EP
- Label : Rough Trade
- Format : Maxi / CD
- Date de sortie : 13/06/2005
Sans conteste et sans discussion, LE groupe de l'année ! Voire même plus...
Le coup de foudre, encore un ! Nous qui croyions qu'on n'était plus de cet âge... Et puis on tombe dessus, et c'est l'illumination.
Les titres de Arcade Fire balancent avec nonchalance un rock intense, fouillé et fouillu, qu'on écoute à fleur de peau. Son univers est composé de lumières, d'émotions, de surprises et d'une touchante tristesse aussi. Tout est mis à nu, avec élégance et parfois un peu par dessus la jambe.
Non seulement Arcade Fire propose des chansons géniales, délicates et/ou exubérantes, mélodieuses et frapadingues mais la formation les interprète avec force et conviction. Les musiciens sont passionnés et ça s'entend. C'est même communicatif.
Depuis combien de temps on n'avait pas ressenti autant de frissons sur une musique pareille ?
Là où la concurence stagne dans la redite, Arcade Fire ammène un vent de fraîcheur incroyable au rock. On retrouve beaucoup de guitares, mais aussi pas mal d'émotions épidermiques, un lyrisme omniprésent, et une passion qui déborde de la moindre note. C'est rageur, fou et énergique. Cependant de nouveau horizons sont explorés.
Avec une envie enfantine, un talent hors-norme et une pulsion à casser les règles en vigueur, le groupe de Montréal batît des symphonies surprenantes. Des pièces de toute beauté à base d'outils remis au goût du jour: piano, xylophone, violon, acordéon... Tout cela joué avec classe, splendeur et sautes d'humeur capricieuses.
Sans cesse la surprise et l'émerveillement est au rendez-vous, que ce soit dans la voix de Win Butler (on dirait tantôt celle d'Efrim, le leader de Silver Mont Zion, tantôt celle de Black Francis, le psychopathe des Pixies) ou dans l'écriture, tout en arpèges chatoyants, en détours, en rebonds. Ça part dans tous les sens, ça s'arrete pour mieux repartir vers la fuite, on est emporté dans un tourbillon qui ressemble à une valse.
On n'avait pas entendu pareil rock depuis fort longtemps. Cette liberté de ton est quasiment unique à l'heure actuelle. Ce mélange entre la classe d'Interpol ou des excellents Stellastar*, l'élégance de Blonde Redhead et la folie des groupes post-rock de Constellation, style Godspeed ou Molasses (pas étonnant qu'ils habitent tous Montréal), plus ce je ne sais quoi qui fait tout, les classe irrémédiablement au rang d'artistes superbement novateurs et révolutionnaires.
Sur cet EP sorti à l'été 2005 en Europe, un an après la sortie du définitif Funeral, sont regroupés sept inédits, issus en fait des premières sessions du groupe, qu'il ne faut manquer sous aucun prétexte !