Genetic World
- Label : Catalogue
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 16/04/2002
Tout le monde a déjà entendu un morceau de Télépopmusik. Vous savez le genre de mélodies qui vous glissent entre les doigts au détour d'un spot publicitaire et dont vous retenez l'air durant des journées entières. Il y a eu "Breathe", "Smile" ou moins connu l'instrumental "Da Hoola". Comment les oublier. Cette électro jazz bouclée de petits effets finement dentelés, la voix tombée des nues de Angela McCluskey se baignant dans cette atmosphère lounge idyllique... Catalogue a vu le bon filon en ces trois amis de longue date qui ont écarté leurs projets respectifs pour concevoir cet album à l'attitude zen, travaillé au possible. Fabrice Dumont, Stephan Haeri et Christophe Hetier sont parvenus à fusionner pop, big beat, électro jazz dans un océan de quiétude, d'écumes, pacifique. ?Là, tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté', pour reprendre l'expression de Baudelaire. Mais pourtant il s'agit bien du sentiment qui se dégage à l'écoute de ce premier album, croisement entre deux modes analogiques, celui des samples et celui d'un bon nombre d'instruments malgré l'orientation électronique. Et il est bon de constater que le but du trio n'a jamais été d'occuper les chaînes hertziennes. Genetic World bénéficie d'un travail pointu sur l'apport de beats ?classiques' en trame de fond ou parfois plus en devant ("Dance Me"). Les grésillements et voix modulées sont ressortis ainsi que les anciennes générations de claviers retentissants comme des sirènes par instants. Mais ce léger goût du kitsch est surtout renforcé par Angela McCluskey, rencontrée au détour d'un voyage aux Etats-Unis, au timbre improbable éraillé comme on ne fait plus. Et il va sans dire que cette présence est le principal atout du disque tant l'ambiance dégagée par sa seule personne est éclatante. Ainsi à la série de titres énoncés ci-dessus se rajoutent "Yesterday Was A Lie" et "Love Can Damage Your Health" splendide coupé par des bruits de pellicule et de projecteur cinématographique. Un parallèle intéressant incontournable dans ce mélange emprunté à de nombreuses images vieillissantes mais dont on ne veut perdre le souvenir. Et puis il y a aussi l'attachement de Télépopmusik au hip hop et au spoken word de Mau qu'ils confrontent à une contrebasse généreuse sur "Let's Go Again" et au jazz un peu plus tourmenté de "Trishika". Histoire d'ouvrir encore plus d'horizons et d'appréhender toutes les attentions sur cet éventail d'influences à la fois décalé mais aussi en accord avec son temps. Genetic World est donc un peu tout ça. Un disque ouvert, simple et honnête qu'il fait bon d'écouter pour décompresser et retrouver un peu de tranquillité.