Up
- Label : Warner
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 27/10/1998
Deux sommets en 1998. Deux trajectoires assez similaires. Deux groupes sans batteur, devenant un trio. Deux remises en question.
Comment palier l'absence d'un batteur en studio, et dans la composition ? ... Billy Corgan et la bande à Michael Stipe s'y sont arrachés les cheveux, et ont livré chacun en 1998 deux albums accouchés dans la douleur ... Up sort donc en 1998, et est l'album le plus complexe peut-être de R.E.M., fortement influencé par les sons electro alors très à la mode et d'une tristesse à briser le coeur. Après tout à l'époque, il s'agissait de chroniquer la fin de siècle, la paranoïa entourant ce nouveau millénaire et anticipant tout cela, ce disque est un retour aux vraies émotions, à la brutale sincérité, la recherche d'un absolu. On débute avec "Airporter", titre assez atmosphérique plantant assez bien le décor suivi de l'impressioniste "Lotus". C'est du rock sans en être, du rock épousant le numérique, on imagine mal "Lotus" jouée au coin du feu de camp par des scouts. L'album est lancé : "Suspicion", "Hope", "The Apologist" ou "Diminished" creusent dans la cavité electro-rock sans perdre leur coeur au milieu des tristes machines. Et c'est là le grand succès du disque: ces machines sonnent humaines, tellement humaines, pleines d'émotions, au fur et à mesure on reconnait la patte du duo Buck/Mills, et il y a Michael Stipe, dont on manque de place pour vanter les mérites. L'album s'impose après seulement une poignée d'écoutes comme du grand R.E.M, inspiré et poétique. Même le single téléphoné "Daysleeper" fait craquer, sans parler de la perle du disque, hommage vibrant aux Beach Boys de Pet Sounds, "At My Most Beautiful" dont on tomberait amoureux si elle venait à prendre forme humaine.
La suite des aventures de R.E.M. sera toujours de qualité sans jamais retoucher les cimes olympiennes atteintes sur Up. Leur dernier grand disque ?