Initials B.B.
- Label : Philips
- Format : Album / CD Vinyle K7 Audio
- Date de sortie : 12/03/1968
Alors voilà, Serge avait une petite amie... Elle était belle et ses initiales étaient B.B...
Au chapitre suivant, le prince se fait larguer et se change illico en crapaud. Il est paumé, désespéré à vouloir repeindre les murs de sa maison en noir...
Nous sommes en 68, c'est l'explosion de la culture pop, des scarabées endimanchés et du péril jeune portant le cheveu long et la moustache épaisse... Faisant irruption dans ce bordel, Gainsbourg ramène sa fraise. Il a ingéré l'esprit swinging london, les orgues hammond ("Torrey Canyon"), les choeurs franchement kitsch ("Qui Est In, Qui Est Out") ainsi que ce soupçon de légèreté acidulée qui fait toute la différence.
Face au progrès, il a abdiqué avec intelligence: fini le jazz, certes, mais son disque portera un coup fatal au twist et aux yéyés.
Point d'insouciance ici, nous sommes confrontés à la réalité dans ce qu'elle a de plus cruel: la mort ("Ford Mustang"), le choc des cultures ("Black And White"), les amours forcées ("Hold Up")...
Instantané d'une époque, Initials B.B. pourrait se voir comme un témoignage fabuleux, un rapport méticuleusement mis en place. Ironique, réfléchi. Sans faille.
Gainsbourg se sert de la mode pour faire évoluer son art. Pratique qu'il effectuera jusqu'à la fin de sa carrière avec talent.
Ajoutez à cela ce qu'il faut de tubes intemporels ("Initials B.B."-dont Serge ressortira le riff pour la B.O. du film de Blier Tenue De Soirée-, "Bonnie And Clyde", "Comic Strip", etc...) et vous obtiendrez un très grand disque, marquant un tournant fulgurant dans sa carrière.
Un indispensable.