The Bedlam In Goliath
- Label : Rodriguez Lopez Productions
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 29/01/2008
L'année 2008 sera une année 'I Believe in the Volta'.
Donc après Amputechture en 2005, voici enfin le retour de The Mars Volta avec The Bedlam In Goliath. Pour enregistrer ce disque il aura fallu au groupe affronter la malédiction du Ouija offert par Omar à Cédric, et accessoirement changer de batteur, exit Jon Théodore, batteur multi-bras, voici Thomas Prigden, jeune surdoué à la frappe convulsive.
The Bedlam In Goliath est certainement l'album le plus accessible depuis Deloused At The Comatorium, avec des chansons plus courtes: le single "Wax Simulacra" dure 2min 38. Pour autant The Mars Volta continue sur sa lancée, convoquant tous ces artisans à tous les postes, le saxophone et la flûte d'Adrian Terrazas, le Wurlitzer de Isaiah Ikey Owens, la basse folle de Juan Alderte. John Frusciante reste de la partie, sa guitare plus identifiable que jamais (le riff saturé persistant d'"Agadez" renvoie à celui d'"Emit Remus" des RHCP). Le changement notable chez Omar réside peut-être en l'abandon (relatif) de son vieux Delay à bande, la guitare est plus incisive. Cedric chante encore une fois à des hauteurs inimaginables et rarement sans effets: espérons que sa voix soit à la hauteur lors des prochains concerts.
Alors petit tour d'horizon: "Aberinkula" ouvre l'album en laissant d'emblée 'le bleu' Thomas Prigden allumer ses fûts, à plein régime dès la première seconde. "Metatron" suit la même veine, rappelant certains passage d' Amputechture. Deux morceaux très chargés donc, suivis par "Ilyena". C'est est une chanson très accessible, la mélodie est énorme et donne presque envie de danser. La clavinette (clavier dérivé du clavecin) que l'on entend un peu partout y est surement pour quelque chose ! "Wax Simulacra" renvoie plus directement à Deloused..., un "Roulettes Dares" condensé en deux minutes, sans une seule note manquante !! "Goliath" n'est autre que "Rapid Fire Toolboth", morceau déjà présent sur la BO Se Dice Bisonte, No Buffalo mais en accéléré aussi. Le break basse batterie (à 3 min50) devrait enflammer pas mal de fosse en tournée. "Tourniquet Man", est un peu la pause syndicale de l'album, une ballade tristoune, bourrée d'effet (même un peu trop), qui augure peut-être le prochain album du groupe ? "Cavalettas" est le morceau le plus violent de cet album, un des plus complexes aussi: le chaînon manquant entre Amputechture et des reliques d'At The Drive-In ? "Agadez" est énorme, trés mélodique, lancinante, hypnotique et nous conduit tout droit vers "Askepios", où l'on sent tout le poids de la malédiction qui plane sur le groupe, ambiance fin du monde garantie en première partie, 'envoyage de patate' garanti en quelques secondes. "Ourobouros" est une bombe mélodique, la quintessence de tout ce que le groupe sait faire aujourd'hui. "Soothsayer" nous emmène tout droit au Moyen Orient, l'appel du Muezzin renvoyant à l'imagerie religieuse qui entoure ce disque, en effet un grand nombre de références sonores et visuelles renvoient à la fois à l'Islam et au Christianisme où comment faire fuir l'esprit vengeur du Goliath. "Soothsayer" est de l'accabit de "Kashmir" ou "No Quarter" de Led Zepplin. "Conjugal Burns" est l'énième prouesse d'un album trés chargé mais rarement décevant.