V
- Label : Wolftone
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 22/09/2017
V, comme la série ? À en croire la pochette réalisée par Erik Ferguson, on pourrait effectivement croire à un album hommage à quelque chose de malsain, voire d'extra terrestre. Mais ce serait plutôt V comme le cinquième album du groupe anglais, célébrant en même temps les dix ans de Strange House. Que de chemin parcouru !
Comparez "Sheena Is A Parasite" avec "Weighed Down", on a presque le sentiment d'avoir deux groupes distincts devant nous. Différents dans le forme, mais avec le recul, on distingue des accointances, même si évidemment c'est trop facile de faire ses rapprochements après cinq albums. Je ne suis même pas certain qu'eux imaginaient à l'époque prendre le virage Skying en 2011. Aujourd'hui les synthés copulent avec les guitares shoegaze, les machines en viendraient presque à prendre le dessus ("World Below") mais la poésie qui se dégage de la voix de Faris Badwan porte le tout vers le haut, on pourrait même dire à un niveau jamais atteint par le groupe.
Sur des titres d'apparence mièvres comme "It's A Good Life" porté par un piano classique, le morceau arrive à s'étendre, à surprendre, à nous sortir un arpeggiator presque hommage aux Who en guise de clôture, en passant par des moments synthétiques de très haute tenue. même quand ils se la jouent 80's ("Something To Remember Me By") avec tous les clichés propres à l'époque, ils magnifient le titre en une sorte de danse mélancolique avec de grandes envolées instrumentales, résumant presque en un titre tout une décennie de dance synthétique (à l'instar de GFOTY avec les années 00's, on vous en reparlera plus tard de cette fille).
Débutant l'album avec le soft indus de "Hologram" ou avec le premier extrait "Machine", on sent clairement que The Horrors cherche à explorer de nouveaux recoins, toujours avec ce volonté de ne pas tomber dans la redite, sans non plus chercher à approcher la création par son côté le plus abscons, ils restent dans une esthétique vraiment pop, comme sur l'immédiat "Press Enter To Exit", qui prend vraiment le temps de jouer sur les détails sonores sur presque six minutes. Le ressenti sur ce morceau est d'ailleurs valable pour l'intégralité de V, On sent que le groupe a vraiment voulu travailler les ambiances, chaque son de percussion, chaque beat sonne comme il faut, rien n'est laissé au hasard, même s'il intervient toujours dans la recherche sonore, ce coquin.
Chacune des dix pistes revêt une identité propre, chacune prend son chemin mais ils mènent tous vers la même direction. Ils s'influencent presque eux même, puisant dans les albums précédents pour n'en sortir que le meilleur, sans pour autant pouvoir dire qu'un titre aurait eu sa place sur un autre disque, ce nouvel album marque presque une nouvel étape dans la carrière du groupe. Moins radicale que celle franchit par Skying, mais une vraie évolution est visible. Je vais pas vous sortir le cliché sur le fait que les précédents n'étaient que des tentatives pour arriver à ce V car ils méritent vraiment tous une attention particulière. Ici tout est assumé, que ce soit le chant de Faris qui a lui aussi évolué, plus question d'éructations comme sur "Jack The Ripper". Les solos de guitares ou de synthés, ils osent et assument. C'est sans doute pour ça que ce disque est tellement réussi.