The Royal Society
- Label : No Death
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 18/01/2005
L'orgasme tant attendu de ce bouillonnement musical éructé et fantasmé dévoile enfin notre point G sans se faire attendre, dès l'envol des aigles du premier titre.
Toute batterie dehors, la voix rauque et envoûtante comme vingt mille philtres d'amour dissipés nous assurent à chacun, selon nos goûts, une intense, bordélique, psychédélique et inimaginable de surcroît, partie de jambes en l'air -en pogo peut-être- mais comme il faut.
C'est déjà clair que cette bande d'artistes dégénérés ont tout oublier de l'insatisfaction du minimalisme (le très heavy et très cochon "I Rejection") et balancent en renfort, sans la moindre pudeur, le grand jeu dès les premiers accords, les premiers suitements de basse ("Drunk Of The Blood") et la profondeur abyssale de ce souffle cadavérique qui se laisse abondamment fondre dans la gorge... C'est pour ça que ces types, que MC Jean Gab'1 traiterait sûrement de "types qui ondulent de traviole", n'apprendraient pas à qui que ce soit, du moins certainement plus à ceux qui les ont écoutés ou à eux-mêmes, comment être saints ("I Could Be An Angel"). Ces mecs là n'attendent même plus le passage de l'instrumentale ("Rise Of the Eagles d'une impertinence rare) pour se remettre gueuler, on les comprend: "trop long !".
Parfois, pourtant, la fureur laisse place à la sévérité silencieuse de ballades précieuses sur "Temple Music", "Dancing Girls" et le jazz de "Drunk The Blood".
Mais quand c'est l'ensemble de la Royal Society qui pue la maîtrise de leurs instruments ("Puppy Dog Snails" peut vous faire oublier toutes les mélodies effrayantes déjà entendues par sa simplicité hynotique), la soif d'un r'n'r baroque avec "The Fool" qui permet une fois encore de constater que les 80's ont enfin trouvé leur son, loin du hardcore pompeux pour faire vraiment flipper les goths par un boogie-core d'une sexualité traumatisante, notamment sur des titres tels que "Migrate Migraine" et ses vingts orgasmes...bon réveil après ça.
PS: "Mister Mental" élue meilleure chanson explosive de ce nouveau siècle. En plus des paroles déchirantes d'un "The Men Of The Way Of The Stuff", "Rise Of The Eagles" et du merveilleux "I Could Be An Angel".