The Peel Sessions 1991 - 2004
- Label : Island
- Format : Compilation d'inédits / CD Vinyle
- Date de sortie : 13/11/2006
PJ Harvey souligne à sa manière la seconde année que nous passons sans John Peel, décédé au Pérou en octobre 2004. Ces Peel Sessions regroupent donc le travail que le britannique aura abattu en compagnie de la demoiselle de 1991 à 2004. Ce ne sont pas moins de cinq sessions que la belle aura enregistrée avec Peel, pour douze titres en tout.
La première session nous ramène loin en arrière puisque bien avant le succès d'estime de PJH. Peel invite cette dernière et la dévoile aux auditeurs de la BBC à travers quatre titre qui se retrouveront sur son premier album l'année suivante. Le plus étonnant c'est que, même s'il a souvent donné la sensation d'être confiné dans une petite pièce comme c'est le cas ici, le son de Peel remédie à la production squelettique qui formera Dry. On se dit que la musicienne aurait carrément du lui faire produire son album tant "Oh My Lover", "Victory", "Sheela-Na-Gig" et "Water" ont ici plus de tissu musculaire au niveau de la basse et de la fuzz, et sont fatalement tous plus convaincants. Beaucoup n'apprécient pas Dry à sa juste valeur à cause de sa réalisation, Peel aura montrer le potentiel de la jeune fille dans son meilleur jour.
Suivent de perles capturées en 1993. L'excellent "Naked Cousin" que l'on retrouve sur la bande originale de The Crow : City Of Angels, aurait mérité de consolider la teneure rock de To Bring You My Love, et peut être même d'en être un single : le tempo lourd, le riff strident et noisy, le refrain imparable... Tout simplement une des meilleures chanson rock de Harvey immortalisée par Peel. L'autre titre est une reprise d'un vieux blues des années 60 signé par Willie Dixon nommée "Wang Dang Doodle". Il est maquillé à la mesure de la nonchalance de la chanteuse, s'amusant à remanier ce classique d'un chant scandé ou d'une voix aigrelette.
On retrouve ensuite cette alliance en or en 1996, avec cette fois-ci trois titres plus solo : un simple duo de guitares grasses sur le "Losing Ground" de Rain Ptacek (membre de Giant Sand), du bruit en plus pour le court "Snake" de Rid Of Me, et une gratte folk et une nappe d'orgue pour le merveilleux "That Was My Veil" du Dance Hall At Louse Point avec Parish. Une chanson en retrait du reste de la compilation, plus sensible et fragile, avec une production très frêle où cette guitare semble agoniser sous les ongles de la miss... L'autre perle avec "Naked Cousin", comme formant une paire de boucle d'oreilles dépareillée de PJH.
Les deux plages issues de 2000 font écho à la période de Stories From The City, Stories From The Sea : le fièvreux"This Wicked Tongu" en est une outtake, et le planant "Beautiful Feeling" en est directement tiré. Celui-ci sonne à nos oreilles, puis avec la prise live de "You Come Through" de Uh Huh Her -ici unique titre de la dernière session de 2004-, comme de difficiles adieux à Peel. Ce dernier tour de chant où l'on peut plus que jamais sentir dans les accords et les cordes vocales la capacité émotionnelle de Polly Jean, et surtout l'entendre chanter à son ami ?Golden wishes to your health...' au détour d'une phrase, à peine plus d'un mois avant sa mort. Triste ironie du sort...