White Light / White Heat
- Label : Polydor
- Format : Album / CD Vinyle K7 Audio
- Date de sortie : 01/11/1967
Cet album est à l'image de sa pochette : noir et terrifiant.
White Light / White Heat est un véritable hymne aux drogues : la lumière blanche représentant les "flashes" provoqués par les acides, et la chaleur blanche étant la vague de chaleur ressentie au niveau des dents suite à l'absorption d'amphétamines. Dès lors, le premier titre (White Light / White Heat")annonce la couleur!
Durant les 40 minutes que dure l'album, l'auditeur subit les assauts des sons de guitares saturées causés par les amplis poussés à fond pour l'occasion: le Velvet avait décidé d'enregistrer avec le vumètre dans le rouge.
Cependant, le second morceau ("The Gift") est un exercice de style rarement tenté et toujours inégalé: John Cale a proposé de mettre en musique une nouvelle noire écrite par Lou Reed alors qu'il était à l'université (l'histoire d'une jeune fille qui tue, par hasard, son petit ami caché dans un paquet cadeau!). Le résultat est plus qu'intéressant: le texte est enregistré sur le canal de gauche et la musique sur le canal de droite, ce qui laisse le libre au choix à l'auditeur de les écouter séparément ou simultanément.
"Lady Godiva's Operation" est écrit par un Lou Reed marqué par les séance d'électrochocs subies à 17 ans, et "Here she comes now" est une pop song magnifique qui aurait pu trouver sa place sur l'album suivant tant elle est emplie de grâce et de légèreté.
Les deux derniers morceaux sont surement les plus intéressants de cet album. "I Heard Her Call My Name" est à la base également une pop song superbe mais qui est transcendée par les larsens provoqués par les amplis poussés à fond. Enfin, "Sister Ray" conclut "White Light / White Heat" en quelques 17 minutes. Ce morceau est sans aucun doute le meilleur enregistré par le Velvet. Que dire? Le VU cotoie l'apocalyse? Eh ben, on en est pas loin... Sur "Sister Ray", le VU se libère de toute contrainte artistique et enregistre ce morceau en une seule prise. Reed et ses comparses explorent toutes leurs possibilité sonores, se laissant librement aller au gré de leurs inspirations du moment. "Sister Ray" ou l'art de tutoyer l'approche artistique de John Coltrane ou d'Ornette Coleman. De plus, dans cette chanson tout n'est qu'allusions à la défonce et aux shoots (Sister Ray étant le nom que Lou Reed donnait à sa seringue).
On ne sort pas indemne de cet album, non. On se trouve dans cet état: ébêté et abasourdi. Mais "White Light / White Heat" est là, noyé parmi nos albums du Velvet et des Stooges. Et de temps en temps, il nous prend l'envie (curieuse) de le mettre sur la platine, pour voir... Pour voir s'il fait nous encore le même effet... Et bien oui, encore et toujours...
Le premier album du Velvet aura été un échec commercial, celui-ci sera le sera tout autant si ce n'est plus. Etonnant, non?