Horses In The Sky
- Label : Constellation
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 21/03/2005
Voici donc le nouvel opus de Thee Silver Mount Zion Orchestra and Tralalala Band, la nouvelle oeuvre phare de chez Constellation, même si on est ici de plus en plus loin des abstractions et des envolées instrumentales proposées habituellement par le label...
En effet Efrim Menuck et ses troupes proposent une retranscription sur disque de leur tournée de 2004, à savoir une musique beaucoup plus humaine que Godspeed & consorts, basée sur un entrelacement de cordes (guitares dissonnantes, violons, contrebasse) mais aussi sur 7 voix, tout le groupe chantant à tour de rôle, souvent dans des choeurs poignants.
La voix erraillée d'Efrim a bien évidemment le dessus, les autres chantent souvent faux ; mais à vrai dire on s'en fout, l'émotion passant dans toutes ces voix étant immense.
Le disque s'ouvre par un ambitieux "God Bless Our Dead Marines", titre en trois parties, presque pop pour le groupe, à la rythmique rappelant de la musique traditionnelle juive, et se finissant donc par un sublime canon. Le titre résume à lui seul tout ce qui va suivre : mélange de tension, d'émotion, et un parti pris musical original et sans concession.
Le deuxième titre "Moutains Made Of Steam", une des plus grosses réussites de l'album, est un impressionnant crescendo de 10 minutes, basé sur des voix répétitives et un rythme de contrebasse. On étouffe sur ce titre, la charge est presque trop forte.
Le troisième "Horses In The Sky", petite ballade acoustique sans prétention, mais assez honnête pour être touchante, à l'effet d'une bouffée d'air frais entre le "Moutains..." et l'angoissant "Eddy Roosevelt Guns". Ce titre, le plus dissonant du disque, est d'une tension rarement atteinte par le groupe, et taille la part belle aux guitares et aux violons entêtants à la GYBE.
Tout le monde hurle "Canada I Have Never Been Your Son". Le message est clair, le morceau est obscédant, et vide complètement l'auditeur, notamment sur sa violente deuxième partie. Sur la cinquième plage, arrive le titre le plus délicat à chroniquer, le fameux "Hang On To Each Other", sommet des concerts, un canon pronfondément humain, un quasi cappella. Le titre est ici enregistré en plein air, en prise directe, on entend même le feu qui crépite... Cela sera sûrement le titre le plus décrié du disque, ici aucune qualité technique dans la prise de son, dans les voix, etc... Ce titre fera sûrement frissonner le fan, mais saoulera les autres... Fallait-il la mettre ou pas ?? Ici, on pense que oui, partager un titre profondément humain comme celui-ci est vital, même si la prise et la version offerte ne sont pas les meilleures que le groupe ait pu donner.
Par contre aucun doute sur l'incroyable "Ring Them Bells", le chef-d'oeuvre absolu qui clôture incroyablement ce quatrième album. Un piano lugubre accompagne un des chants les plus accrocheurs d'Efrim, avant que tout le groupe ne joue aux montagnes russes sonores (ici, retour de la batterie, des guitares saturées et de la basse), et laisse finalement place à une dernière plage d'une tristesse infinie.
Efrim chante comme s'il allait mourir, où ce piano entêtant nous tire la larme à l'oeil, et qui laisse place progressivement à un feedback presque désagréable qui stoppe net ce disque immense, magnifique, parfois maladroit mais d'une sincerité désarmante, chose de plus en plus rare sur nos platines...