A Truckload Of Trouble: 1986-1993
- Label : Seed
- Format : Compilation / CD
- Date de sortie : 28/09/1993
Parler du rock écossais sans évoquer les Pastels, c'est un peu comme causer philo sans jamais citer Jean-Claude Van Damne. Pure hérésie. Pourtant sur l'échelle de la reconnaissance, les Pastels sont loin derrière, au hasard, Jesus & Mary Chain qu'ils ont précédé et sans doute grandement influencé. Etat de fait assez incompréhensible qu'une bonne compilation distribuée dans les écoles, pourrait à terme réparer.
Idée à soumettre au ministère de l'Education Nationale. D'autant que la compile en question existe déjà : A Truckload Of Trouble, sous-titré 1986-1993. De la renommée fugace sous le sceau C 86 à la disparition médiatique dans les années 90 pour cause de nouvelles modes et de productions au compte-goutte. Soit une merveilleuse collection triée de singles et face B, idéale pour faire connaissance avec nos amis écossais.
Amis pas forcément dès le premier contact. C'est même rare. On aurait plutôt tendance à les regarder mauvais ces Ecossais gnan-gnan qui déversent avec indolence camée leur pop malléable comme du chewing-gum prémâché. Une pop faite de mélodies au ralenti fréquemment floutées par des guitares qui embrument l'esprit. Et puis les voix... Car les Pastels se distinguent aussi et peut-être même avant tout par le chant atypique qu'ils prodiguent. Et là ça peut franchement coincer pour celui ou celle élevé à la bienséance vocale. Des voix féminines calquées sur le modèle fragile et timide d'une Moe Tucker, ça passe encore. Mais la voix mâle, celle de Stephen Pastel, c'est moins sûr... Tellement particulier ce phrasé cajoleur et ces intonations curieusement ébahies. Entre le demeuré léger et le séducteur crooner. Personne n'osait chanter comme ça avant. Même après d'ailleurs. Impressionnant comme détestable, c'est au choix. Mais le plus souvent, l'un efface progressivement l'autre.
Processus identique pour l'ensemble. D'abord ça sonne fausse note, et puis deux trois écoutes plus loin l'euphorie gagne du terrain et tout à coup, sans prévenir, cette pop stupéfiante devient évidente. Miracle dont on ne se remet pas. "Thank You For Being You", "Comin' Trough", "Crawl Babies" (peut-on faire meilleure intro riffée ?), "Dark Side Of The World", "Speeding Motorcycle" (sans doute la meilleure version du classique de Daniel Johnston), "Baby Honey"... De quoi devenir sérieusement accro.