The Black And White Album
- Label : Interscope
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 08/10/2007
La principale question qui nous taraude avant l'écoute de ce nouvel album de The Hives c'est : est-ce qu'ils vont pouvoir à nouveau négocier une évolution comme ils l'avaient parfaitement réussie avec Tyrannosaurus Hives ? En effet, ce n'est pas évident de se remettre en cause en se cantonnant à un rock garage dépouillé.
Il y a déjà ce titre : The Black And White Album. Hommage aux Beatles ? A AC/DC ? Quand on connaît la malice du groupe, ce simple fait peut vouloir tout signifier et son contraire ! Veulent-ils montrer toute l'étendue de leur talent ou alors repartir de zéro pour asseoir leur réputation ? On ne saura sans doute jamais la véritable signification, s'il en existe une...
A l'écoute, premier constat : le son effectue un retour en arrière pour revenir à la simplicité brute et claquante de Veni, Vidi, Vicious en plus percutant (le budget n'est sûrement pas le même). L'expérience tentée (et réussie) sur le dernier album n'est plus de mise mais l'essentiel est que ça sonne parfaitement. Là-dessus, pas de problème.
Côté compositions également, les Hives ne remettent rien en cause. Mais là, par contre, c'est un peu juste. Il est certes impossible de révolutionner le rock dans ce style mais les albums précédents avaient tout de même démontré qu'on pouvait encore proposer des galettes garages intéressantes en 2000. The Black And White Album est loin d'être mauvais mais seuls quelques morceaux parviennent à véritablement sortir du lot. A ce niveau "Tick Tick Boom", "You Got It All... Wrong" ou "Bigger Hole To Fill" remplissent parfaitement leur rôle. On retrouve ici la maitrise du groupe pour accoucher de titres ultra-efficaces, chose beaucoup plus difficile à réussir qu'il n'y parait. Ils s'étaient également essayés à un rock plus dansant sur Tyrannosaurus Hives, ils assument ce penchant et en franchissent une nouvelle étape sur "It Won't Be Long" et "T.H.E.H.I.V.E.S.". On peut souligner l'effort bien que ces morceaux ne manqueront pas de faire grincer les aficionados du rock'n'roll pur.
S'il est un domaine où les Hives restent par contre excellents c'est celui des paroles. On retrouve avec grand plaisir la verve de Pelle Almqvist qui propose à nouveau des textes acides emprunts d'un second degré irrésistible. Il s'attaque toujours aux travers de nos sociétés capitalistes déviantes et égoïstes et des comportements qui en découlent avec une lucidité qui tache. Le recul dont il fait preuve devrait faire réfléchir les myriades de groupes de punks engagés qui manquent cruellement d'esprit d'analyse et dont les messages bas du front retombent faute d'amener une quelconque réflexion. Il faut savoir s'adresser à son public de manière adulte et réfléchie pour mieux se faire entendre et respecter...
The Black And White Album n'est ni l'album rock de l'année ni le meilleur des Hives, loin de là. Il porte bien son nom car il est ni bon, ni mauvais. Il reste néanmoins très loin devant les hordes de groupes fils-à-papa qui décrédibilisent le rock depuis quelques années. Même si le style est assez simple techniquement, il nécessite une connaissance et une maitrise parfaite pour atteindre un tel niveau. Ce disque intéressera tout de même les accros du groupe, du garage et ceux qui ne connaissent pas encore le combo suédois.