Funeral
- Label : Merge
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 14/09/2004
On évoque régulièrement la scène musicale montréalaise quand il est question de rock indépendant mais il faut avouer que les discussions ont souvent tendance à se concentrer autour du label Constellation. Étiquette de qualité, certes, mais s'éloignant rarement d'une esthétique musicale d'influence post-rock, souvent instrumentale et pas forcément des plus joyeuses.
Récemment, il y a bien eu les excellents disques pop de The Dears ou encore les inattendus Unicorns, dont le premier album teinté lo-fi a allègrement tapé dans la fourmilière l'an dernier... Mais on attendait encore LE groupe qui pourrait nous redonner une nouvelle mais réelle excitation musicale au Québec.
Ne cherchez plus, il est là: The Arcade Fire. Ce nom ne vous dit peut-être pas encore grand chose mais il y a fort à parier qu'on entendra pas mal parler d'eux dans les prochains mois.
Difficile d'imaginer qu'il s'agit d'un premier album quand on écoute Funeral. Le son est excellent et la production sans reproche. Les orchestrations sont fouillées (guitares et batterie mais aussi violon, xylophone, piano voire accordéon) mais parfaites et toujours pertinentes, jamais envahissantes. Sans parler de la voix de Win Butler, haute, juste et belle, rappelant parfois celle d'un Ian Mc Culloch, excusez du peu.
Difficile également de décrire cette musique inspirée et inspirante. De la pop épique ? Du rock enlevé ? Peu importe tant l'envie n'est pas à nouveau de coller une étiquette sur un tel groupe. On est d'ailleurs assez loin de toute tendance musicale branchée et c'est heureux. Mais force est de constater qu'on se laisse gagner par les élans de ce lumineux album qu'on a envie de partager. Car, au fond, la musique, c'est aussi un partage. Et ce disque n'est pas de ceux qu'on aime écouter seul, secrètement... Cette chronique en est la preuve !
Loin des instrumentaux parfois déprimants de leurs voisins de Godspeed You ! Black Emperor (pour ne citer que les plus illustres), on sent de l'espoir dans la musique d'Arcade fire. C'est ce mot qui vient à l'esprit au fil des écoutes. Qu'il soit murmuré ou hurlé, cet espoir sonne juste et donne le ton de cet album qu'on se prend à faire tourner en boucle sur la platine. Un début en forme de sans-faute.