plutôt bons eux aussi, que ce soit de bons morceaux de power pop ou qu'ils soient un peu plus lents. Les paroles suivent, ne sont assurément pas du niveau de certaines perles de Rivers Cuomo, mais on y retrouve sans problème son style. "We Are All On Drugs" est plus étonnant et on aurait facilement tendance à le comparer à "Beverly Hills", si ce n'est que les paroles sont ce coup-ci plutôt lamentables.
Du point de vue de la musique, il sonne assez mauvais du premier coup, mais il faut dire qu'on peut se laisser prendre au jeu et l'apprécier autant que le premier. Disons, pour résumer ces sept premières chansons, que si l'on n'est absolument pas en face du chef-d'?uvre que tout le monde espérait trouver, on est tout de même en train d'écouter Weezer, et ça se sent. Ce début est peut-être du niveau du Green, sans pour autant lui ressembler.
Et si je m'arrête à ces sept premiers morceaux, c'est qu'avec le huitième, "Pardon Me", ça s'aggrave. A partir de là et jusqu'à la fin, on va être loin de reconnaître Weezer ou une quelconque qualité à cet album. Il vaut mieux ne même pas parler des paroles en détail : il est franchement dur de croire qu'un homme qui a écrit des choses aussi merveilleuses que, par exemple, "The World Has Turned And Left Me Here" puisse tomber dans un tel degré de nullité (pensons notamment à "My Best Friend" qui ressemble à une pâle traduction de la chanson du même nom de Lorie - mais il paraît que c'est à prendre au second degré, et même dans ce cas, ça reste inutile -, ou encore à "Pardon Me", écrite à la suite d'un ou deux conseils du prof de méditation de monsieur Cuomop.
Lamentable, donc, de ce côté-là, à l'exception peut-être de "Haunt You Everyday", dont les paroles sont loin d'être exceptionnelles mais toutefois acceptables, de même d'ailleurs que le morceau dans sa globalité, qu'on serait tenté de regrouper avec les bons. Quant aux autres... Ah, si ce n'était que les paroles qui posent problème ! Mais ces morceaux sont à deux doigts d'être nuls, sans le moindre intérêt et ne ressemblent à rien. On a du mal à croire qu'il s'agit là de Weezer, et c'est avec "Freak Me Out" qu'on touche le fond : vague mélodie à peine audible, chant ridicule. On imagine quatre petits gars aussi ternes que ces quelques morceaux, à cent lieues d'avoir les qualités de faire des choses aussi bien que "Pink Triangle", "Buddy Holly", & co.
Difficile de juger Make Believe avec une seule note, difficile de le qualifier avec un seul mot. Les sept premiers réunis vaudraient bien un 15, peut-être rejoints par le dernier, "Freak Me Out" ne vaut assurément pas plus de 0 ; quant aux trois autres, on peut leur accorder avec indulgence un 4. Après un calcul scientifique, j'en déduis que ce cinquième album ne vaudrait en gros pas plus de 11 ; mais la qualité de certains m'autorise à monter cette note jusqu'à 13.
Supprimer les quatre erreurs de Make Believe nous permettra certainement de ne pas perdre espoir.
Mais certains disent déjà que ce sera le dernier et, c'est peut-être mieux d'en finir ici. Ce sera sans trop de regrets : mieux vaut qu'ils ne se risquent pas à devenir une grosse blague, comme le sont quelques chansons ici.