Lullabies To Paralyze
- Label : Interscope
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 22/03/2005
Depuis leur premier album, les Queens Of The Stone Age n'ont eu de cesse de se renouveler, tant au niveau musical qu'au niveau de ses membres.
Ayant déjà eu un relatif succès à l'époque de Rated R, ils sont devenus incontournable avec leur troisième album Songs For The Deaf.
Aujourd'hui que sort leur quatrième album Lullabies to Paralyze, le monde entier les attend au tournant, prêt à juger de ce qu'ils ont dans le ventre. Ajouter à cela l'éviction en fanfare du bassiste aussi génial que charismatique Nick Olivieri, et vous avez là une porte ouverte à toutes les spéculations et suppositions en tout genres ... souvent négatives, allez savoir pourquoi !
Et quand pour la première fois on écoute le disque, on ne peut s'empêcher d'être dérouté, on ne peu s'empêcher de se poser mille questions. D'entrée de jeu, il apparaît évident que Dave Grohl brille par son absence, plus encore qu'Olivieri. Songs For The Deaf est loin derrière, et l'on ne sait pas trop où Josh Homme veut nous amener.
C'est pourtant à Mark Lanegan qu'il convient d'ouvrir le disque, avec "This Lullaby", une charmante petite sérénade, surprenante en début de disque, sur laquelle le charme de la voix accroche immédiatement l'auditeur. Dès la suivante, "Medication", on entre dans le vif du sujet, et tout s'emballe ... Les Queens redeviennent saignants, tout en développant un nouveau langage pour exprimer leur rock de malade.
La production dénote franchement du reste de leur discographie, elle devient plus ambitieuse, plus sinueuse ... moins évidente et moins premier degré. "Everybody Knows That You Are Insane" nous percute sans ménagement avec un refrain comme seul Homme est capable d'en sortir. "Burn The Witch" nous présente l'invité spécial, Billy Gibbons de ZZ Top, morceau relevé et entêtant sur lequel est encore une fois présent Lanegan.
De "Tangled Up In Plaid" à "Little Sister", en passant par la chute des dernières Desert Sessions "In my Head", il n'y a que du bon à se mettre sous les crocs.
Arrive maintenant "I Never Came", et à partir de là nous savons que nous avons à faire à un très grand disque. L'enchaînement de trois des meilleurs morceaux de l'album, "I Never Came", "Someone's In The Wolf", et "The Blood Is Love", est tout simplement éprouvant ! Jamais Josh Homme n'avait été si sombre, si menaçant, et rarement il a été aussi inspiré.
Bien sûr on imagine allègrement ce qu'aurait pu faire Dave Grohl sur de tels morceaux, notamment sur "Someone's In The Wolf" ou l'ombre de Songs For The Deaf est très présent ; mais Castillo s'en sort avec les honneurs, et on sait qu'il est d'une puissance infinie sur scène, alors on passe à la suite le sourire aux lèvres.
D'autant que la fin du disque est tout aussi efficace que le début, et l'on a même droit sur "You Got A Killer Scene There, Man... ", à une sorte de blues maléfique sur lequel Shirley Manson (Garbage) et Brody Dalle (The Distillers) viennent soutenir les ch?urs.
L'album s'achève sur une marche funèbre faisant suite à la magnifique "Long Slow Goodbye" : note parfaite pour terminer cet album sombre et morbide.
Ainsi donc les Queens Of The Stone Age ont eu l' extrême bonne idée -et surtout le talent-, de ne pas nous recracher Song For The Deaf II . Ce dernier ne sera sans doutes jamais égalé, et il convient de prendre Lullabies to Paralyze pour ce qu'il est, à savoir un incroyable disque de rock, riche, inventif, sensuel, et passionnant.
Josh Homme a fait preuve d'audace, et avec le talent qu'on lui connaît, il ne pouvait échouer. De plus, il faut absolument souligner l'apport énorme de Troy Van Leuvven dans les divers postes qui lui sont attribués, ainsi que celui de Chris Goss et d'Alain Johannes.
Bref Lullabies to Paralyse est une excellente surprise, qui confirme que les Queens sont un des plus grands groupes de rock actuels et qu'ils le resteront encore longtemps.