Room On Fire
- Label : BMG
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 06/10/2003
Le dernier album des Strokes, intitulé Room on fire, n'aura pas fait l'unanimité du côté des critiques qui, après la révélation de leur premier album, les attendaient au tournant...armés jusqu'aux dents. Un article du magazine Magic de novembre-décembre 2003, avant de défendre les qualités de l'album, le constate en ces termes : "En France, l'accueil critique n'est pas aussi dithyrambique qu'il y a deux ans et les fines plumes de la critique se surpassent pour mieux tenter de détourner un constat amer autant que cruel : l'effet surprise de Is this It ne joue plus."
Oui, c'est vrai que ceux qui mettent Room on fire sur leur platine entendront le groupe new-yorkais The Strokes. Et les gars ne sont pas passés du rock à la salsa. Mais est-ce que l'effet de surprise était l'unique qualité de Is this It ? D'ailleurs, de quel effet de surprise s'agissait-il ? La surprise de voir le fils de John Casablancas, fondateur et président de la maison de mannequins Elite, faire du rock et le faire bien ? La vraie surprise du premier disque (sans considérer sa belle pochette...), qui se prolonge avec Room on fire, était bien sa qualité, d'autant plus frappante que le contexte en matière de production musicale à guitare était morose (et l'est toujours). Le disque, qui ne dure qu'une grosse demi-heure, s'ouvre sur un titre très péchu et négligé à souhait, où Julian Casablancas chante de sa voix éraillée "I wanna forgotten, and I don't wanna be reminded"...Puis s'est une enfilade de titres rapides et diablement efficaces pendant lesquelles le chanteur semble régler ses comptes avec la vie en générale et peut-être une fille en particulier : le malaise est perceptible. Il avouera au même magazine Magic, que le succès foudroyant du premier album lui avait coûté sa relation avec sa copine. L'effet libérateur à l'écoute de Room on fire vient d'ailleurs de cette indépendance qu'il décide et affirme (dans Between Love and Hate notamment), comme un ras-le bol après avoir été trop déçu et même persécuté (il chante simplement "Can't you find some other guy ?" dans The end has no end).
Un disque qui part fort et atterrit avec énergie et amertume. Il laisse une excellente impression. Un vrai disque de rock ; et l'on se pose donc autant de questions sur la santé du chanteur que sur la longévité du groupe. Mais on ne s'en pose plus sur son talent.