Extricate
- Label : Fontana
- Format : Album / CD Vinyle K7 Audio
- Date de sortie : 19/02/1990
Contrairement à une idée reçue, The Fall n'est pas l'apanage d'une maigre portion de fanatiques élitistes réunis au sein d'une pseudo-secte. Non, The Fall s'il n'a pas et n'aura jamais le poids commercial d'un U2, est tout de même, après quelques années de dur labeur, le lauréat d'un joli succès. Du moins dans son pays où quelques singles se sont incrustés insidieusement dans les charts. Une (modeste) assise commerciale qui lui permet de briguer un contrat avec un nouveau label en ce début des années 90.
Extricate, premier album de la période Fontana, est également le premier album post-Brix. La californienne divorçant de son Jules avant l'enregistrement de l'album. Elle restera quand même marié près de 7 longues années avec Mark E Smith. Ce qui n'est pas un mince exploit si l'on s'en tient à la misanthropie légendaire du mancunien. Quoi qu'il en soit, Extricate est marqué par ce départ impromptu. Tout d'abord parce qu'il entraîne le retour au sein de la formation du guitariste Martin Bramah, disparu depuis Live At The Witch Trials (11 ans quand même !). Puis aussi par une nouvelle orientation musicale de fait imposée, Brix ayant pas mal avec son clavier bubblegum et son chant sucré contribué à la coloration pop de The Fall entreprise depuis Perveted By Language.
Tout cela reste cependant très accessible. Pas question de revenir tête baissée à une formule bâtarde de post-punk et krautrock, ou alors plutôt sur la pointe des pieds ("Extricate"). Parce qu'il s'agit avant tout ici d'appâter le chaland et pourquoi pas de le faire danser. On a peine à croire en entendant des titres comme "Popcorn, Double Feature", "Hilary" et surtout le single "Telephone Thing" que Mark E Smith n'est pas été directement influencé par sa Manchester natale alors en pleine ébullition baggy.
Même quand The Fall retrouve ses racines garage-punk avec les cultissimes Monks et leur "Black Monk Theme Pt I/ II", il les passe à la moulinette dance. Surprenante la première fois, cette reprise devient lassante dès la deuxième. Un peu à l'image de l'album d'ailleurs, qui contient pas mal de déchets comme la navrante "British People In Hot Weather" (rien que le titre...). Parmi les bonnes choses de ce disque, 2 morceaux à retenir qui empêchent de le classer dans les mauvais albums de The Fall: la chanson d'amour "Bill Is Dead" où Mark E Smith se fend d'un tendresse jusqu'alors inédite, et surtout "Chicago, Now!" ressemblant à du Go-Betweens qui aurait viré expérimental.
The Fall commence doucement la décennie 90. Décennie qui lui réservera de meilleurs moments qu'Extricate. Mais en attendant mieux les fans de l'époque pouvaient très bien se contenter de cet Extricate qui au final se laisse écouter, sans plus.