Illinoise
- Label : Rough Trade
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 11/07/2005
Il ne faut pas beaucoup d'écoutes pour se rendre compte à quel genre d'album on a affaire.
Des disques sortis en 2005 -et probablement de cette décennie-, vous n'en entendrez pas des masses des plus ambitieux, généreux et subtils que celui-ci.
Le projet fou de Sufjan (prononcer Sophiane) Stevens de faire un album sur chaque état américain en est à la phase 2. Le dernier album de la série devrait donc sortir vers ... 2053.
Après un Michigan déjà très pimpant (et j'en parle d'autant mieux que je ne l'ai jamais écouté de ma vie), voici donc l' Illinois(e), que je commence par contre à bien connaître, même s'il faut un certain temps pour digérer les 22 titres et 70 minutes.
Passé une pochette des plus repoussantes (genre Cliparts de Word 98©, en moins bien ...), l'enchantement est constant tout au long de l'album : compositions superbes, interprétation bouleversante, arrangements flamboyants jamais entendus depuis le Smile des Beach Boys (l'original de 67, bien sûr). Du banjo, des violons, des larmes.
Pour donner une idée, ça pourrait faire penser à l'accouplement entre les Left Banke et Elliott Smith, voire à un croisement entre Neil Young et les Zombies Circa 68. Ce disque ne vieillira jamais.
Illinois est un oratorio plouc et triste, une ode à l'Americana, cette mythologie de l'Amérique bien éloignée de celle de Bush, d'Eminem et de Charlton Heston, de la violence, de l'impérialisme et du misérabilisme burné et graisseux de Springsteen.
N'en déplaise à Antoine de Caunes, patron du fan-club français du Boss, le vrai fils de l'Amérique est un gringalet à la voix fluette et se nomme Sufjan Stevens. Et longue est sa mission.