Pygmalion
- Label : Creation
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 02/02/1995
... Quel choc. Quand j'ai emprunté ce disque à la médiathèque, je ne m'attendais vraiment pas à ça ... On est plongés dans l'univers si unique de Pygmalion dès que l'on a lancé le CD et que l'on a entendu ces quelques notes suivies de silences réguliers ... On en ressortira que quelques dizaines de minutes plus tard, mais on préférerait que cela dure plus longtemps ... Le chant résonne, dans le son et dans votre tête (et ce pour longtemps ...) Les mélodies sont tout simplement magnifiques, sans exception. Tout est génial, dans ce disque ; la musique, bien sur, mais même avant d'avoir placé le disque on devine l'atmosphère en regardant la pochette énigmatique et son nom mystérieux ... Même son livret est extraordinaire, avec ses photos très pales et ses couleurs laissant bien sur la prédominance au blanc ... Le blanc, justement, est certainement la couleur qui correspond le mieux à ce disque ; je ne sais pas exactement pourquoi ... Le disque captive, incontestablement ... La première piste, "Rutti", dure 10 minutes mais on ne les sens pas passer "... Et on a des frissons dès que les premières notes de "Crazy For You" apparaissent ... L'atmosphère se renforce encore plus avec l'apparition de la basse puis de la magnifique et lancinante partie chant ... Cet album est magnifique ! J'ai du mal à croire que le président de Creation ait viré le groupe car il n'aimait pas cet album ... J'ai aussi du mal à croire tout les gens qui me disent que son prédécesseur, Souvlaki, est plus réussi ... Comment peut-on réussir deux disques aussi parfaits, aussi géniaux ? Car le disque se poursuit et "Miranda" se met en place ... Et là, deuxième choc : le chanteur est cette fois-ci un chanteur et sa voix est ... j'ai déjà utilisé le mot mais c'est celui qui correspond le mieux ... magnifique. On entend une voix plaintive résonner de plus en plus fort dans le fond ... Comme dans le reste du disque, le morceau est composé d'une partie voix qui résonne à des volumes plus ou moins forts ou bas , et d'une partie instruments qui contient les notes que l'on entend au début saupoudré d'effets sonores qui renforcent encore plus l'ambiance générale ... Vers 4 minutes, les quelques notes que l'on entend depuis le début du morceau s'arrêtent, on entend encore quelques sons et le chant pendant une trentaine de secondes, puis tout s'arrête ... Et recommence à nouveau sur la piste suivante, "Trellisaze" ... Des notes arpégées, un clavier qui joue quelques notes dans le fond, et la ritournelle est lancée. Pourtant soudain une percussion apparait, puis la voix, et pour encore mieux nous surprendre, le groupe change le son de percussion par un autre encore plus mystérieux qu'auparavant : ici elle semble basée sur l'aléatoire , et pourtant elle sera la même tout le long du morceau ... Le morceau avance, la voix se répète de plus en plus, la partie instrumentale, puis tout est relancé, les arpèges reviennent, puis la percussion, et c'est reparti ... Le clavier, et pourtant de nouveaux sons apparaissent encore dans le fond ! Les paroles sont toujours les mêmes depuis le début du morceau, tout est similaire, avec juste quelques sons en plus de temps, et pourtant le groupe réussit à ne pas nous lasser ... La percussion étrange que l'on entendait au début a disparu depuis longtemps pour remettre la première en place ... Soudain, on entend plus que cette percussion et un écho de la voix, très lointain. Un nouveau son augmente peu à peu, de plus en plus, nous laissant croire à une nouvelle mise en place ... Eh bien non, en fait la percussion et il ne nous reste que 40 secondes de sons ... On a à peine le temps de se demander comment 6 minutes ont pu passer aussi vite, car "Cello" se met en place ... 1min30 fascinantes, où l'on entend juste un violon (où est-ce autre chose ?) et, caché derrière quelque chose d'indéfinissable, une chanteuse placer la mélodie du morceau, sans texte ... "J's Heaven", qui vient juste après, est semblable aux autres morceaux du disque, avec sa mélodie simple et pourtant tellement étrange, mystérieuse et ce chant qui le hante ... Les voix sont fantomatiques. On croit que tout est fini quand elles s'arrêtent subitement, mais ce n'est que pour repartir de plus belles quelques secondes après ... Et de nouvelles voix apparaissent l'espace d'un instant ... Avant de redisparaitre ... Puis au bout d'un temps indéfinissable, tout s'arrête pour de bon ... Et c'est reparti. Une nouvelle mélodie de guitare apparait dans "Visions of LA" ... Le chant de Rachel Goswell est bouleversant. Ici le groupe s'est contenté des guitares et du chant, ou presque. Le morceau est très court, et laisse place à "Blue Skied An' Clear", qui reste dans le style de l'album, malgré une mélodie un peu plus 'joyeuse' qu'auparavant ... On entend ici énormément la basse, malgré la présence de guitares et d'effets ... En plus du chant normal du chanteur, d'autres voix retentissent au loin ... Et progressivement de plus en plus près. Soudain vers 4 minutes, certaines parties s'arrêtent ... Avant de revenir avec encore plus d'espoir. Le chanteur reprend place. Le morceau s'arrête, cette fois-ci pour de bon ... Et dès les premières notes de "All Of Us", qui cloture le disque, on sait que le disque reprend le thème des premiers morceaux ... La voix apparait en même temps qu'un violon, qu'on entend beaucoup moins mais qui joue les mêmes notes. Quelques notes d'espoir durant le refrain, avant de revenir sur les couplets ... A la fin du disque, on est impressioné par la réussite total. Ce disque vous traverse et ne vous lache pas pendant une quarantaine de minutes ... L'ensemble est assez triste, mis à part sur "Blue Skied An' Clear" ; le tout se ressemble beaucoup et est très homogène ; et pourtant le disque ne lasse jamais l'auditeur qui a la chance de l'entendre... Une merveille, tout simplement.