04
- Label : Saturday Night, Sunday Morning
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 27/09/2004
C'est marrant, dans une chronique, le plus dur à écrire, ça reste la première phrase. Par exemple, là, j'écoute le dernier Six by Seven, et je me demande bien par où commencer pour présenter cet album.
D'abord introduire le groupe, réduit à un trio pour cet album, à savoir Chris Olley au chant et aux guitares ainsi que Chris Davis à la batterie James Flower aux claviers ? Ou bien s'indigner du relatif mais scandaleux anonymat dans lequel ce groupe est plongé depuis ses débuts (et qui les a forcé à monter leur propre label, Saturday Night Sunday Morning) ?
On pourrait tout aussi commencer par la touche prestige, dire que "04" a été produit par Dave Fridmann (toujours aussi impec') et que, contrairement à ce que cela pourrait laisser entendre, le groupe ne s'est nullement assagi, mais a même fait monter la tension un cran au dessus. Bien sûr, il y a toujours la carte du "track by track", à savoir commenter les morceaux un à un, dire, par exemple, combien le larsen qui précède la furie sonore sur "Something I Feel Like" est jouissif, que l'on écouterait bien "Catch the Rain " (premier single du groupe) en boucle et à volume sonore maximum jusqu'à s'en crever les tympans, tellement ce morceau, tube potentiel, réjouit les sens, où encore, que "Ocean" et "Say that You Want Me" ont beau se ressembler comme deux gouttes d'eau, elles n'en sont pas moins diablement efficace.
Bon, une autre astuce qui marche bien aussi, c'est le coup de la comparaison avec les albums précédents. Là, par exemple, je dirais que Six by Seven réussit à évoluer tout en faisant dans la continuité, que 04 est quand même moins "consensuel" que son prédécesseur (tout est relatif bien entendu, "The Way I Feel Today" c'était pas non plus du Elton John), et puis je continuerais en commentant les petits instrumentaux électro qui ponctuent l'album, qui, par leur brièveté et leur calme, permettent d'imposer une ambiance, une vraie cohérence tout au long de l'album. Mais le truc ultime, dans une chronique, c'est de trouver des liens de parentés avec des groupes cultes, genre My Bloody Valentine, pour le mur du son tout bêtement hallucinant, ou encore Spiritualized, pour des raisons qui m'échappent. D'abord, ça attire le chaland, et puis ça donne l'impression au lecteur que le mec qui rédige la chronique, il s'y connaît, bref, ça le fait grave.
Et voilà, je parle, je parle mais je l'ai toujours pas écrite, ma chronique.
Pfff, mais qu'est ce que je vais bien pouvoir mettre ?