Machina II / Friends And Ennemies Of Modern Music
- Label : Constantinople
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 05/09/2000
Avant la sortie de Machina/The Machines Of God, le cerveau hyperactif de Billy Corgan voyait ce dernier comme un nouveau double album, double album rimant assez bien avec concept album. Virgin a dit non.
Alors il s'est dit "On le sort en deux parties distinctes". Virgin a dit non.
Il a donc décidé du haut de sa soutane de l'époque de le filer gratos à tout le monde, via internet. Virgin a dit merde.
Le disque est donc la suite de Machines Of God, ou plutôt la partie oubliée au moment du final-cut. La production est très brute, le groupe revenant ici à un son bien crade. Quelques perles bien connues des amateurs de bootlegs live sont présentes, comme ces furieux "Glass Theme", "Cash Car Star" ou "Speed Kills". Des titres plus atmosphériques ("In My Body") font jeu égal d'intensité avec le rock furibard de "Dross" ou "White Spider". On trouve aussi une reprise de James Brown, l'excellent "Soul Power", la partie instrumentale de "Glass And The Ghost Children" est présente via "Le deux machina", sans oublier "Saturnine" ou "Here's To The Atom Bomb" (qui renaitront sur Judas O).
Entre tout ça quelques joyaux brillent plus que d'autres: "Go" est de très loin la meilleure chanson qu'a jamais écrite et chantée James Iha, "Home" est d'une évidence mélodique renversante mais surtout il y a ici "Let Me Give The World To You", titre extraordinaire que Corgan himself considère comme un de ses sommets mais qui ne trouva de place ni sur Adore, ni sur Machina/The Machines of God et donc échappa à l'exposition médiatique que cette merveille méritait. Ce titre aurait pu faire retrouver au Pumpkins le succès commercial d'un "1979" et aurait peut être changé la donne...
Le son pas toujours très clair du disque irritera peut être les fans de U2 mais les Pumpkins montraient ici qu'ils étaient bien au dessus du reste et qu'ils étaient, pour ceux qui l'avaient oublié, un putain de groupe de rock qui:1 ne se foutait pas de ses fans (combien de groupes ont offert un disque gratos ?); 2 déchirait tout sur son passage, tel une Heavy Metal Machine.
Il fallait le rappeler.