Costello Music
- Label : Fallout
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 11/09/2006
Dans cette mauvaise troupe qu'est le (re)vival rock-pop-punk dansant facile à démouler, The Fratellis n'a semble t'il pas usurpé, et ce dès son premier album, ses galons de bon soldat. Largement moins minets et plus mûrs que les petits gars de The Kooks, ces écossais trempent malgré tout dans la même tambouille britannique assénée ces dernières années dans les rayons rock. La ligne directrice habituelle The Clash / The Libertines, défendue encore une fois par un groupe que l'on taxera assurément d'opportuniste.
Cependant, il y a beaucoup d'ingrédients qui rendent plus enthousiaste à l'écoute de Costello Music. Dont avant tout la bonne humeur. Ce disque est ensoleillé de mélodies poppy et du plaisir palpable que prennent les trois à développer leur musique. On imagine facilement que le groupe tient ses références quelque part entre Beatles et Clash, en y trempant allègrement leurs souvenirs enfantins des diffusions de Happy Days à la télévision. Si bien que tout au long du disque, Jon, Barry et Mince savent garder leurs auditeurs debout et les remuer dans un classicisme rock évident mais délectable. Car si ce n'est ici pas l'originalité qui prime, les treize titres vont rarement jusqu'à 4 minutes, ne laissant ainsi pas ou peu de repos pour reprendre son souffle ou être mécontent. Que cela soit avec un gros rock basique comme le direct "Flathead" ou un brit-blues plus épuré tel un "Creepin' Up The Backstairs" seul à la gratte mais tout de même dansant, ils ont une technique instrumentale suffisamment maîtrisée pour que leur rock balance de bons coups dans les dents et écrase toute suggestion d'imposture, quelques petites pointes bien trouvées en supplément.
C'est également la voix de Jon qui stimule cet enthousiasme, paraissant avoir plus de bouteille que la majorité des formations juvéniles de ce rockvival. L'accent écossais est bien entendu emprunt d'héritage brit-pop, mais on ne peut parfois s'empêcher de penser à Lennon et quelques autres grands chanteurs, aux détours de maintes montées d'adrénaline et des choeurs typiques. On ne s'en plaindra pas non plus...
Pour ceux qui ont aimé les Libs et qui pour s'éclater cherchent un substitut sans simagrées ni manchettes, The Fratellis est plus qu'un bon choix.