Half-Life
- Label : Test Tube
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 04/02/2002
Étrange pochette d'album... Electro ? Probablement... Hardcore ? Possible... Et pourtant, rien de tout ça. Le sang semble avoir couler ici, un sang métallique, en fusion...
Piste n°1: cela nous parvient doucement tout d'abord, puis la voix de Tim Closs nous prend à la gorge... La guitare sèche rythme ses mots, le violon les sublime. Cela monte en intensité, puis stoppe presque pour reprendre aussitôt. La voix reste posée, incroyablement posée, mais la force d'une oeuvre contrôlée se dégage de ce rythme magnifiquement lent. La chanson s'arrête comme elle a commencé, brusquement mais sans violence, symbole d'une profonde mélancolie.
On continue le voyage, s'étonnant de voir à quel point la simplicité des compositions permet pourtant l'apparition de chansons d'une profondeur insensée...
"Stained Glass" est triste. Tim Closs semble chanter pour lui-même, on est simplement heureux d'être là.
"Half-Life" est hivernale, mortuaire, un dernier souffle. Le chanteur nous crie sa détresse sans jamais élever la voix. L'intensité vient simplement des mots, des choeurs, de cette guitare qui tout d'un coup semble vouloir s'échapper pour finalement se faire rattraper...
Une femme pleure, "Open Wide" est lancé. Cette tristesse gagne Tim Closs. Il ne fera plus confiance, sa confiance a été trahie. Quant à nous on ne peut qu'imaginer, et on se prend bientôt à partager son désespoir, porté par cette simple guitare sèche recouverte par une voix suave.
Les chansons se suivent et ne se ressemblent pas. "Don't Crush The One You Love" nous offre une magnifique ambiance à la "Kicking Horse On Brokenhill" des GSYBE, "London's Most Unwanted Child" rebondit sur des choeurs tout droit sortis de chez les Cocteau Twins...
"Independance Day" passe vite, mais ne s'oublie pas, une merveille de simplicité.
Probablement la plus aboutie de l'album, "Keep Us Together" est un déluge d'instruments, de voix, de rythmes, un monde à elle seule. Un monde obscur où règne le chaos et la tristesse. Le seul moyen de ne pas se perdre dans le désespoir: rester ensemble.
Enfin, ou presque, "Wish The World Away" nous offre en fin de chanson une jouissive envolée vocale de Tim Closs, qui nous démontre une nouvelle fois sans qu'il y en ait besoin sa parfaite maîtrise.
"Love Me For Five Minutes" clôt alors cet album, des allures d'adieu sous la forme d'une simple recherche d'affection, un manque omniprésent dans chaque morceau.
Cet album est triste, un appel au secours, une recherche. Le monde de Tears In X-Ray Eyes est comme la pochette de l'album: chaotique, noir, désespéré mais vivant. Tim Closs fait avec cette demi-vie et partage avec nous cette recherche de sens et de contacts. Tout simplement beau.