Strung Out In Heaven
- Label : TVT
- Format : Album / CD Vinyle K7 Audio
- Date de sortie : 23/06/1998
En 1998, les Brian Jonestown Massacre quittent Bomp pour passer chez TVT records. Au départ, ça s'annonce plutôt pas mal pour la bande d'Anton Newcombe: en effet les gars de chez TVT ne sont pas compliqués, ils filent de l'argent à Anton, lui payent un studio pour lui tout seul et lui laissent carte blanche pour la musique. Quand on connaît un peu la personnalité du fameux leader des BJM, on peut se dire: mais franchement, que demander de plus ?
Alors commence la conception de ce Strung Out In Heaven. Seulement voilà, à cette époque Anton a un léger souci: l'héroïne. Complètement ravagé, le garçon est à peine en état d'enregistrer le disque; il vire tout le monde les uns après les autres et est sur le point de tout faire capoter. Si la catastrophe est évitée de justesse, c'est au bassiste Matt Hollywood que le groupe le doit. Ce dernier jettera pourtant l'éponge un peu après la sortie du disque, dans une ultime prise de tête avec monsieur Newcombe.
Certes, Anton dépasse les bornes mais il n'empêche, ce type a du talent. Artistiquement, ce Strung Out In Heaven est très réussi. La production est correcte, le son est clean. Moins déballage 60's que Take It From The Man !, moins foutoir psychédélique que Give It Back, moins électrique en général, ce disque renferme quelques chefs-d'oeuvre comme "Let's Pretend It's Summer" ou "Nothing To Lose". Qui plus est la plupart des titres sont bien écrits et efficaces, entre folk et psychédélisme.
Ceux qui chercheront des défauts à ce disque remarqueront à juste titre le côté un brin linéaire de l'ensemble. Si Strung Our In Heaven a parfois du mal à nous tenir en haleine, c'est certainement à défaut d'une part de morceaux plus électriques, d'autre part de titres au tempo plus rapide. Mais bon, ce n'est pas non plus d'une importance fondamentale, Strung Out In Heaven reste un très bon album, réalisé par un groupe majeur de ces dernières années, tellement passionnant et hors du commun qu'on ne devrait pardonner personne de ne pas le connaître.