The Evens
- Label : Dischord
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 08/03/2005
Quatre années ! Ça fait quatre putains d'années que l'on attend un nouvel album de Fugazi. Si encore ils étaient en tournée... mais non. Et alors un beau jour, on apprend que monsieur MacKaye va sortir un album avec Amy Farina (The Warmers) à la batterie, sous le nom de The Evens... beh voyons, comme s' il n'avait pas mieux à faire, le Ian.
C'était clair et net, tant qu'il n'y aurait pas de nouvel album de Fugazi, on boycotterait The Evens. Attitude idiote, qui ne tiendra pas plus longtemps qu'une envie d'arrêter de fumer... Il a suffit que la rumeur gronde quant à la sortie prochaine de l'album pour que doucement, mais sûrement, toutes nos réserves tombent peu à peu. Après tout, il s'agit bien de Ian MacKaye, une des quatre têtes de Fugazi, groupe qui nous marqua à jamais et pour lequel on garde la plus profonde admiration. Et même si on préfèrerait les voir tous réunis pour un album, ils restent chacun, en tant qu'individus, des superbes musiciens.
Et donc un samedi après-midi, alors que les beaux jours arrivent enfin, alors que dans notre tête raisonne encore la douleur d'une gueule de bois sévère -mais juste-, on se retrouve presque par hasard dans les rayons de Ground Zero, pour avoir la surprise de trouver cet album de The Evens... en vinyle... et pour 12 ? seulement. Soudain, on se retrouve partagé entre l'excitation de réécouter la voix de Ian MacKaye et la crainte de n'avoir à faire qu'à une ?uvre anecdotique, un disque fait pour passer le temps, sans réelle valeur. Grossière erreur !
Dès les premières notes de "Shelter Two", on ne peut s'empêcher de se dire que, hum, c'est pas mal... Malgré toutes nos appréhensions, le charme opère quasi instantanément. Comment faire pour résister à ce véritable bijou musical ? Ian McKaye est grand ! Gloire à lui ! Sans prétentions aucune, mais avec talent et convictions, Ian et Amy nous offrent un moment de pur bonheur. Les mélodies, toutes plus efficaces les unes que les autres, s'enchaînent à merveille et caressent quelque chose en nous qu'il est impossible de définir. Ca fonctionne, c'est tout.
Les deux voix se conjuguent on ne peut mieux, le jeu de guitare de Ian est reconnaissable entre tous, et Amy Farina s'en sort plus que bien à la batterie. Nous passons allègrement de la chanson bondissante à celle davantage chargée en émotions, sans qu'à aucun moment la musique perde en qualité et en intensité. Loin de toutes mièvreries, on trouve des perles telles que "Sara Lee", "Until They're Clear" et "Minding Ones Business" (qui pourrait presque évoquer du Pram, période Dark Island dans sa mélodie), et la sincérité dont on sait Ian capable, transpire ici de toutes parts, jusqu'au chef d'?uvre final, "You Won't Feel A Thing".
On ne saurait trop présumer de l'accueil fait à ce disque par les amateurs-hardcore de Fugazi. En ce qui me concerne, je suis sous le charme depuis deux jours... et ceux qui mettent mon enthousiasme sur le compte de ma gueule de bois de samedi, doivent savoir que ce disque a également très bien supporté la gueule de bois de dimanche.