Bad Moon Rising
- Label : Homestead
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 02/02/1985
Troisième album de Sonic Youth, "Bad Moon Rising" oscille allègrement et ingénieusement entre no-wave, punk, post-trash et rock expérimental.
"Intro", magnifique harmonie de guitares lancinantes, introduit le très noir "Brave Men Run (In My Family)" oscillant entre folie explosive et bien-être aberrant, avec son groove implacable et inquiétant, ses guitares émouvantes et tendues. S'enchaînent le glauque et pesant "Society Is A Hole", au calme fragile et dérangeant, et le terrifiant "I Love Her All The Time", entre déclaration d'amour trash et cauchemar romantique apocalyptique. Puis "Ghost Bitch" peint un paysage larsennique inquiétant, avant de balancer sa dynamique maudite et impitoyable, prolongée dans le douloureux et terrifiant "I'm Insane". Le voyage sonique se poursuit dans l'au-delà, avec le troublant "Justic Is Might", perforant et perfide. C'est alors que l'inimaginable se produit : le chef-d'oeuvre de tension et de groove, de puissance et d'appréhensions, de peur et d'énergie, d'angoisse et de dynamique, l'inénarrable "Death Valley '69" chantée avec Lydia Lunch, chanson machiavélique à la force surhumaine. Le cauchemar devient mystique, avec "Satan Is Boring", morceau brûlant venu du fin fond de l'enfer. On refait surface sur Terre, avec "Flower", d'où jaillissent tension féminine et malaise intestinal infernal. Heureusement pour notre santé mentale et nos nerfs, un semblant de calme apparaît, avec l'étrange mais bienfaiteur "Halloween". Mais c'est finalement le terrifiant "Echo Canyon", mauvais rêve sonique, qui conclut "Bad Moon Rising" dans une tension surprenante et malsaine.
"Bad Moon Rising" est un réel chef-d'oeuvre : terrifiant, innovant, surprenant, inquiétant... à l'image de sa pochette.