Festival 2005
- Label : Geffen
- Format : Live / DVD
- Date de sortie : 27/11/2006
A quelques semaines d'écart, les deux groupes mythiques nés au début des années 80 sortent deux prestations live.
The Cure et Depeche Mode veulent montrer de quel bois ils se chauffent en présentant deux exercices aux antipodes : une tournée dantesque à la production Ultra sophistiquée pour présenter leur dernier album pour DM, une petite tournée de festival, juste pour le fun pour The Cure.
Il est amusant de voir à quel point le choix de la production joue sur le résultat.
Playing The Angel repose énormément sur la mise en scène, la sophistication du décor (très kitch) la pureté des images, la présentation de l'objet alors que The Cure offre un live craspouille, brouillon et incroyablement énergique.
Deux groupes au talent indéniable mais dont les objectifs semblent diverger.
Mais revenons à l'essentiel : The Cure.
LE groupe de scène qui n'a jamais cessé de tourner, d'enchaîner les festivals comme durant cet été 2005.
Une tournée sans but lucratif (le groupe n'a rien de nouveau à promouvoir) juste pour le plaisir de se retrouver sur scène et de roder la nouvelle formation qui voit le retour de Porl Thomson.
Ce DVD présente donc une setlist de rêve ou chaque titre est tiré d'un festival différent. Les morceaux joués sont issus des quelques 13 albums du groupe avec une forte présence des morceaux de Wish 1992.
Les interprétations font preuve d'une énergie débordante et reflètent à quel point le groupe est heureux d'être sur scène. Robert Smith est très inspiré à la guitare et offre des passages dantesques. Même "The Baby Screams" titre assez pop et lourdaud prend ici une veine rock et dynamique. Les points forts sont "The Drowning Man" merveilleusement émouvant, tous les titres de Pornography en particulier "A Strange Day", "Open" et "Push" puissants et jouissifs, "At night", le premier des 3 titres du rappel tiré de 17 Seconds, époustouflant de retenue, de puissance et de justesse et Faith unic.
La présentation impose un partit pris qui peut paraître pénible au départ mais que je trouve finalement assez justifié.
Le groupe a donné des caméras aux membres du staff et à certains fans. La prestation est donc filmée depuis le public, l'arrière de la scène ou avec le matériel pro du festival. L'image varie du petit film que l'on peut trouver sur YouTube, du reportage de roadie qui immortalise le show depuis les coulisses à l'image de pro diffusée sur les écrans, la colle étant le son impeccable. Il est presque regrettable que le jeux n'ait pas été poussé plus loin jusqu'à filmer le public de l'intérieur et ses réactions.
Le résultat résume très bien ce que The Cure peut donner en concert dans ses bons jours : un show pas parfait (je veux dire pas huilé), avec une grande dose d'émotions, de communion, de fouillis, un peu à l'image de la tignace du maître finalement.