Sleeping With Ghosts
- Label : Delabel
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 24/03/2003
"Sleeping With Ghosts" est le titre jusque là plutôt joli du 4ème album de PLACEBO, le très attendu successeur de "Black Market Music" sorti en 2000. Et sans mauvais jeu de mots,on a comme la vague impression que le trio mené par ce cher Brian Molko s'est endormi un peu trop longtemps avec ses petits fantômes, au point de nous livrer un maigre colis de 12 titres pliés, emballés, ficelés en moins de 45 minutes. Il est évident que PLACEBO, après avoir acquis une notoriété indiscutable et s'être fait une place au royaume du Rock, n'en était que plus attendu encore avec ce nouvel opus ; et il est tout autant évident qu'on ne peut qu'être déçu par un résultat fadasse et terne, où la prise de risque n'a vraiment pas été, selon toute vraisemblance, le maître-mot. "Bulletproof Cupid" -le morceau d'ouverture instrumental- a beau engagé les hostilités avec la force et l'illusoire urgence d'un char d'assaut, le soufflet retombe en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, et on se dit (trop) vite qu'on nous a emmenés dans un château (de sable) où les seuls fantômes qui peuvent hanter les environs doivent être ceux du groupe lui-même. "English Summer Rain" et "Plasticine", agréables à entendre, auraient sûrement gagné un peu de profondeur et d'âme si le texte ne s'était pas à chaque fois limité à 4 lignes qu'on nous assène jusqu'au dernier souffle. Avec "I'll Be Yours", l'ami Molko nous ressort son sempiternel couplet déjà très usé sur une ambiguité sexuelle faussement perverse avec laquelle il doit bien être encore le seul à avoir envie de jouer. Et que dire de "Centrefolds", un sous "Peeping Tom", ou de "Something Rotten" qui porte tristement bien son titre, où le groupe se perd dans une surenchère de beats technoïdes et d'effets sonores nébuleux (ne fais pas du SONIC YOUTH qui veut).
Si "Sleeping With Ghosts" avait été un premier album, on aurait sans doute crié au génie ; or, celui-ci débarque dans la carrière d'un groupe qui a près de 10 ans d'existence et une lourde expérience derrière lui, ce qui nous donnait le droit tout de même d'en espérer un peu plus. Cependant,ne soyons pas trop sévères quand même, car PLACEBO sait toujours faire du PLACEBO et se sauve du naufrage par quelques instants de bravour inespérés, comme l'attachant "This Picture", et les tubesques "The Bitter End" et "Second Sight". Malgré cela, "Protect Me From What I Want", à titre d'exemple, reste très loin de la poésie d'un "Without You I'm Nothing" ou du fragile "My Sweet Prince" qui illuminaient par le passé le travail du trio.
On reste donc ici un peu sur sa faim et on attendra sans doute de retrouver les trois compères sur scène pour les voir sortir de leur sommeil fantômatique. Pour ma part, je m'en vais de ce pas réécouter le brillant premier album de ZWAN (comment ça, ça n'a rien à voir ??). Ne fais pas du Rock qui veut.