It'll End In Tears
- Label : 4AD
- Format : Album / CD Vinyle K7 Audio
- Date de sortie : 02/02/1984
Le premier album de This Mortal Coil est une vraie réussite. L'intérêt du projet de Ivo Watts, fondateur de 4AD, réside notamment dans les diverses collaborations ici présentes. It'll End In Tears nous propose sur un même album des participations avec Dead Can Dance, les Cocteau Twins ou divers membres de Colourbox, The Wolfgang Press... bref tout le gratin de 4AD de l'époque.
Ivo Watts-Russel a toujours voué un respect et une admiration sans limite pour divers artistes tels que Big Star et Alex Chilton ou Tim Buckley, c'est pourquoi cet album (ainsi que les deux qui suivront) est quasiment exclusivement composé de reprises.
Ainsi, c'est un réel bonheur que d'entendre "Kangaroo" ou "Holocaust" de Big Star réinterprétés par Gordon Sharp (Cindytalk) ou Howard Devoto (Buzzcocks) et accompagnés par Simon Raymonde (Cocteau Twins) ou Steven Young (Colourbox). Tout en restant assez proches des versions originales, les titres repris par This Mortal Coil sont habités par une âme nouvelle et tellement captivante.
Ici, un seul titres est signé "This Mortal Coil": "Fyt", instrumental sur lequel Mark Cox (The Wolfgang Press) et Martyn Young (Colourbox) viennent prêter leur synthé pour composer quatre minutes de musique éthérée et jouissive.
Tous les protégés de Ivo Watts sont donc présents et les sommets sont sans doute atteints avec "Another Day" (morceau monumental durant lequel Liz Fraser des Cocteau Twins nous dévoile toute la beauté enchanteresse et fragile de sa voix), ou avec "Waves Become Wings" (écrit, composé, joué et chanté par Lisa Gerrard, qui montre ici elle aussi, toute l'étendue de son talent flagrant et de son charme). Et lorsque Lisa Gerrard s'associe avec Simon Raymonde, ils nous offrent un superbe "Barramundi", étrange et planant à souhait dont on les soupçonnait plus que capables. Oui, ces morceaux impressionnent par leur intensité et leur splendeur saisissantes douées d'une force impressionnante. Parfait exemple de cette idée, "Dreams Made Flesh" présente Lisa Gerrard et Brendan Perry faisant la démonstration de leurs aptitudes à créer ces ambiances si particulières et si intimistes. Et lorsqu'il faut jouer rock, c'est Robin Guthrie et Simon Raymonde (Cocteau Twins), Manuela Rickers (Xmal Deutschland) et Robbie Grey (Mondern English) qui s'y collent, et nous dévoilent une réprise géniale de "Not Me" de Colin Newman de Wire.
It'll End In Tears est donc un album magistral peuplé de ces atmosphères si spécifiques de l'époque et de 4AD, envoûtantes et intenses, qui vous entourent et vous possèdent pour ne plus jamais vous quitter.
Alors, si tout cela doit se terminer par des larmes, il ne peut s'agir que de larmes de bonheur, tellement cet album est impressionant de pureté et de grandeur.