Let Your Dim Light Shine
- Label : Columbia
- Format : Album / CD K7 Audio
- Date de sortie : 06/06/1995
Dans votre discothèque il y a, j'en suis sûre, deux ou trois albums dont vous ne vous lasserez jamais, que vous pouvez écouter aujourd'hui, demain, à n'importe quel moment de la journée, et qui vous touchent à chaque fois de la même façon. Pour moi, Let Your Dim Light Shine fait partie de ces albums.
Il est indéniablement la meilleure production de Soul Asylum. Trois ans après le succés commercial de Grave Dancers Union, les quatre de Minneapolis étaient en quelque sorte attendus au tournant, et l'on peut dire qu'ils ont su négocier le virage avec beaucoup de talent. En 1995, le groupe a déjà plus de 10 ans d'existence : ce n'est donc pas le carton de "Runaway Train" sur le précédent LP qui leur aura fait tourner la tête, bien au contraire. Let Your Dim Light Shine ne laisse rien au hasard, de l'inévitable et brillant single "Misery" au punky rock "Just Like Anyone", cet album enchaîne les réussites comme on enfile les perles d'un collier. De perles, il en est d'ailleurs question [attention, jeu de mots] pour le tendre et poétique "String of Pearls", où le talent de songwriter de Dave Pirner est ici à son apogée : une galerie de portaits attachants synthétisée en 4 minutes 50 et quelques mots toujours justes ... rien à rajouter ! "Promises Broken" et "Eyes Of a Child" rivalisent là aussi de subtilité, tant dans le chant appliqué que dans les mélodies superbement accrocheuses. On notera également que le changement de batteur (Sterling Campbell supplée Grant Young) au sein de la formation se fait ressentir sur des titres comme "Caged Rat" ou "Shut Down", où la frappe est plus lourde et nettement plus appuyée. Produit par Butch Vig et mixé par Andy Wallace [hum hum ... le grunge est passé par là !], ce huitième LP de Soul Asylum bénéficie on s'en doute, d'une production propre et très léchée, peut-être un peu trop d'ailleurs (là serait le principal reproche qu'on pourrait lui faire si l'on voulait pinailler). "I Did My Best" conclut le tout comme un point d'interrogation auquel on a envie de répondre : oui les gars, vous avez fait de votre mieux, et c'est réussi !