Carved In Sand
- Label : Mercury
- Format : Album / CD Vinyle K7 Audio
- Date de sortie : 08/02/1990
Jouissant d'une renommée plus que légitime dans l'univers rock gothique, la discographie de The Mission commence à s'étoffer : The First Chapter, un premier album qui donnait le ton et le style du groupe, venait ensuite le très glacé mais néanmoins riche en émotion Gods Own Medecine suivi de Children certes moins convaincant de part des compositions moins incisives et qui plus est doté d'un son numérique limite insultant pour le consommateur/acheteur.
Ce Carved In Sand dont la production de Tim Palmer est remarquable innove en partie dans un registre jusque là non abordé par le groupe ce qui constitue un virage et le début d'une nouvelle ère musicale. The Mission évolue, travaille ses arrangements et propose ici un chef d'oeuvre, point culminant d'une carrière qui malheureusement ne cessera de décliner par la suite....
L'ouverture du disque, "Amelia", est pour le moins surprenante, un accord sec et rapide de guitares... acoustiques vite rattrapé par la voix de Wayne Hussey qui hurle comme s'il était dans l'urgence. Le morceau prend encore plus d'envergure lorsque déferle le reste des instruments pour offrir 2 minutes 53 de tension s'achevant sur un dernier larsen servant de transition au très missionien "Into The Blue" : pur retour au source, une intro rappelant l'époque Gods Own Medecine avec ses guitares aériennes, sa rythmique lourde et soutenue et le timbre glacé de son interprète.
Deuxième surprise, "Butterfly On A Wheel", boite à rythme et nappes de claviers pour débuter, douceur dans la voix, le morceau ne cessera tout son long de monter en puissance, pour finir en plage musicale... magnifique.
"Sea Of Love" nous transporte d'entrée dans un nouvel univers par une longue intro à forte consonance indienne, la suite est plus classique, on revient vers le style, pour clore le morceau comme il avait commencé. Attention, ce qui suit est un moment d'anthologie, un hymne à lui tout seul, comme un appel au peuple : "Deliverance", la meilleure compo jamais écrite par le groupe, 6 minutes 04 de légende. Toute ta vie tu retiens ce refrain hypnotique ?give me, give me, give me, deliverance...'. Il fallait un break à ce moment du disque, c'est chose faite avec "Grapes Of Wrath" : synthé, piano et voix puissante d'Hussey pour permettre à l'auditeur de souffler un peu.
Ce n'est que pour mieux rebondir avec encore plus de force dans "Belief", le titre le plus dense, une rythmique lourde une basse vombrissante, beaucoup de coeurs (masculins) dans le refrain, un titre qui tend vers un rock plus progressif de part sa longueur, du caviar pour les oreilles. "Paradise" débute alors, guitare, chant, on croit alors retomber vers du tranquille mais non, 2 minutes 22 après tout s'accélère, une autre facette du groupe capable d'imposer une rythmique plus punk rock que d'habitude. Et il persiste avec le non moins speed "Hungry As The Hunter", toujours dans le tempo bénéficiant d'un break très ?simple mindien' grande époque, pour finir en un dernier accord saturé genre guitares retournées vers l'ampli.
Comment clore alors ce "Carved In Sand". En prenant une dernière fois à revers l'auditeur. Ambiance très bucolique, gazouillis d'oiseaux, guitare sèche et chant. Une image apparaît alors à notre esprit, Wayne Hussey assis, appuyé contre un arbre, sa gratte en mains, une bonne mousse bien fraîche pas loin, croyant en plein de choses comme il le dit lui même durant ses 2 minutes, serein d'avoir accompli avec ses compères, Simon, Mick et Craig l'album majeur de cette année 1990, qui près de 20 ans après n'a toujours pas pris une ride. Ils l'ont accompli... la Mission.