Snowball
- Label : Sarah
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 02/02/1989
Vers la fin des années 80, un label indépendant représentait avec panache la cause du rock indé : Sarah Records. Encore aujourd'hui, ceux qui ont connu cette époque en parlent avec des trémolos dans la voix. Quant à ceux qui sont nés trop tard, ils regrettent que personne n'ait repris le flambeau. Il faut dire que le catalogue était fameux : St Christopher, The Orchids, Another Sunny Days et puis les plus beaux, les plus sublimes : The Field Mice.
Auteur d'un premier single remarquable, puis de "Sensitive" (perle pop inconnue), qui sont regroupés avec d'autres (dont "When Morning Comes To Town", au texte désespéré et magnifique) en bonus-tracks dans la réédition du premier opus, ce groupe atteindra la grâce absolue sur Snowball.
Ici, la simplicité rejoint la pureté. Pas de surenchère, pas de manièrisme, juste des boucles mélodiques qui ne dépassent pas une octave ("Let's Kiss And Make Up") ou des poèmes sucrés ("Couldn't Feel Safer"). L'harmonie n'en est que plus retentissante. C'est en cultivant l'art de l'épuré (cf : l'utilisation virginale de la boîte-à-rythmes) que The Field Mice signe une fresque monochrome par soustraction de tout superflu. Ce qui veut dire une plus grande finesse.
Bien que dignes héritiers de toute la pop anglaise des 80'S : The Smiths, Felt, New Order, The House of Love, The Cure, le duo magique Wratten/Hiscock est parvenu à révolutionner le paysage musical de l'époque ("You're Kidding Aren't You ?" ou "Everything About You").
Les mélodies sont évidentes (le saturé "White"), parfois belles à pleurer ("End Of The Affair" est sans doute l'une des chansons les plus chargées en émotion jamais écrite), la voix de Bobby Wratten, douce et légère comme une plume, est insidieusement charmeuse, les guitares sont claires et délicates, les climats reposés : une ambiance relaxante et obsédante se dégage de ce premier essai totalement à part.
Snowball, avec ses dix ans d'avance, deviendra par la suite un objet de culte pour beaucoup, à commencer par le courant shoegazing qui trouvera là une merveille inégalée de romantisme.