No Cities To Love
- Label : Sub Pop
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 19/01/2015
Un bouquet de fleurs desséchées, peut être même fanées, tel est l'artwork de cet inattendu nouvel album de Sleater-Kinney. De là à faire l'amalgame entre les trois filles du groupes & ce bouquet, il n'y a qu'un pas que je ne saurais franchir, faut pas déconner non plus.
D'abord parce qu'il est plutôt joli ce bouquet, un peu comme le bouquet qu'on a jamais su offrir, et qu'on a, de dépit, refourguer au fond d'un tiroir et qu'on retrouve, quelques années après, nous rappelant par la même occasion avec un sourire ou une larme, les circonstances qui l'ont amené dans ce nid à poussière.
Ce No Cities To Love c'est la même chose. Sleater-Kinney c'était un peu le bon souvenir, les flamboyantes mid-90's made in Kill Rock Stars & Sub Pop, des albums qu'on réécoute avec toujours le même entrain, & ce hiatus fin 2006 qui marqua la fin d'une époque. Malgré le retour aux affaires de Carrie Brownstein en 2010 avec White Flag, on se dit que c'est pas la même chose.
Et voilà qu'à l'automne 2014, sans crier gare, Ces trois demoiselles annonce la tant attendue fin de hiatus, un nouvel album & la tournée qui va avec. Même si l'on ne compte plus les groupes des 90's qui se reforment, cette nouvelle là est quand même des plus réjouissantes, à placer au même niveau que la reformation d'Electrelane pour quelques concerts il y a quelques années. Carrément.
Ce No Cities To Love se fait vraiment attendre une fois l'annonce faite. Quelques titres disséminés ici & là histoire de rendre l'attente encore plus insupportable et enfin, le disque parvient à mes oreilles. Dès les premières notes de "Price Tag", on retrouve tout ce qui fait la force de Sleater-Kinney. La voix de Carrie bien sûr, mais aussi la particularité du groupe, les lignes de basses assurées par la guitare de Corin Tucker, qui s'accorde quelques tons plus bas. Pouvait-il y avoir de meilleur introduction à ce cru 2015 ? C'est peut être ça le souci majeur de ce disque, le faire débuter par un titre aussi fort, la suite se doit d'être un cran au dessus, pour ne pas faire retomber l'enthousiasme. "Fangless" & "Surface Envy" sont de bons titres, presque axés Riotgrrls, mais le morceau titre baisse considérablement le niveau, avec son break vocal rappelant presque le "Cambodia" de Kim Wilde. On passera sur cette fausse note, on n'en tiendra pas rigueur à ces trois filles. Grand bien nous en a pris car la suite rassure, l'incisif "No Anthem", même "Gimme Love" qui jure pourtant avec le reste du disque trouve facilement sa place. Alors on se dit que "No Cities To Love", placé différemment sur le disque, pourrait mieux passer, question d'indulgence... Préférant parfois l'efficacité immédiate de la pop avec des titres dépassant rarement les 3min30, Sleater-Kinney révèle avec le dernier titre "Fade" une sorte de potentiel inexploité, comme un bon élève qui reste sur ses acquis, se contentant presque du minimum.
Mais entre nous, avec des acquis pareils, on peut tout leur passer à ces filles d'Olympia, non ? C'est pas comme si les disques précédents étaient exempts de légers défauts. Savourons ce disque pour ce qu'il est, sans chercher la petite bête, ou en le comparant aux premiers albums. Faisons un voeu plutôt tiens, puisqu'on parle de reformation & de groupe de filles. Si les quatres demoiselles de Brighton pouvaient nous surprendre avec un nouvel album, une suite à No Shout No Calls... Mais là n'est pas le propos. Maintenant que ce disque est sorti, la longue attente jusqu'au concert commence...