Rather Ripped
- Label : Geffen
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 06/06/2006
Ce disque va encore faire débat dans les chaumières. Ravir les fans récents du groupe, et refroidir une fois de plus les vieux briscards adeptes de Daydream Nation... Je crois que la raison se trouve au milieu, ce disque n'est pas un chef d'oeuvre (on en est même très loin), ni un disque inepte (on est encore au dessus d'une grande partie de la production rock actuelle).
Le plus dur est d'accepter que ce groupe est vieux, qu'il ne faut pas trop leur en demander en terme de révolution musicale. En effet ici rien de percutant, d'innovant, on a affaire à une sorte de pop rock indie assez classieuse, typiquement américaine ("Reena", le tube "Incinerate") nous rappelant l'époque bénie des 90's où Pavement, Sebadoh et autres enchantaient les foules, qui ne se contentaient pas uniquement de garage rock de deuxième zone comme aujourd'hui.
Un assez touchant et lancinant "Do You Believe The Rapture" aux sonorités un peu dissonantes, enchante même vraiment. Malheureusement un très basique noisy rock et sans intérêt "Sleeping Around", un "What A Taste" déjà entendu 100 fois, ou des morceaux vraiment pépères comme "Lights Out" et "Neutral" (assez médiocre même celui là, tant au niveau des mélodies, parties guitares ou sons utilisés) viennent plomber un disque finalement assez proche de Murray Street. On comptera sur les doigts de la main les merveilles du disque : "Turquoise Boy", morceau vraiment ambitieux démarrant poppy comme le reste du disque pour finir sur la seule plage de noise abstractive du disque, l'excellent "Pink Steam" cousin plus rêche et inversé de "Rain On Tin", avec les plus belle parties de guitares du disque et une ligne de chant parfaite de Thurston Moore, et surtout "OR", petite merveille d'émotion, qui mélange une partie musicale digne de Confusion Is Sex avec une mélodie vocale proche d'une berceuse et un texte original sur les tournées. Ce titre est une réelle ouverture dans l'univers du groupe.
Petite déception aussi du coté de Lee Ranaldo, qui nous avait habitué à l'excellence dernièrement ("Karen Revisited" ou "Paper Cup Exit" justifiaient à eux seuls l'achat des deux précédent disques), son "Rats" étant une caricature de titre 'à la Lee Ranaldo' tournant un peu à vide.
Rather Ripped est donc un album mi-figue, mi-raisin malgré tout très agréable à écouter. Mais n'attend on pas autre chose d'un disque de Sonic Youth ?