Take Fountain
- Label : Scopitones
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 15/02/2005
Quel changement à la première écoute ! La voix de Gedge, d'abord: beaucoup moins gutturale, moins rapeuse, moins fausse. Aurait-il arrêté de fumer ? Et puis ces ch?urs léchés ("I'm From Further North Than You", "Larry's"), ces violons mielleux ("Mars Sparkles", "Perfect Blue"), ce piano mélancolique ("Don't Touch That Dial")... Aux premières écoutes, on dirait que le groupe a noyé ce son original qui le caractérisait dans une production aux petits oignons.
Pourtant, dès le deuxième morceau ("Always The Quiet One"), on retrouve des ambiances plus familières: le "mur sonore" est atténué, mais il resurgit au fil des morceaux et au fil des écoutes. Et quand arrive "Ringway To Seatac", on est rassurés: c'est bien un morceau du Wedding Present, mélodique mais nerveux, dense, rythmé et bruyant juste ce qu'il faut.
En fait, cet album est simplement le premier des Weddoes à bénéficier d'une production à la hauteur de leur talent. Ca perturbe un peu au début, comme quand votre meilleur pote vire la vieille veste en jean crado dans laquelle on l'a toujours connu. Ces nouveaux atours rapprochent leur registre de celui d'artistes plus récents et plus intimistes, comme I am Kloot ou Calexico ("Queen Anne"). Pour autant, ces arrangements soignés n'ont pas fait disparaître cette rythmique d'acier et ces guitares rageuses qui reviennent dès que l'on commence à s'attendrir: vous qui vous fiez aux 30 premières secondes de chaque morceau pour vous faire une idée d'un album, persévérez ! Plus que jamais, le Wedding Present carbure au diesel, mais c'est pour mieux faire ressortir la puissance de ses morceaux, la sève de ses mélodies et la justesse de ses breaks. Il y a peut-être plus de morceaux lents, mais ce ne sont jamais des ballades vendeuses.
En résumé, le professionnalisme n'a fait disparaître ni l'énergie, ni le sens de l'écriture. Un des très bons albums de ce début 2005, en le laissant mûrir quelques jours...