Songs For The Deaf
- Label : Interscope
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 26/08/2002
Déjà il y a ce nom : Queens of the Stone Age, qu'on dirait tout droit sorti d'un délire alcoolisé ou bien embrumé (apparemment aucun lien avec le film RRRrrr..., ne serait-ce que du point de vue chronologique, non, non, aucun). Une manière de dire : "Ne nous prenez pas au sérieux, les guys !". Une dose d'humour certainement nécessaire d'ailleurs si l'on ne veut pas trop s'offusquer des textes ouvertement inspirés par l'usage, l'abus et la célébration des narcotiques : la chanson "Feel Good Hit Of The Summer" sur l'album précédent déclamait avec arrogance : "Nicotine, Valium, Vicadine, Marijuana, Ecstasy and Alcohol !", ressemblant à s'y méprendre à une vive montée de substance.
Songs For the Deaf recrée les mêmes sensations que son prédécesseur: western acidulé pour desperado défoncé ("Another love song" recyclée en musique de pub pro-capote en France d'ailleurs), pop songs remontées à bloc et lancées sur locomotives psychédéliques ("First it Giveth", "Go with the Flow"), litanies syncopées et malsaines malaxant les sens entre bad trips et regain de vitalité ("The sky is falling")...
Tout ici invite au voyage, d'ailleurs des petites séquences façon "jingle radio" entre les morceaux (un concept déjà utilisé par les Who en 1969 sur "The Who Sells out") fait de ce disque une musique idéale pour road trip imaginaire qu'on aimerait voir conduit par Tarantino.
Maintenant, le meilleur pour la fin : Songs For the Deaf marque enfin le retour au martelage de fûts de Dave Grohl, et là, il n'y a pas photo, on comprend pourquoi ce type est devenu une légende vivante : il irradie et transcende littéralement des titres comme "No One Knows", le premier single, ou "Song For The Deaf" au shuffle trippant au possible.
Dernier mot pour ce disque magnifique : lors de leur dernier passage à l'Elysée-Montmartre Josh Homme, leader et ancien chanteur de Kyuss, faisait sa déclaration à Nick Oliveri, bassiste, en plein milieu du break de celui-ci sur "No One Knows", avec un "I love you Nick" transpirant d'admiration hallucinée. Aujourd'hui on apprend que ces deux-là se séparent... Ne reste qu'une solution : jetez vous sur ce disque pour planer un peu vous aussi !