The Devil, You + Me
- Label : City Slang
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 12/05/2008
Comment succéder à Neon Golden? Question délicate pour les frères Acher et Martin Gretschmann, et ce pour deux raisons: l'album constitue sans aucun doute le sommet d'une discographie atypique (des premières sorties noise rock avant de se tourner avec bonheur vers l'Electropop) et d'autre part parce que l'attente aura été longue, le précédent effort datant déjà de 2002.
Il fallait alors, pour The Notwist, jongler. Poursuivre sur leur terrain de prédilection: une pop raffinée, aux arrangements multiples et chantée avec la mélancolique retenue de Markus Acher tout en sachant se renouveler. La présence d'un orchestre permet ainsi au groupe de donner une dimension nouvelle à leur musique, mais le tout reste toujours très intimiste: le groupe évite avec brio l'écueil d'une musique trop orchestrée. Les violons de "Where In This World" témoignent d'un certain talent pour utiliser subtilement l'attirail orchestral. La multiplicité des instruments est pensée comme une nouvelle couche sonore, aussi fine et délicate que les autres.
Car la base musicale, véritable ligne de force, du groupe reste la même. Des beats peut être un peu moins appuyés, plus lancinants, utilisés avec plus de parcimonie se combinent donc toujours avec des éléments électro-acoustiques dont on sent qu'ils sont appréhendés comme sources de textures autant que de mélodies. La production est d'ailleurs remarquable: un véritable travail d'orfèvre. Les structures des morceaux se font moins évidentes, moins directement pop et se veulent le plus souvent apaisants (l'émouvant "Gloomy Planets" ou encore le douceureux "The Devil, You & Me").
Sur les douze titres, The Notwist parvient tout de même à offrir une approche variée (le presque angoissant "Alphabet", le clairement glauque "Planet Off" mais aussi les gentillets "Boneless" et "Gone Gone Gone"). The Devil, You And Me constitue donc une excellente cuvée et remet The Notwist sur le devant de la scène, parmi les groupes qui comptent.