In And Out Of Control
- Label : Vice
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 05/10/2009
Il y a des groupes qui appuient là où ça fait mal, d'autres qui caressent là où ça fait du bien. Les deux Danois se placent au coeur de la deuxième catégorie, précisemment là où c'est tout colorant et où c'est doux et acidulé sous le palais. Leurs chansons ? Une série de bonbons gelatineux ou des sucettes, attention, pas un bubblegum très vite sans saveur.
Pretty In Black contenait son lot de sucreries luxueuses ("Seductress Of Bums", "Uncertain Times", "Here Comes Mary"), Lust Lust Lust -en 3D et 3 fois, insistant comme pour dire que c'était leur thématique depuis le début- son équilibre et son homogénéité ; In And Out Of Control porte à la perfection le terme de "successeur". En fait, non : il n'est ni la soeur ni le frère de Lust Lust Lust, mais le même être avec 2 ans de plus - fougue et innocence intactes.
Cette année, Camera Obscura sortait aussi son 4ème album, une splendeur sans nom qui, en fait, en avait un : My Maudlin Career. Un peu comme du Raveonettes sans noisy, so sweet. Empli d'une langueur inatteignable et, dans un sens, un poil trop irréprochable. En quelques sortes, l'opposé d'un corps dont les défauts font partie de ses charmes.
The Raveonettes, eux, n'apposent pas à côté du titre le label 100% bon goût, sous titre : fond musical pour bobos. Mélodiquement riche et généreux sur les refrains entêtants (c'est rassurant), le duo sait toujours faire du bruit - en témoigne la première partie de Break Up Girls.
Fidèles à leurs influences qu'il est inutile de rappeler (un sourire à Jesus And Mary Chain avec "Candy", un hommage à The Angels avec "My Boyfriend's Back"...) cette fois-ci, et même si c'est pas fait exprès, ils en citent même une (Suicide), à la manière d'Indochine (Marilyn, Belle And Sebastian) et, sur "Last Dance" (qui n'a rien à voir avec celle de Cure ou celle de Donna Summer ou celle de... Kyo!), ils font "ouwouuuuouu" comme Nico Sirkis à qui ce groupe ne déplairait certainement pas.
A qui d'autre parlaient The Raveonettes si ce n'était à l'auditeur gourmand quand ils chantaient : "I know that you want the candy, I know that you want the candy" ? Oui, encore et encore, la réussite de ce disque se trouvant dans le fait de ne jamais le faire parvenir à l'écoeurement. Mais bon, comme d'habitude, tout n'est que question de goût.