If Then Else
- Label : Century Media
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 01/07/2000
Le cinquième album des hollandais. Des guitares plombées que les neo-metalleux s'empresseront de piquer pour leurs médiocres recettes, aux synthés kitschs mais étonnamment succulents, en passant par les cordes et les samples toujours mesurés et jamais vulgaires... Si le format est cette fois-ci plus court (ce qui surprend au premier abord), les onze titres de cette année 2000 sont beaucoup plus éparpillés que le fabuleux voyage homogène que fut How To Measure A Planet ?, le but étant tout autre...
Avec If Then Else, The Gathering estimait qu'il 'était temps de faire un album qui botte le cul'. "Rollercoaster" et "Shot To Pieces" sont en cela un excellent début : le premier titre abat les racines du metal gothique à chant féminin en enrobant de machines et de cor (magnifique outro) le riff typique, tandis que le second relève les tempos habituels du groupe et s'avère étonnamment efficace de simplicité. Deux premiers titres beaucoup plus directs que tout ceux de l'opus précédent, qui a défaut d'être de véritables concessions offre une entrée plus aisée à leur univers que l'avait fait How To.... Cependant, il n'y aura par la suite guère plus d'autres morceaux pour rappeler par des plans aussi 'simples' et avec autant d'évidence le passé du groupe, le riff 'simple' de "Colorado Incident" empruntant magnifiquement une petite bifurcation Pink Floyd pour mieux annoncer les power chords qui suivent, et l'interlude "Beautiful War" étant d'une humeur trop optimiste pour rappeler quoi que ce soit de gothique.
L'apparence heavy de If Then Else est donc erronée du fait que The Gathering sache décorer (et pas maquiller) son metal des tissus les plus précieux. C'est en ce domaine que le groupe est le plus compétant depuis au moins How To..., l'inventivité sonore ("Analog Park" est magistral en puisant dans tout les registres) qui sait plaire en restant discrète, voire ici devenir carrément populaire : surtout les planants "Bad Movie Scene" et "Saturnine" qui en d'autres termes sont les tubes qu'Evanescence n'arrivera certainement jamais à faire, et qui mériteraient une chronique à eux seuls. A l'époque et pour ceux dont l'attention n'était pas monopolisée, il n'aura donc pas fallu beaucoup plus d'un mois pour faire taire les millions de stupides affirmations de l'autre continent criant au génie sonore du White Pony des Deftones. En ce sens, les lancinants "Amity" et "Morphia's Walt", s'ils sont très différents l'un de l'autre, n'auront même pas besoin de décocher un seul graisseux riff pour justifier leur présence, et deviennent en ce sens deux des écoutes les plus magiques.
Après quelques secondes de repos, le chapitre If Then Else se clôt en douceur sur une plage ambiante nommée "Pathfinder" dont il est difficile de ne pas tomber amoureux par sa capacité à mettre nos esprit en apesanteur : une autre chose que sait merveilleusement faire The Gathering.