Let It Be
- Label : Twin/Tone
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 02/02/1984
The Replacements est un groupe de Minneapolis (ville qui a vu éclore nombres de groupes talentueux tels Hüsker Dü et Deftones...) associé à la mouvance hardcore des années 80. Mais, à l'instar de Hüsker Dü, ne se sont jamais cantonné à un style: le génie traverse les genres, c'est bien connu !
Marqué de l'empreinte de son leader charismatique et influent Paul Westenberg, The Replacements accouche d'un véritable chef-d'oeuvre en 1984.
Hardcore et pop se marient admirablement sur le disque. Dès le morceau d'ouverture, où nous retrouvons la présence de Peter Buck de R.E.M., les ambitions sont affichées: nous donner un disque pop mais à leur style ! "I Will Dare", donc, est un morceau pop joyeux, léger sur lequel la voix de Paul Westenberg, légèrement éraillée, fait merveille.
"Favorite Thing" et "Answering Machine" sont des morceaux plus énergiques, post-punk, qui portent l'héritage d'un groupe comme les Buzzcocks. Mais ils ne se réduisent pas à cela. On ressent toujours chez Westenberg l'envie d'amener les morceaux vers leurs limites, de les faire dérailler vers autre chose, de marier les styles et les genres, entre ralentissement et explosion...
L'auditeur jubile devant tant de talent!
"We're Coming Out" fait penser à de la power pop (façon Offspring avant l'heure) quand tout à coup, le rythme baisse, des claquements de doigts dans la plus pure tradition pop apparaissent... puis de nouveau c'est l'accélération et la chanson finit dans un tourbillon hurlant de dissonnances ! Cet album génial ravage tout sur son passage !
"Tommy Get's His Tonsils Out" montre l'influence des Clash sur le groupe (on aurait pu choisir pire !) quand arrive un morceau anthologique "Androgynous". Il s'agit d'une ballade au piano légèrement rétro que le mot de sublime ne peut qu'à peine effleurer. La voix de Westenberg ruse de malice et nous emporte...
"Black Diamond" nous dirige vers des contrées hard rock (tendance Black Sabbath) tandis que "Unsatisfied" mélange à merveille hardcore et ballade pop à la manière de Hüsker Dü.
"Gary's Got A Boner" semble une chanson hommage au rock 60's et plus particulièrement à T-Rex, avec des solos endiablées de haute volée.
"Sixteen Blue" quant à elle, est une ballade aux accents pop-folk sublime qui évoque Radiohead (et plus particulièrement "Vegetable" de Pablo Honey...)
Bref, cet album ne contient que des chefs-d'oeuvre, des perles... Il fait la preuve du talent multiforme de Paul Westenberg.
Quand le hardcore est capable de nous emmener en autant de contrées musicales diverses et variées, il ne nous reste plus qu'une chose à faire... crier au génie !