Sincerely, Future Pollution
- Label : City Slang
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 07/04/2017
Au-delà du plaisir béat et impatient de la découverte, la première chose qui m'est venue à l'esprit lors de l'écoute du nouvel opus de Timber Timbre est : ce disque va diviser. Et, à peine sorti, les premiers retours sur cet album confirment mon impression. Je lis et j'entends, ici et là, les puristes adorateurs de la première heure s'offusquer pour des raisons diverses de la direction prise par Taylor Kirk, et d'un autre côté ceux qui s'en réjouissent, effrayés à l'idée que leur héros ne fasse éternellement le même disque.
Alors, essayons de nuancer tout cela, car pour ma part, bien que toujours sous le charme de ces trois albums qui ne prennent pas la poussière dans ma discothèque (Timber Timbre, Creep on Creepin on et Hot Dreams), j'apprécie aussi beaucoup les artistes capables de faire évoluer leur ?uvre sans se renier.
Dès "Velvet Gloves & Spit" je sais qu'il s'est passé quelque chose, la voix de Kirk et cette mélancolie latente sont présentes mais il y a ces claviers inhabituels aux accents 80's qui métamorphosent cette ballade en un moment précieux. Ces claviers cheaps et datés vont nous accompagner tout au long de ce disque et représentent à eux seuls le véritable tournant de ces nouvelles compositions, à l'exception de "Grifting", drôle de morceau funky perdu au milieu de cet univers particulier propre à Timber Timbre. Car pour le reste il n'y a aucune déconvenue, le monde de Taylor Kirk a simplement pris des teintes et des couleurs différentes et reste reconnaissable et unique dès la première écoute, même si le nom des Tindersticks m'effleure l'esprit à l'écoute de l'instrumental "Skin Tone" et celui de Twin Shadows à l'écoute de "Moment". Ces impressions restent fugaces et ténues.
Alors pour ceux qui ne supporteraient pas la lumière diffuse de cet album, je conseille les lunettes de soleil puis remettre le disque sur la platine. Ils pourront alors profiter des paysages somptueux, certes parfois inquiétants sous un climat lourd (Sewer Blues) ou plus atmosphériques sur le titre éponyme. Ce qui surprend le plus (j'insiste là-dessus), c'est que ces claviers 80's qui tombent parfois en nappe (par exemple sur "Bleu Nuit") ne polluent pas le propos mais lui donnent une homogénéité évidente. Que ce soit sur un rythme chaloupé et nonchalant ("Western Questions") ou sur le final "Floating Cathedral", western moderne en forme de ballade.
En cherchant à pinailler un peu je dirais qu'un peu plus de mordant, plus de titres troubles et troublants auraient été les bienvenus. Mais bon, je sais aussi que cet album ne prendra pas la poussière sur mes étagères que les trois susnommés !