The Age Of The Understatement
- Label : Domino
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 25/04/2008
Alors c'est assez simple. Vous prenez un Rascals (un quoi ?), un Arctic Monkeys (ah oui là je vois) et vous obtenez le nouveau groupe pop from Britannia au nom le plus crétin depuis les délires patronymiques de l'école C 86 : The Last Shadow Puppets. Et pas n'importe quelle pop. Celle-là est affublée d'une riche orchestration cordée et cite à tout bout de pistes les héros sixties du genre.
Chose peu évidente sur le papier. Car même si on sait Alex Turner (le Arctic Monkeys donc) capable fugacement de pop-songs renversantes, on est loin d'imaginer qu'il puisse jouer dans la catégorie sus-citée, si éloignée de son terreau rock morveux. Mais c'est que lui et son pote Miles Kane (le Rascals donc) s'ils n'en ont jamais fait étalage dans leur groupes respectifs, sont bien des fans du genre cultivé de cette pop qui s'étalonne alphabétiquement de Burt Bacharach à Scott Walker et qui passe par les maître ès BO Ennio Morricone ou John Barry.
Érudition qui peut aider. Mais encore plus peut-être, ce qui peut aider c'est l'appui musclé d'Owen Pallett à ce projet. Le violoniste qui a notamment bossé avec Arcade Fire et qui fait son bonhomme de chemin sous le titre Final Fantasy, a été chargé par les deux compères de la partie cordée. Difficile de déterminer l'exacte participation du Canadien au schmilblick Puppets (ainsi que celle du producteur, le Simian James Ford) mais le résultat est là : de la grandiloquence bourrine de la chanson-titre à la douceur feutrée de "The Time Has Gone Again", The Age Of The Understatement n'est ni soupe ni carton pâte mais bien une belle oeuvre référéncée.
Avec des chansons parfaites mitonnées par nos acnéiques anglais qui n'ont pas tant à rougir d'une comparaison fallacieuse avec leurs aînés modèles. Quand ils laissent couler à la cool leur mélancolie, les Last Shadow Puppets ont même de quoi embarrasser les plus sceptiques : "Standing Next To Me", "The Chamber", "Black Plant"... Et quand ils laissent exploser cette tristesse romantique sous un flot torturé, alors là ça touche carrément au chef-doeuvre : "In My Room".
Ce qui au départ pouvait ressembler à un caprice d'enfants gâtés par le succès, ressemble méchamment à un petit coup de maîtres. Un possible concurrent à Divine Comedy qu'on pourra prendre au sérieux s'il décide de continuer sur cette voie, la bonne.