Real Emotional Trash
- Label : Matador
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 04/03/2008
Même s'il n'est jamais parvenu à atteindre la spontanéité et la décontraction de Pavement, un nouvel album de Stephen Malkmus et ses Jicks représente toujours un mini-évènement pour les nostalgiques des années 1990. En ce début d'année, le chanteur nous propose son quatrième opus Real Emotional Trash toujours édité chez le fidèle label Matador.
Dès le début de l'écoute un doute survient sur le groupe écouté. Y aurait-il une erreur de pressage? Stephen Malkmus se serait-il reconvertit au stoner? Les grosses guitares fuzzées et le son tonitruant envoyant des riffs costauds sur "The Dragonfly Pie" nous prennent au dépourvu ! C'est l'accordage des guitares et la voix débonnaire et unique qui lèvent le doute... La production est ample et précise comme depuis quelques disques. Et cet excès de propreté biaise toujours le charme de ses mélodies coutumières. A trop vouloir polir le son, gonfler la puissance et gommer les défauts, les compositions perdent en authenticité et en naïveté.
Mais heureusement, l'essentiel est là. Ne pinaillons pas, Stephen Malkmus a toujours la capacité envieuse de pondre des mélodies et des arrangements à tomber. Des lignes de chant déconcertantes de simplicité et de logique, des petits bidouillages électroniques et décalés, des progressions instrumentales et émotionnelles vertigineuses. Tout ce qu'il faut pour rester accroché tout l'album durant. On notera cependant la tournure quelque peu sixties que prennent quelques plages. L'utilisation de choeurs féminins enjoués, de sons de claviers et de guitares bien spécifiques sans oublier la pochette, participent à ce retour en arrière artistique.
Real Emotional Trash contient le lot de sucreries pops entêtantes habituelles telles "Cold Son", "Gardenia" ou "Hopscotch Wille". Les structures plus progressives qu'ont tendance à prendre les compositions de Stephen Malkmus depuis quelques temps s'affirment ici. C'est tantôt fort réussi tel ce "Out Of Reaches" qui enchaîne des passages planants de manière judicieuse ou encore le magnifique "Elmo Delmo" qui parvient à installer une atmosphère enchanteresse et planante malgré un aspect théâtral fort pompeux. Les choses se corsent par contre sur le morceau titre qui accuse tout de même les dix minutes et qui fini par devenir affreusement soporifique ou sur "Baltimore" qui enchaîne des parties grandiloquentes de manière scabreuse. Inutile d'ajouter que les mélodies charmeuses se retrouvent du fait noyées au milieu de ces plages trop longues. Espérons que Stephen Malkmus saura tempérer ses élans de mélomane à l'avenir.