The Velvet Underground & Nico
- Label : Polydor
- Format : Album / Vinyle
- Date de sortie : 18/01/1967
Pour certains l'histoire du rock commence ici. Ils n'ont sans doute pas totalement tort.
Cet album figure parmi les plus traumatisants de l'histoire. Fondé initialement par Lou Reed et John Cale, le Velvet est également composé du guitariste Sterling Morrison et de Moe Tucker à la batterie. Après une rencontre avec Andy Warhol, ce dernier décide de les produire et leur présente Nico, une actrice allemande et chanteuse à ses heures. Le résultat sera tout simplement exceptionnel.
Tous les sujets les plus dérangeants sont abordés dans cet album. Tout d'abord la paranoïa dans l'excellent "Sunday Morning", les drogues et leur dépendance ("Waiting for the Man", "Run Run, Run" et le chef d'oeuvre que l'on ne présente plus "Heroin"), le masochisme phisyque (dans le splendide "Venus in Furs") ou mental ("Femme Fatale")... Bref, tous les thèmes capables de choquer profondément l'Amérique puritaine de l'époque (et d'aujourd'hui).
Ainsi, tout est présent pour que cet album soit un flop commercial: effectivement le Velvet accusera un échec cuisant à sa sortie. Mais voilà, 35 ans plus tard, cet album est un chef d'oeuvre. Les chansons de Nico sont stupéfiantes ("All Tomorrow's Parties" ou "I'll be you Mirror"). "European Son" se révèle être un brûlot bruitiste et enragé d'une efficacité incroyable. "The Black Angel's Death Song" est superbe par le jeu du violon mais également par l'idée d'enfiler les mots pour le simple plaisir des sonorités (dixit Lou Reed). Quant à "Heroïn", il s'agit tout simplement de la transcription musicale d'un shoot de blanche: le morceau débute calmement, puis les battements du coeur marqués par la batterie de Moe Tucker s'accélèrent, ainsi que l'afflux sanguin représenté par le violon de John Cale, jusqu'à atteindre l'orgasme et retomber net... calme... le corps ne demandant qu'à revivre cette expérience.
Il s'agit donc d'un album parfait du début à la fin, le second s'annonçait donc excellent...
PS: La légende veut que chacune des quelques milliers de personnes qui ont acheté cet album, aient formé un groupe.