Meds
- Label : Capitol
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 13/03/2006
Certains s'impatientaient, d'autres ont laissé tomber depuis longtemps ... mais au final, sûr que tout le monde attendait ce nouvel opus du groupe de pied ferme. Placebo va-t-il nous montrer qu'il fait mieux que Sleeping With Ghosts -donc sans laisser ses bases de côté- ou va-t-il nous montrer que la prise de risque peut aussi les concerner ?
Alors paf ! aussi sec je place la galette dans le diskman de Grand-Mère et ... Première écoute, y a du bon, l'album est hanté des fantômes de Black Market Music.
D'abord Meds, histoire de dire "Bon, alors voilà l'album s'appelle comme ça" car pas grand'chose d'autre n'en ressort, pas même le featuring de miss VV des Kills bien caché. Peut-être le texte, quand même, très perdu, et le thème aux faux airs d'"Every You Every Me".
Puis bon, on se dit qu'ils sont capables de mieux, et on tombe sur "Infra Red" qui sera très probablement un single (de plus) car sans âme, carrée et lissée du haut de son couplet/refrain bien pressé.
Re-bon on se dit qu'ils sont capables de faire (bien) mieux et on tombe sur "Drag". Une bonne petite chanson assez travaillée sur les mélodies, dont le thème principal rappelle Depeche Mode, et les petits fills la bonne période. Ce titre se termine sur un dernier fill très bien senti, avec une bonne pêche et une bonne basse. Ah, on se dit que ça va venir, qu'ils prennent leur temps, qu'ils nous réservent un peu de Sleeping With Ghosts en attendant.
Alors on goûte "Space Monkey". Ce titre n'est pas sans rappeler l'expérimentation "Something Rotten" de Sleeping With Ghosts, avec l'âme de Black Market d'où les accents donnés à la chanson semblent tout droit issus ... Là on se frotte les mains (et les oreilles ... et la tête ...) : et pourquoi pas ? Pourquoi pas un début de renaissance vers LEUR style initial ?!! Et là on tente "Follow The Cops Back Home"... Quelle chanson extraordinaire ! Très aboutie, appliquée et posée (pour une fois qu'un titre frôle les 5min) et, pareil, on ressent les accents émouvants de Black Market..., dans une évolution toute en puissance et en ressenti. L'enchaînement est très bon avec la suivante "Post Blue", tant sur la tonalité que sur la Placebo's touch. Bien.
La suite alors ! Et là aïe aïe aïe, du single encore avec "Because I Want You" ; c'est la rechute.
Bon, on se dit que ... Donc "Blind", penchant très électro, sans trop d'excès, une nouvelle bonne pièce, "Pierrot The Clown", ballet très émouvant encore, excellent ! Puis vient "Broken Promise", très attendue en raison du duo avec Mickael Stipe. Au final, une bonne chanson avec une ambiance assez particulière, plutot éloignée de REM ce qui laisse ce titre en demi-teinte. Pour finir, "One Of A Kind", chanson anti-mégalo, garde une certaine efficacité ... "In The Cold Light Of The Morning" est un titre très intéressant, une des rares chansons de Placebo où l'on entend Molko chanter aussi grave. Très bon, aérien, distant, avec des paroles fusionnant totalement avec une harmonie désenchantée.
On aurait aimé que l'album se termine sur celle-ci ... mais non! Et alors là, on se demande bien ce que peut apporter "Song To Say Goodbye" à l'album (à part des sous) car franchement, c'est un peu trop. Et c'est bien dommage.
De bons titres donc (4,5,8,9,12), de bons singles bien formatés (2,7,13), des titres en demi-teinte (3,6,11), et des featurings (1,10) bien en-dessous de leur potentiel. Ceci fait un album plutot décousu dans l'agencement des chansons. Du coup, un album globalement moyen, en tout cas parsemé de flashbacks de la bonne époque de Without You I'm Nothing et Black Market Music, laissant finalement penser que ce groupe garde sa touche si particulière, mais qu'il faut bien vivre ici bas ...