Requiem Pour Des Baroqueux
- Label : Un Dimanche
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 30/04/2003
Ce premier album des grenoblois compte sept plages. La plus longue dure vingt minutes et la plus courte moins d'une minute. Certaines comptent plusieurs chapitres et d'autres non.
Si l'on excepte "Stare Mesto", morceau évoquant vaguement Diabologum ou Mendelson, il ne s'agit pas de "chansons", mais de bric-à-brac sonores, d'alternances de passages noisy et d'ambiances plus posées confinant même, parfois, à une certaine mélancolie ("Requiem pour des baroqueux part.2"-UZUMAKI).
Dessus sont souvent greffées des voix issues de téléfilms (l'univers impitoyable de "Dallas" avec Bobby qu'est pas content), ou de reportages radiophoniques (comme dans "Décalage contrôlé" où on assiste à l'incroyable dialogue entre un reporter et l'inventeur du bathyscaphe, au sujet de l'étanchéité de celui-ci) ou encore d'oeuvres cinématographiques (notamment l'extrait d'un film de Gérard Pirès avec Jean Yann, extrait que je ne peux m'empêcher de livrer ici, au risque de voir ma seconde parenthèse s'éloigner un peu plus: la voix de Jean Yann, irrité: "Nom de Dieu mais qu'est-ce qui peut puer comme ça?" - une voix d'enfant (ou de pingouin?): "Y'a p'têt kekchose qui est crevé?" - la voix de J.Y, incrédule: "Mais rien peut être mort à ce point là!"). On assiste aussi à une lecture du testament de De Gaulle sur une musique rappelant celle de Air.
L'ironie est partout, la volonté iconoclastique aussi, celles-ci n'entravant pourtant pas la force émotionnelle de certains passages, leur conférant même une profondeur nouvelle; quelque chose comme du Godspeed avec la grandiloquence en moins.
On reste souvent dubitatif: à force de voir de l'humour partout on finit par se dire qu'il n'y en a nulle part, à part aux endroit où on ne rit pas, ou à ceux auxquels on rit trop.
Album trompe-l'oeil et labyrinthique, plein de surprises et de chausse-trappes, de clins d'oeil à gogo et de faux-semblants véritables, ce Requiem Pour Des Baroqueux s'apparente à tellement d'autres albums qu'il finit par ne plus ressembler à Rien. Ce qui prouve que le but est atteint.