Metal Box
- Label : Virgin
- Format : Album / CD Vinyle K7 Audio
- Date de sortie : 01/11/1979
PIL était probablement le groupe le plus innovant et le plus conceptuel parmi tous les groupes post-punk. Leur deuxième album, la fameuse Metal Box, est sans aucun doute ce qu'ils ont fait de plus extrême. Une oeuvre jusqu'au-boutiste qui n'a aucun équivalent sérieux dans l'histoire du rock (hormis peut-être Lou Reed et sa Metal Machine Music... mais c'est une autre histoire).
La Metal Box était à l'origine distribué dans une boîte en métal, les mêmes boîtes en métal qui habituellement renfermaient les bobines de film de cinéma. On y trouvait ainsi 3 maxi 45 tours. L'idée était de creuser sur le vinyle les sillons les plus larges possibles afin de libérer au maximum un son tout simplement énorme. Notamment grâce à Jah Wooble qui ne cesse durant tout l'album de répéter des lignes de basse entêtantes héritées du dub de Lee Perry (influence majeure du groupe au même titre que Can ou Neu!). Le son de PIL est en effet encore plus puissant et spacieux qu'auparavant, mais toujours dans une rythmique dansante comme sur "Swan Lake" qui n'a plus grand chose avoir avec l'original de Tchaïkovsky ('Le lac des cygnes' a gelé entre-temps...). Le chant halluciné de John Lydon sur le premier album, fait place ici à un chant plus nuancé voir par moment quasi-monocorde ("The Suit") mais toujours à la limite de l'explosion paranoïaque comme pour le génial diptyque "Poptones/Careeing". L'ensemble est accompagné des guitares cristallines jouées par Keith Levene. Celui-ci s'occupe également des claviers. "Radio 4" clôt ainsi magnifiquement l'album sur ses longues plages mélodiques de synthétiseur.
Ce qui frappe le plus aujourd'hui concernant l'album, c'est l'extraordinaire maîtrise musicale qui s'en dégage. D'autant plus, quant on sait que la plupart des chansons sont en fait des improvisations réalisés dans une ambiance pour le moins chaotique... Jah Wooble essaiera ainsi de mettre le feu à un batteur de passage (PIL en utilisera 4 lors de ces sessions d'enregistrement), l'ex-The Fall, Karl Burns (Oui oui ! Karl... Burns).
Metal Box est donc un monument du rock qui a marqué d'une pierre blanche l'avant-garde musical de l'époque et qui ne cesse de fasciner encore aujourd'hui par sa beauté glaciale et ses rythmiques psychopathes. Ajoutez à cela des paroles obscures qui évoquent les sentiments humains refoulés, la mort, le meurtre... et vous obtiendrez ce que l'on est en droit d'appeler un véritable chef d'oeuvre.